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Une correspondance écrite commencée en 1950 lie deux amies pour la vie 

Victoria Kryczak, qui porte des lunettes, sourit à la caméra en montrant deux photos d'elle et de son amie Kathleen Wallace.

L'amitié entre Victoria Kryczak et Kathleen Wallace est née d'une correspondance commencée alors qu'elles n'avaient que 12 ans toutes les deux, une amitié qui aura duré toute leur vie.

Photo : Radio-Canada / Heidi Atter

Radio-Canada

Victoria Ryczak avait 12 ans en 1950, lorsqu’elle a découvert dans un journal l'annonce d’une jeune Albertaine qui cherchait à établir une correspondance.

La jeune Saskatchewanaise vivait à ce moment-là à Amsterdam, à un peu plus de 300 kilomètres à l’est de Saskatoon.

Après quelques essais, la jeune Albertaine a décidé de mettre Victoria en contact avec une autre jeune fille à la recherche d'une correspondante et qui semblait mieux correspondre aux attentes de cette dernière.

C’est comme cela que Victoria Ryczak a fait la rencontre de Kathleen Wallace, originaire de l’Ontario. Et il y a eu un déclic.

Nous sommes nées toutes les deux le 2 juin 1938. C’est pour cela que je dis que nous sommes jumelles et je pense que cela a joué dans la façon dont nous nous sommes attachées l’une à l’autre.

Une citation de :Victoria Ryczak, une des deux correspondantes

Lorsqu’elles ont commencé à correspondre, les deux adolescentes n’arrivaient pas à croire le nombre de points qu’elles avaient en commun. Toutes deux étaient gauchères, vivaient à la ferme, avaient les mêmes idées ou les mêmes valeurs.

Tous les sujets y passaient, tels que l’école dans leur jeune âge ou les histoires de famille en vieillissant.

Après 70 ans de correspondance, Victoria a perdu son amie Kathleen le mois dernier. Elle espère que leur amitié poussera d’autres personnes à écrire des lettres et à entretenir des correspondances, peu importe le nombre de kilomètres qui peut les séparer.

Kathleen, c’était ma confidente. On parlait vraiment de tout et de rien. C’était une si belle personne qui donnait d’elle-même à tout le monde qui l'entourait.

Une citation de :Victoria Ryczak, une des deux correspondantes

Une correspondance à l’épreuve du temps

Au fil des années, la correspondance a parfois été moins soutenue. Les deux amies se sont mariées, ont eu des enfants, mais ne se sont jamais perdues de vue.

En 1967, alors que Victoria Ryczak emmenait ses élèves à Montréal pour l’Exposition universelle, elle est passée par Ottawa afin de rencontrer son amie.

Victoria Kryczak est floutée à la caméra et montre dans sa main gauche une photo de la première rencontre des deux femmes en 1967.

Les deux femmes, Victoria à gauche et Kathleen à droite, lors de leur première rencontre à Ottawa en 1967.

Photo : Radio-Canada / Heidi Atter

Leur deuxième rencontre a eu lieu lorsqu'elles avaient eu 65 ans. Victoria avait récemment perdu son mari, et la famille de Kathleen continuait de s’agrandir, sa fille étant fiancée.

L’invitation au mariage de la fille de Kathleen n’a pas été difficile à accepter par Victoria qui s'est jetée sur l’occasion et s’est envolée pour Ottawa.

Victoria Ryczak est finalement restée un mois entier chez Kathleen. Puis elle y est retournée une dernière fois pour les 50 ans de mariage de son amie.

Les deux amies sourient à la caméra dans une salle des fêtes. Elles tiennent un bouquet de fleurs.

Victoria à gauche et Kathleen à droite, lors du mariage de la fille de cette dernière.

Photo : Fournie par Victoria Ryczak

Au fil des ans, les deux amies ont essayé d’organiser un voyage en Saskatchewan pour que Kathleen puisse voir la province, mais la mort de son mari peu de temps après leurs 50 ans de mariage a rendu les choses plus difficiles, parce qu’elle devait s’occuper de sa ferme.

Mon seul regret, c'est qu’elle n’ait pas pu venir me voir en Saskatchewan.

Une citation de :Victoria Ryczak, une des deux correspondantes

Kathleen Wallace est morte le 22 février des suites d’un ACV. Cela a été un grand choc pour Victoria, qui n’arrivait plus à cesser de pleurer, elle qui ne pleure généralement pas.

Leur dernier échange par téléphone a été rempli d'émotion pour les deux amies. Kathleen a simplement dit à Victoria : Je vais mourir, je t’aime.

Victoria Kryczak est floutée à la caméra et tient dans sa main gauche une photo des deux amies lorsqu'elles avaient 65 ans. Sur la photo, Victoria est debout à gauche et Kahtleen, à droite, est assise.

Les deux femmes lorsqu'elles avaient 65 ans.

Photo : Radio-Canada / Heidi Atter

Alors que la pandémie a grandement isolé les gens un peu partout dans le monde, Victoria espère que son histoire poussera les gens à communiquer davantage par l’écriture.

Professeure d’histoire de l’Université de la Saskatchewan, Erica Dyck dit qu’une correspondance peut être un moyen efficace de combattre l’isolement.

Plus on réussira à briser notre solitude, mieux on réussira à surmonter les difficultés causées par la COVID-19, dit-elle.

Postes Canada a d’ailleurs lancé une initiative récemment dans ce sens. Les occupants de tous les foyers recevront une carte postale qu’ils pourront envoyer à une personne de leur choix, et ce, gratuitement.

Avec les informations de Heidi Atter

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