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Éclosion au CHSLD Lionel-Émond : Québec envoie son « SWAT » en renfort

Façade du  CHSLD Lionel Émond à Gatineau

L'INSPQ croit que la source de la dernière éclosion au CHSLD Lionel-Émond pourrait provenir des employés.

Photo : Radio-Canada / Hugo Bélanger

Radio-Canada

Québec va déployer une équipe « SWAT » au centre d'hébergement de soins de longue durée (CHSLD) Lionel-Émond, à Gatineau, qui est frappé par une éclosion de COVID-19 depuis février.

L'attaché de la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants au Québec, Marguerite Blais, a confirmé, vendredi après-midi, qu’une brigade d'intervenants en santé, spécialisée en contrôle et prévention des infections, allait être envoyée le plus tôt possible au centre de soins de longue durée de Gatineau pour reprendre les choses en main.

Ces équipes, surnommées SWAT, ont été mises en place par Québec pour accompagner et aider les directions d’établissement à reprendre le contrôle d’une situation, en plus d'examiner les protocoles en place.

Un évaluateur sera également dépêché sur place pour comprendre la situation. Mais pour l'heure, Québec n’a pas indiqué quand ces équipes allaient arriver en renfort ni combien de professionnels allaient être déployés.

Des employés à la source de l'éclosion, dit l'INSPQ

Selon la thèse actuellement privilégiée par l'Institut national de Santé publique du Québec (INSPQ), qui suit le dossier de près, la récente éclosion qui sévit au CHSLD Lionel-Émond, et qui a déjà fait trois morts, proviendrait des employés de l'établissement.

La quasi-totalité des résidents a déjà reçu une première dose du vaccin contre la COVID-19, en décembre dernier. Mais moins de la moitié des employés du CHSLD a accepté de se faire immuniser.

Selon Gaston De Serres, médecin épidémiologiste à l’INSPQ, c’est là où le bât blesse.

Il faut comprendre que cette éclosion-là est un problème qui a commencé parmi les employés, où une bonne proportion n'a pas été vaccinée et il y a eu de la transmission au sein des employés non vaccinés, indique le Dr De Serres. Une fois ça arrivé, il y a eu un dépistage qui a été fait dans l'ensemble des résidents du CHSLD et on s'est rendu compte qu'à un étage, il y avait plusieurs individus qui avaient été infectés, explique l‘épidémiologiste à l’INSPQ.

Du côté du CISSS de l’Outaouais, on assure que tout est mis en œuvre pour déterminer les causes de l’éclosion, mais on refuse de confirmer la thèse avancée par l’INSPQ.

On sait très bien quel a été notre premier drapeau rouge dans cette situation. On a tout l’historique, ça, c’est très clair. Ce qu’on n'est pas capable aujourd'hui d'affirmer ou de confirmer, c’est que c’est effectivement un employé "x" ou une situation "y" qui était la cause première, a expliqué Benoît Major, directeur du soutien à l'autonomie des personnes âgées au CISSS de l’Outaouais.

Un homme accorde une entrevue par visioconférence

Benoît Major, directeur du soutien à l'autonomie des personnes âgées au CISSS de l’Outaouais

Photo : Radio-Canada

Selon le dernier bilan présenté par les autorités en Outaouais, 43 résidents ont été infectés au CHSLD Lionel-Émond et trois d’entre eux sont morts lors de cette dernière éclosion. Le CISSS de l'Outaouais rapporte également que 18 employés ont été infectés.

Une enquête du Bureau du coroner réclamée

L’affaire a fait écho jusqu’aux oreilles du Conseil pour la protection des malades qui réclame une enquête. Selon son président, Paul Brunet, c’est l’occasion pour le Bureau du coroner du Québec de se saisir du dossier, étant donné qu’il vise un établissement public.

Ce sont des décès suspects qui se sont produits avec un personnel complètement accablé et, pour plusieurs, infectés. [...] On a une opportunité et j’espère que la coroner la saisira.

Une citation de :Paul Brunet, président du Conseil pour la protection des malades

À Lionel-Émond, on a une catastrophe qui se produit. [...] C’est un lieu où je pense que la situation mériterait d’être enquêtée. Et quelle chance pour le coroner, c’est un lieu public. C’est un CHSLD, une organisation publique, alors on pourrait tenir notre enquête et enfin, on n'aurait pas à faire face à un barrage d’avocats qui viendraient demander la suspension de l’enquête [comme ça s’est produit dans des résidences privées]. Je pense que là, il y a une fenêtre d'opportunité pour enfin lancer une enquête, estime le président du Conseil pour la protection des malades.

Avec les informations de Nafi Alibert et Mama Afou

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