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Des vignobles ontariens réclament un meilleur accès à la LCBO

Le contenu d'une bouteille de vin rouge est versé dans un verre.

La taxe d'importation fait partie des éléments qui freinent la vente des vins locaux dans les magasins de la LCBO.

Photo : iStock

Le maire de Kingsville, dans le Sud-Ouest de l'Ontario, veut que la province apporte du soutien aux producteurs de vins en permettant un plus grand accès de leurs produits aux succursales locales de la LCBO et en réduisant des taxes.

Il s’agit selon lui d’apporter du soutien à un secteur d’activités qui a été durement frappé par la pandémie et qui fait partie du patrimoine du Sud-Ouest de la province.

Nous voulons libérer un petit peu le marché et même donner un peu plus de responsabilités aux vignobles, indique-t-il.

Nous espérons réduire les taxes qu’il y a autour […] des vins qui sont produits à 100 % en Ontario. Nous soutenons la réduction, l’élimination de la taxe de 6,1 % qui leur est imposée en ce moment.

Une citation de :Nelson Santos, maire de Kingsville

Pour Nelson Santos, il est d’autant plus important d’apporter du soutien au monde viticole qu’il s’agit d’un secteur d’activités qui génère d’ordinaire d’importants revenus par l'entremise de l’industrie du tourisme, qui s’appuie en grande partie dans le Sud-Ouest de l’Ontario sur les vignobles.

Taxe d’importation sur des vins non importés

Si M. Santos veut plus de place pour les producteurs locaux dans les magasins de la LCBO, il affirme que cela ne se fera pas sans une modification de la structure des taxes appliquées aux vins ontariens.

Les États-Unis n’imposent pas de taxes d’importation sur leurs propres produits, ce que nous faisons ici en Ontario. Ce qui nous met dans une situation de désavantage, explique-t-il.

Il souhaite que le gouvernement de l'Ontario introduise ces réductions de taxes dans le prochain budget.

Pour Rakesh Naidu, président de la chambre de commerce de Windsor-Essex, la taxe d'importation qui s’applique aux vins produits en Ontario n’est ni plus ni moins qu’une absurdité.

Les vignobles ontariens qui produisent des vins à base des raisins produits en Ontario, qui sont donc transformés en vin en Ontario, ces vins doivent tout de même payer une taxe d’importation de 35 %, précise-t-il.

Un homme regarde en direction de l'appareil photo.

Rakesh Naidu affirme que la Chambre de commerce de Windsor avait déjà interpellé le ministre des Finances de l'Ontario au sujet des taxes sur les vins ontariens.

Photo : Derek Spalding/CBC

Il n’hésite pas à détailler la structure des taxes appliquées aux vins ontariens et considère qu’il est difficile dans ces conditions pour les producteurs locaux de faire concurrence avec des vins étrangers.

Si vous faites le calcul, il y a 35 % de taxe d’importation, puis il y a 6,1 % de taxe de vente au détail, plus 13 % de TPS/TVH. Vous additionnez tout cela, ça fait tout de même beaucoup de taxes qui vont clairement faire monter le prix des vins, explique-t-il.

M. Naidu est d’autant plus sensible aux difficultés des producteurs de vin locaux que la chambre de commerce de Windsor-Essex, qu’il dirige, avait déposé depuis février 2019 une résolution demandant au ministre des Finances de la province d’abolir la taxe d'importation sur les vins ontariens.

Accès quasi impossible pour les petits producteurs

La taxe d’importation est l’une des principales raisons qui expliquent le fait que Stephen Mitchell, président du vignoble Sprucewood Shores, situé à une trentaine de minutes au sud de Windsor, ne puisse pas proposer autant de vins qu’il le souhaiterait à l’achat dans les magasins de la LCBO.

Si le gouvernement cherche le moyen de niveler la taxe d’importation, c'est-à-dire retirer la majoration qui est associée à l’importation des produits ontariens, cela me poussera indubitablement à envoyer plus de vins dans le système de vente de la LCBO, indique-t-il.

Un homme regarde le photographe et sourit.

Stephen Mitchell pense qu'il est injuste que les vins ontariens soient soumis aux mêmes exigences que les vins importés.

Photo : Stephen Mitchell

Il soutient l’initiative de Nelson Santos et pense que tout ce qui peut aider plus de producteurs locaux à atteindre le marché est une bonne chose pour la province, pour les employés et pour les produits de l’Ontario.

En tant que vignoble ontarien, nous tirons profit du fait d’être dans des magasins LCBO, mais il y a de plus petits vignobles qui n’ont pas cette possibilité, explique-t-il.

Pas qu’une affaire du Sud-Ouest

Le Sud-Ouest de l’Ontario est certes à l’origine de la demande de modification des taxes, mais d’autres régions de la province, comme celle du Niagara, font partie des environnements les plus propices à la viticulture au Canada. Elles gagneraient également à voir les taxes baissées.

Tawse Winery est un vignoble relativement grand situé dans la région du Niagara. Il jouit d’un certain accès aux magasins de la LCBO.

Daniel Lafleur, qui est le directeur des ventes du vignoble, est conscient du fait que cette possibilité ne s’offre pas à tous les producteurs de vin de l’Ontario, alors que la présence dans les magasins de la LCBO constitue un grand atout pour les vignobles.

C’est sûr que ça aide beaucoup à la réputation du domaine. Parce que les gens qui font des emplettes à la LCBO, ils voient notre marque. Qu’ils achètent ou qu’ils n’achètent pas en succursale, ils voient notre nom. Peut-être que ça peut les tenter de nous rendre visite après dans la région et peut-être d’acheter du vin au domaine directement, précise-t-il.

M. Lafleur pense toutefois que cela n’est pas toujours rentable pour les producteurs de vin de faire affaire avec la LCBO.

Pourquoi vendre à la LCBO s’ils sont capables d’écouler leurs stocks ailleurs où ils sont capables de faire plus d’argent? Quand on vend les cuvées directement à la boutique, les profits sont plus élevés que lorsqu’on vend à la LCBO.

Une citation de :Daniel Lafleur
Daniel Lafleur tient un verre de vin. Il est assis.

Daniel Lafleur pense qu'il est difficile, dans l'état actuel des choses, pour les petits producteurs de vendre leur vin à la LCBO.

Photo : Tawse Winery

Au point de vue financier, ce n’est pas nécessairement le meilleur modèle parce que c’est sûr qu’on ne fait pas énormément d’argent lorsqu’on vend directement à la LCBO. C’est pour ça qu'il y a certains petits producteurs qui préfèrent ne pas vendre à la LCBO, explique-t-il.

Il pense comme d’autres que l’une des solutions pour que plus de producteurs locaux puissent vendre leur vin dans des succursales de la LCBO, c’est la réduction des taxes, puisqu’il n’y a en ce moment pas, selon lui, suffisamment d’argent qui retourne aux producteurs de vin.

Un producteur qui va vendre un vin à la LCBO, il y a à peu près 45 % du prix au détail qui revient dans sa poche, il y a 55 % qui va au gouvernement, précise-t-il.

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