•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Pêche de subsistance autochtone : la décision d’Ottawa est controversée en Gaspésie

Un homme debout sur un bateau plein de casiers à homard. Un feu d'artifice est lancé à partir du bateau.

La décision du gouvernement fédéral est décriée par les Premières Nations, mais est bien reçue par les pêcheurs non autochtones (archives).

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

La communauté micmaque de Listuguj dénonce la façon dont le gouvernement fédéral veut encadrer la pêche de subsistance autochtone alors que les pêcheurs gaspésiens la saluent.

Plus tôt cette semaine, la ministre des Pêches et des Océans Bernadette Jordan a annoncé que les communautés autochtones devront dorénavant mener leur pêche de subsistance selon les zones et les saisons de pêches commerciales déjà établies.

La pêche de subsistance autochtone devra également être encadrée par des permis, mais l’effort de pêche n’augmentera pas. Le gouvernement du Canada équilibrera l’accès additionnel des Premières Nations par l’entremise de permis déjà disponibles, a indiqué la ministre Jordan.

Le chef de Listuguj déplore qu'Ottawa ait pris cette décision unilatéralement, sans offrir la possibilité aux Premières Nations de se faire entendre.

Il est assis devant un micro lors d'une entrevue.

«C'est un autre exemple de politiques électorales qui prévalent sur la réconciliation», affirme le chef de Listuguj, Darcy Gray (archives).

Photo : Radio-Canada / Luc Paradis

Nous étions prêts à avoir des discussions basées sur des faits et à trouver des façons innovatrices d’exercer nos droits ancestraux tout en préservant les stocks, affirme Darcy Gray. L’annonce de la ministre rend tout ça impossible.

Darcy Gray estime qu'il s'agit d'une décision électoraliste qui nuit à la réconciliation des peuples. L’annonce de la ministre était en fait un message aux pêcheurs non autochtones pour leur dire qu’ils n’avaient pas à s’inquiéter et que les choses n’allaient pas changer, estime M. Gray.

Ce que Pêches et Océans décrit comme une "nouvelle voie" est en fait la même vieille façon de faire du ministère.

Une citation de :Darcy Gray, chef de Listuguj

La communauté de Listuguj possède son propre plan de pêche et organise traditionnellement une pêche au homard de subsistance durant l'automne, soit hors de la saison de pêche commerciale. Depuis 2019, elle vend une partie de ses prises, bien que Pêches et Océans Canada qualifie le geste de pêche commerciale non autorisée.

Les communautés autochtones appuient leur droit de mener une pêche de subsistance sur l’arrêt Marshall de la Cour suprême du Canada qui, en 1999, statuait que les traités conféraient aux Premières Nations le droit de pêcher, chasser et cueillir pour s’assurer d’une subsistance convenable.

Les chefs micmacs de la Nouvelle-Écosse et ceux de l’Île-du-Prince-Édouard rejettent également le nouveau plan d'Ottawa.

Un pas dans la bonne direction selon les pêcheurs non autochtones

De son côté, le Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie (RPPSG) se réjouit de la décision d'Ottawa pour mieux encadrer les pêcheries autochtones.

La Coalition des organismes de pêche de l’Atlantique et du Québec, dont le RPPSG fait partie, estime que l’annonce d’Ottawa est un premier pas positif dans la bonne direction.

Les pêcheurs non autochtones soulignent l’engagement de la ministre envers la conservation et les mêmes saisons de pêche pour tous.

Ce qui était vraiment important dans tout le débat, c’est le respect des conditions de pêche imposées, dans le contexte où on veut que la ressource demeure durable, affirme le directeur du RPPSG, O’Neil Cloutier.

O'Neil Cloutier.

Le directeur du Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie, O'Neil Cloutier (archives)

Photo : Radio-Canada / William Bastille-Denis

Les pêcheurs de homards gaspésiens avaient plaidé en faveur d'un meilleur encadrement de la notion de pêche de subsistance à la suite des événements qui se sont produits en Nouvelle-Écosse l’automne dernier.

La Coalition des organismes de pêche de l’Atlantique et du Québec souhaite toutefois obtenir davantage de détails sur l’annonce ministérielle concernant la façon dont certains droits de pêche seront transférés aux Premières Nations.

O'Neil Cloutier dit s'inquiéter pour la pérennité des stocks de homards, même si les Autochtones ne possèdent que 8 % des permis accordés.

Il faudra voir dans quelle mesure on est capable de transférer des capacités de pêche vers les Autochtones, par le rachat de permis, note M. Cloutier.

On ne veut rien enlever à personne, mais on ne veut surtout pas que quelqu’un nous enlève quelque chose.

Une citation de :O'Neil Cloutier, directeur du Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie

La Coalition des organismes de pêche de l’Atlantique et du Québec se dit également préoccupée par la possibilité que les communautés autochtones élaborent individuellement des plans de pêche à court terme avec le ministère.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !