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Le système de mesurage est fiable, assure le Conseil de l'industrie forestière

Un homme parle dans une maison.

Le président du Conseil de l'industrie forestière du Québec, Jean-François Samray

Photo : Radio-Canada

Selon le président-directeur général du Conseil de l'industrie forestière du Québec (CIFQ), Jean-François Samray, le système de mesurage du bois du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs permet à Québec de bien contrôler ce que déclarent les entreprises forestières quant à la qualité et la quantité de bois récolté.

Moi, quand on me dit qu'il y a malversation ou autre, ce que je dis c'est que si vous pensez qu'un individu fait des malversations, appelez la Sûreté du Québec, parce que le système est très robuste, il est très vérifié, a clamé M. Samray en entrevue au Téléjournal Saguenay-Lac-Saint-Jean, vendredi.

Enquête rapportait jeudi que selon un mesureur de l’industrie qui a œuvré dans plusieurs régions et qui a requis l’anonymat par peur de représailles, les entreprises omettent de déclarer jusqu’à 25 % de la facture réelle due au gouvernement sous forme de redevances en falsifiant le système de mesurage du bois qui entre à l'usine. Ainsi, les données transmises au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) sur le volume, le poids et la qualité du bois ne seraient pas les bonnes et joueraient toujours en faveur des entreprises.

Cette information ne plaît pas au CIFQ qui estime que le système de mesurage est fiable et très pointu, car il calcule chaque étape.

Quelque chose qu'il faut vraiment recadrer dans le reportage, c'est le système de mesurage du bois. Il y a énormément de redondances dans le système. La tête des abatteuses, soit la machine qui prend l'arbre et qui le coupe, va scanner chacune des billes à chaque centimètre. C'est mis dans un registre électronique qui est lui, récolté à tous les jours. Le conducteur du camion qui va transporter le bois a lui aussi un registre électronique et à la sortie de chaque chantier, il doit télécharger son information, il doit l'envoyer. À l'arrivée à la balance, il y a également une caméra qui filme le camion et qui filme le bois où, là encore, le Ministère a accès à l'information. Et tout ça est encrypté et de façon aléatoire par un algorithme encrypté, un camion peut se faire arrêter et se faire dire d'en décharger une partie et de retourner se faire peser et cette partie-là va être mesurée. Et en plus, sur le parterre de l'usine, ils ont un compteur en temps réel qui vient indiquer combien de pieds de planche on fait par mètre cube. Toutes ces informations sont croisées et sont téléchargées sur une base régulière et recroisées par le Ministère qui, par la suite, émet des avis d'inspection. Et les mesureurs, eux, sont inspectés sur une base annuelle et sont encadrés par une loi très stricte, a-t-il énuméré en retraçant la chaîne de travail en entier.

Selon des syndicats qui ont réagi jeudi, cette situation est rendue possible, entre autres, par une baisse des effectifs au MFFP chargé de contrôler l'industrie.

Pascal Cloutier en entrevue.

Pascal Cloutier, maire de Dolbeau-Mistassini

Photo : Radio-Canada

Complètement ridicule, selon Pascal Cloutier

Le président de l’Alliance forêt boréale et maire de Dolbeau-Mistassini, Pascal Cloutier, estime que les témoignages recueillis auprès de lanceurs d’alerte anonymes dénonçant notamment le laxisme dans l’évaluation de la valeur du bois coupé ne reflètent pas la réalité dans la majorité des cas.

Celui qui a aussi été représentant syndical des travailleurs de la papeterie de Dolbeau-Mistassini de l'entreprise Produits forestiers Résolu affirme qu’il est faux de prétendre que les pratiques en forêt n’ont pas évolué au cours des dernières décennies.

Quand on va sur le terrain, quand on écoute les entrepreneurs, bien c'est basé sur le développement durable. Ce n'est pas vrai que les entrepreneurs font ce qu'ils veulent. Il y a des normes à respecter, il y a des formulaires à remplir [...]. Donc moi, quand j'ai entendu ça, hier, que c'est presque pareil qu'il y a 20 ans, je trouve ça complètement ridicule. Immédiatement, quand le régime forestier a été mis en place, déjà, il y a eu des millions de mètres cubes soustraits à l'industrie forestière. Donc, quand on dit que c'est comme c'était avant, ça n'a aucun sens, a-t-il déploré vendredi.

Certaines pratiques, notamment en ce qui concerne la multiplication des chemins forestiers, restent à être corrigées, reconnaît toutefois Pascal Cloutier.

Rappelons qu'il ne faut pas confondre cette association, qui regroupe des travailleurs et des communautés forestières du Saguenay-Lac-Saint-Jean et de la Côte-Nord, avec l'Action boréale, qui comprend notamment l’auteur-compositeur-interprète et militant Richard Desjardins.

Jean-François Samray s'en est d'ailleurs pris à ce dernier groupe. Je voudrais juste rappeler qu'à la dernière commission d'enquête, celle de la Commission Coulombe il y a 20 ans, Action Boréale avait demandé à la Commission de mettre un terme aux coupes forestières telles qu'elles étaient faites et d'amener les coupes en mosaïque. Aujourd'hui, la Commission l'a faite sienne et a changé les pratiques forestières et aujourd'hui c'est le même groupe qui va demander de mettre un terme aux coupes en mosaïque, a-t-il ironisé.

Pas de commentaires pour PFR

L'entreprise Produits forestiers Résolu (PFR) n'émettra pas de commentaires dans ce dossier. Joint par courriel, Louis Bouchard, directeur principal aux affaires publiques et relations gouvernementales pour le Canada, a référé la demande d'entrevue au Conseil de l'industrie forestière du Québec.

Avec la collaboration de Flavie Villeneuve et Jean-François Coulombe

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