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Témoins de connexion : les médias européens préoccupés par le projet de Google

Une main tient un téléphone cellulaire qui affiche une empreinte digitale, devant plusieurs logos de Google.

Le nouveau ciblage par segment d'audience annoncé par Google « perturbera le modèle commercial de la presse numérique », selon deux associations de médias européens.

Photo : Getty Images / Leon Neal

Agence France-Presse

Les médias européens se sont dits vendredi « sérieusement préoccupés » par le nouveau système de ciblage publicitaire que Google prévoit mettre en œuvre une fois qu'il aura abandonné les témoins de connexion tiers, ces traceurs lui permettant de vendre des espaces publicitaires ultrapersonnalisés.

Le nouveau modèle prôné par le géant américain touchera le marché de la publicité et perturbera le modèle commercial de la presse numérique, dénoncent l'EMMA (association européenne des médias magazine) et l'ENPA (association européenne des éditeurs de journaux) dans un communiqué commun.

Il permettrait en fin de compte à Google d'étendre davantage son propre monopole sur les données, ajoutent ces associations, puisqu'il ne sera plus possible pour des tiers de comprendre et de traiter les enregistrements de données de manière significative.

Les éditeurs estiment qu'un changement aussi important dans le fonctionnement de l'économie numérique ne doit pas être décidé par un géant technologique privé. Ils demandent aux législateurs européens d'utiliser ses nouveaux projets de régulation du numérique pour limiter le pouvoir discrétionnaire des plateformes, sauvegarder la concurrence loyale et la durabilité de la presse en Europe.

Google a annoncé le 3 mars qu'il allait tester à partir du deuxième trimestre, avec certains annonceurs, son nouveau système de ciblage publicitaire dans son navigateur Chrome, fondé sur des groupes d'audience.

Ce système vise à remplacer les témoins de connexion tiers, qui permettent de cibler individuellement les internautes, mais qui hérissent les personnes qui ont à cœur la défense de la confidentialité des données.

Les annonceurs viseront désormais des segments d'audience comprenant des centaines ou milliers de personnes, définis par le groupe californien en fonction de la navigation des internautes. Toutefois, Google ne créera pas « d'identificateurs alternatifs » aux témoins de connexion « pour pister les individus quand ils surfent » sur le web, a-t-il expliqué.

Pour l'EMMA et l'ENPA, un tel changement touchera de manière disproportionnée les petits acteurs, qui ne pourront pas adapter leur modèle commercial en conséquence.

Tous les modèles commerciaux à long terme basés sur les données dépendraient complètement et absolument de Google, qui peut unilatéralement et sans conséquence décider et modifier toute règle, ajoutent les deux organisations.

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