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Les personnes ayant une déficience physique doivent être vaccinées en priorité

Une personne en chaise roulante reçoit un vaccin.

Les personnes adultes de moins de 60 ans qui ont une maladie chronique ou un problème de santé augmentant le risque de complications de la COVID-19 figurent au 8e rang des priorités pour la vaccination.

Photo : iStock

Malgré leur vulnérabilité, les adultes de moins de 60 ans en situation de handicap, vivant à domicile, ne figurent pas dans les priorités de vaccination du gouvernement Legault : ils sont au 8e rang. Une attente qui peut toucher gravement leur santé. Inquiets, des organismes demandent à Québec de modifier son plan.

La campagne de vaccination bat son plein au Québec. Dans la Capitale-Nationale, les personnes âgées de 80 ans et plus peuvent obtenir un rendez-vous. Selon l'ordre de priorité établi, suivront les 70 ans et plus, les 60 ans et plus, et ensuite les adultes de moins de 60 ans qui ont une maladie chronique ou un problème de santé augmentant le risque de complications de la COVID-19.

Il y a plein d’adultes qui ont des maladies chroniques très sévères [...] on ne comprend pas pourquoi cette clientèle-là qui est extrêmement vulnérable est au 8e rang actuellement pour la vaccination, lance Josée Ouellet, mère d'Anthony, un jeune homme en situation de handicape âgé de 24 ans.

Une pancarte indiquant l'entrée de la clinique.

Dépendamment des régions de la province, certains groupes prioritaires peuvent obtenir un vaccin.

Photo : Radio-Canada / Louis Martineau

Inquiets des conséquences que pourraient avoir la COVID-19 sur la santé de cette clientèle, une coalition de cinq organismes venant en aide aux personnes handicapées interpelle le gouvernement Legault.

Ce qui nous amène à faire cette demande-là, c’est le haut risque, les maladies concomitantes qui sont liées au handicap de ces personnes-là, explique Véronique Vézina, présidente honorifique de la Confédération des organismes de personnes handicapées du Québec.

Les personnes ayant une déficience physique, même si certaines sont en santé, sont en contact régulièrement avec des proches aidants et des professionnels de la santé.

C’est vraiment essentiel que ces personnes-là soient priorisées, parce qu’elles sont à risque accru de contracter la COVID, considérant les services qu’elles vont chercher dans la communauté, considérant les services dont elles ont besoin, ajoute-t-elle.

Des parents inquiets

Anthony Binet est né en pleine santé. Mais il a contracté un virus à 10 mois qui lui a laissé des séquelles physiques et intellectuelles. Il est d'ailleurs atteint d'une maladie pulmonaire qui l'empêcherait d'être sur un respirateur artificiel, souligne sa mère.

C'est très stressant, bouleversant, on ne sait jamais à quel moment Anthony va contracter la COVID-19, affirme-t-elle.

C’est une clientèle qui est vulnérable, et je pense qu’il faut lever la main et parler pour eux, parce qu'eux ne sont pas capables de le faire, ajoute son père Jacques Binet.

Anthony, en chaise roulante, est accompagné de son chien.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Anthony Binet, âgé de 24 ans, est multihandicapé.

Photo : Josée Binet

Son fils se rend deux jours par semaine à l'école et plusieurs personnes se rendent à son domicile pour prendre soin de lui. Chaque fois, une désinfection complète de la maison est nécessaire.

Anthony, il est aux couches, il ne se nourrit pas seule, il faut lui donner son bain, faut le prendre, faut le masser, faut faire plein de soins, la médication et on est toujours à côté de lui, même les aidants ne sont pas vaccinés, déplore le père.

Chaque minute, chaque heure, chaque jour est important dans la vie d’Anthony et Anthony a le droit de vivre, il a le droit d’avoir la vaccination, sauf qu’on ne comprend pas encore une fois la logique du gouvernement.

Une citation de :Josée Ouellet, mère d'Anthony

S'il contracte la COVID-19, la maladie pourrait lui être fatale. Il a 24 ans et ça fait 24 ans qu’on se bat pour lui, soulève M. Binet.

Priorisés ailleurs

Une infirmière vaccine une personne âgée.

Les personnes âgées logeant dans une résidence privée ou publique ont été vaccinées en priorité.

Photo : iStock

Selon la Confédération des organismes de personnes handicapées du Québec, les personnes handicapées sont priorités ailleurs, notamment en Saskatchewan.

Partout dans le monde, que ce soit aux États-Unis, dans plusieurs pays d’Europe, en Australie, plusieurs pays ont monté les personnes handicapées dans leurs priorités et elles font partie comme les personnes âgées des personnes qui doivent être vaccinées en priorité, explique Véronique Vézina.

Le cabinet du ministre Christian Dubé affirme être touché et priorité par la détresse des personnes handicapées et de leurs familles. Il rappelle également que les conditions de santé varient beaucoup d'une personne à l'autre et que les priorités ont été déterminées par le Comité d'immunisation du Québec (CIQ).

Malgré que le ministre soit excessivement sensible à la situation des personnes handicapées, l’ordre déterminé par le CIQ prime, tout comme les recommandations de la santé publique, écrit-on par courriel.

La Confédération a tenté d'obtenir une rencontre avec le ministre de la Santé Christian Dubé, mais pour l'instant rien n'est prévu à l'ordre du jour. Véronique Vézina rappelle que même si la vulnérabilité n'est pas la même pour toutes les personnes en situation de handicape, plusieurs centaines de milliers de personnes pourraient en bénéficier.

On ne vise pas la personne handicapée en bonne santé et qui va se rendre aux Olympiques, on vise les personnes qui sont dans des situations précaires de santé, souligne-t-elle.

Avec les informations de Guylaine Bussière

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