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COVID-19 : la partie de hockey qui a tout changé

Dominico Farinaccio sur la glace du lac Brompton

Dominico Farinaccio se souviendra longtemps d'une partie de hockey bottine où il a contracté la COVID-19.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La partie de hockey bottine disputée avec des voisins le 29 février 2020 restera longtemps dans les souvenirs de l'Estrien Dominico Farinaccio. C'est à ce moment qu'il est devenu l'un des premiers Québécois à attraper cette mystérieuse maladie dont plusieurs n'avaient jamais entendu parler : la COVID-19.

On attendait cette partie depuis longtemps. Le journée était belle. Une vingtaine de voisins jouaient au hockey bottine en bordure du lac Brompton à Racine. Notre voisin avait peinturé le CH du Canadien au centre, raconte-t-il.

Tout le monde s'amusait ferme et surtout sans se soucier de la COVID-19. Une maladie qui était encore alors inconnue ou presque au Québec. C'était avant l'époque de la distanciation sociale et où on se partageait poignées de main et embrassades sans crainte. Je pense qu'il y avait un cas au Québec. On en avait entendu parler, mais personne ne pensait que c'était pour nous arriver. On a été le premier groupe, je pense, à l'avoir, croit M. Farinaccio.

Peu de temps après, les premiers symptômes sont apparus. On est restés chez nous pendant deux semaines avant d'aller à l'hôpital. On a pensé que c'était seulement la grippe au début. On ne connaissait pas la COVID. On a demandé à notre médecin, au pharmacien, mais tout le monde disait que c'était la grippe, se souvient la conjointe de Dominico Farinaccio, Jann Harrison.

Malheureusement pour eux, mais aussi pour 16 des 20 participants au match, ce n'était pas la grippe. Sa conjointe a également dû se battre, à moins grande échelle, contre le virus. Heureusement, personne du groupe n'est mort. S'il y avait une personne à qui ça aurait pu arriver, c'est moi, lâche Dominico Farinaccio.

Neuf jours sous respirateur

Ce dernier avoue avoir été vraiment chanceux dans sa malchance. Chanceux, parce qu'il s'en est sorti vivant, mais non sans peine. Quinze jours d'hospitalisation, dont neuf sous respirateur, figurent désormais dans son dossier médical. Il a cru, à juste titre, que c'était la fin.

On m'a dit que j'étais, disons, pas loin. Mon meilleur souvenir, c'est quand on m'a enlevé le tube du respirateur. J'étais soulagé. J'étais seul, isolé, depuis dix jours. Les infirmières, les médecins qui entraient dans la chambre étaient habillés comme des astronautes. Le contact humain n'était pas là.

Jann Harrison dehors devant un arbre

Jann Harrison a bien cru qu'elle ne reverrait jamais son conjoint vivant.

Photo : Radio-Canada

L'hospitalisation de Dominico a été une véritable épreuve pour sa conjointe également. Ça a été un cauchemar. C'était difficile. Il était seul à l'hôpital. La première journée, on a pu se parler, mais pas après. J'ai eu vraiment peur de le perdre. Les journées étaient très longues. Je pensais que je pouvais le perdre tout le temps, se rappelle-t-elle avec émotion.

La COVID, ce n'est pas seulement une grippe. C'est une grippe qui peut et qui a tué beaucoup de gens inutilement. Il faut continuer à se protéger.

Une citation de :Dominico Farinaccio

Un an plus tard, son pèse-personne affiche toujours 11 kilos (25 livres) de moins et il éprouve encore des problèmes respiratoires. Ça a été une bonne pente à remonter pour reprendre mes forces. Ce n'était pas un bon moment, disons.

Et puis, il a dû mettre de côté sa passion pour le hockey, car la fatigue n'est jamais très loin. J'ai repris des forces, mais le soir, c'est plus difficile. Quand arrive le souper, je dois me reposer. Je me couche plus tôt , donne-t-il en exemple.

Domenico et Jann savourent aujourd'hui la chance d'être toujours vivants. On veut vraiment profiter de ce que la nature a à nous offrir ici, au lac Brompton. On apprécie beaucoup plus la vie, laisse-t-il tomber conscient qu'il n'aurait peut-être jamais pu voir le soleil se coucher sur l'eau.

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