•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
Archives

Le 6 mars 2006 commençait la bataille pour le parc du mont Orford

Manifestants avec des pancartes.

Une première manifestation contre la privatisation, qui a attiré 3000 personnes, a eu lieu au pied du mont Orford le 26 mars 2006.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Il y a 15 ans, le 6 mars 2006, le gouvernement de Jean Charest annonçait son intention de vendre à des intérêts privés une partie du mont Orford pour la construction de condominiums. Une décision qui allait soulever un tollé pour des milliers de citoyens en Estrie et partout dans la province. Retour en archives sur la saga du mont Orford.

Des condos pour relancer l’industrie touristique de la région d’Orford

Le 6 mars 2006, le journaliste au Téléjournal Pierre Sauvé assiste à la conférence de presse donnée par le ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, Claude Béchard.

Téléjournal, 6 mars 2006

Québec est prêt à vendre la station par appel d’offres à quiconque veut se faire acquéreur des terrains utilisés à des fins récréotouristiques. Prix demandé : 16 millions de dollars.

Une citation de :Pierre Sauvé

Avec l’argent de la vente, le gouvernement souhaite acquérir d’autres terrains autour du parc créé en 1938, afin d’en doubler la superficie. Des citoyens et le maire de Mont-Orford Pierre Rodier craignent des expropriations.

On va soustraire une partie du patrimoine québécois, une des plus belles parties d’un parc national, pour donner ça à des intérêts privés qui vont venir faire de l’argent sur le dos de simples citoyens du Québec.

Une citation de :Pierre Rodier, Maire du Canton d’Orford

Québec trouve des appuis du côté des promoteurs, du propriétaire de la station de ski et de la communauté d’affaires de Magog-Orford, qui comptent sur l’achat de la montagne pour relancer la station de ski et le golf.

Le ministre Claude Béchard doit déposer en Chambre un projet pour la modification de la loi sur les parcs nationaux du Québec.

Le projet de loi 23 prévoit la vente de 459 hectares du parc national.

Les groupes environnementaux et l’opposition péquiste disent vouloir tout faire pour l’empêcher. La Loi sur les parcs établit que les terrains qui se trouvent sur un parc national doivent être protégés en permanence.

La mobilisation des citoyens s’organise

Avec la force de la population, on peut arriver à ce qu’ils révisent leur décision, à ce qu’ils retirent leur loi spéciale et à ce qu’ils respectent surtout la Loi sur les parcs actuellement.

Une citation de :Gisèle Lacasse-Benoît, Coalition SOS parc Orford

Le 26 mars 2006, 20 jours après l’annonce du projet, la grogne prend de l’ampleur. Le journaliste Hugues Riopelle présente un reportage au Téléjournal.

3000 personnes montent au front et se réunissent au pied de la montagne pour dire au gouvernement Charest qu’ils refusent que le mont Orford soit privatisé.

Téléjournal, 26 mars 2006

Artistes, écologistes, membres de l’opposition et représentants syndicaux prennent la parole pour faire entendre leur souhait de garder intact le joyau écologique du parc Orford.

Parmi eux, Clémence Desrochers, Richard Séguin et Marie Laberge.

Ils nous ont dit, ceux qui ne sont pas contents, les écologistes, qu’ils l’achètent la montagne! On n’achètera pas ce qui nous appartient!

Une citation de :Roger Valois, vice-président CSN

Les partisans du projet s’étaient également réunis près du chalet de la montagne de ski pour faire entendre leurs arguments.

On a perdu 1700 emplois dans le milieu industriel. On a une vocation touristique dans la région et il faut capitaliser là-dessus. On en a besoin.

Une citation de :Pierre Lefevbre, président de la Chambre de commerce et d’industrie de Magog-Orford

L’opposition au projet de privatisation partielle grimpera au cours des mois suivants. La coalition SOS parc Orford organisera des manifestations et déposera une pétition signée par quelque 70 000 personnes.

Le projet de loi 23 sera adopté sous le bâillon trois mois plus tard, dans la nuit du 12 au 13 juin 2006.

Face à des résultats électoraux décevants, un recul du gouvernement

Le 7 mai 2007, Jean Charest recule. Le premier ministre renonce à privatiser une partie du mont Orford.

La volte-face s’explique par les résultats électoraux qui, quelques mois plus tôt, avaient porté au pouvoir un gouvernement libéral minoritaire.

Dans un reportage présenté au Téléjournal, Josée Thibault explique que le dossier était devenu insoutenable.

Téléjournal, 7 mai 2007

Entre le PQ qui refusait toute privatisation et l’ADQ qui demandait un moratoire, la ministre affirme que les divisions politiques ont empoisonné le dossier.

Ce matin, j’ai mis fin à l’actuel appel d’offres public. […] Je l’explique notamment en raison de ce grand climat d’incertitude qui n’était en rien une invitation à déposer des propositions.

Une citation de :Line Beauchamp, ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs du Québec.

Mais la loi 23 demeure et prévoit toujours la construction de condos, la vente de 450 hectares de terrain situé dans le parc et la vente des installations récréotouristiques.

Il est sauvé pour un certain temps, mais nous on va continuer, tant et aussi longtemps que la loi ne sera pas abrogée.

Une citation de :Claude Dallaire, Coalition SOS parc Orford

La loi sera finalement abrogée le 26 mai 2010, lorsque le projet de loi 90, prévoyant la réintégration des 459 hectares de terre soustraits du parc en 2006, est adopté à l’unanimité à l'Assemblée nationale du Québec.

Encore plus de nos archives

Commentaires fermés

L’espace commentaires est fermé. Considérant la nature sensible ou légale de certains contenus, nous nous réservons le droit de désactiver les commentaires. Vous pouvez consulter nos conditions d’utilisation.