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Un Winnipégois dénonce l'absence de distanciation physique à l’Hôpital Saint-Boniface

L'urgence de l'Hôpital Saint-Boniface.

Brent Winstone ne comprend pas pourquoi il n'y a pas de système pour s'assurer que les patients dans la salle d'attente des urgences de Saint-Boniface soient éloignés de 2 mètres les uns des autres. (archives).

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Mardi, Brent Winstone a constaté l’absence de distanciation physique dans la salle d'attente des urgences de l’Hôpital Saint-Boniface, où il accompagnait sa belle-mère, âgée de 77 ans. M. Winstone a déposé une plainte auprès du bureau des relations avec les patients pour demander la mise en place des mesures d'éloignement physique liées à la pandémie de COVID-19.

Peu importe où on s'assoit, il n'y a aucun moyen d'échapper aux gens qui se trouvent dans la salle d’attente. C'est très étroit, raconte-t-il.

Le Winnipégois dit qu’il y a une vingtaine de chaises disposées sur un espace de 4,5 mètres sur 6 et qu’elles sont toutes utilisées. Sa belle-mère présentant des difficultés à respirer a été placée entre deux personnes.

On pouvait voir que l’homme assis à côté se sentait mal à l'aise, poursuit-il. Ma belle-mère aurait très bien pu avoir la COVID-19!

Selon Brent Winstone, des masques médicaux leur ont été fournis à tous les deux à l’entrée et on leur a posé des questions de dépistage et demandé de se laver les mains.

Cependant, le personnel n’a pas demandé s’ils avaient effectué un test de dépistage récemment, alors que sa sa belle-mère était venue passer un test quelques jours auparavant.

Brent Winstone dehors de face.

Brent Winstone a déposé une plainte auprès de l'Hôpital Saint-Boniface après avoir constaté un manque de distanciation physique dans sa salle d'attente.

Photo : Gracieuseté de Brent Winstone

Après quatre heures d’attente, M. Winstone a demandé si sa belle-mère pouvait attendre dans la voiture, mais le personnel a refusé.

M. Winstone ne comprend pas pourquoi il n’y a pas d’organisation particulière pour respecter les 2 mètres de distance dans une salle où des patients peuvent présenter une multitude de symptômes.

Que se passera-t-il s’il y a une nouvelle éclosion et que tout le monde se rend ici? Pour être honnête, je n'ai pas du tout confiance.

Une reconfiguration nécessaire

L’Hôpital Saint-Boniface reconnaît la nécessité de reconfigurer ses salles d'attente en raison de la pandémie.

Il est vrai que la distance physique n'est pas toujours possible lorsque le service des urgences est très occupé, dit la directrice des affaires générales et des communications de l'Hôpital, Micheline St-Hilaire, dans un courriel.

Mme St-Hilaire explique que c’est la raison pour laquelle le personnel demande à chaque personne qui entre de se désinfecter les mains et lui fournit un masque de qualité médicale, pour la protéger ainsi que les autres autour d'elle.

Elle ajoute que la priorité de l'Hôpital dans la salle d'attente, dont l'espace est restreint, est de fournir des soins aux patients et de les amener à voir un intervenant dès que possible.

Elle précise que des plans sont en cours d’élaboration pour agrandir et réaménager le service des urgences de l’hôpital. La pandémie nous a donné un bon aperçu des éléments nécessaires pour un fonctionnement optimal du service.

Trouver un meilleur système

Brent Winstone raconte que sa belle-mère a passé un test de dépistage aux urgences mardi soir et qu’il s’est révélé négatif. Elle va mieux après avoir été admise à l'hôpital, et les soins qu'elle a reçus étaient excellents, reconnaît-il.

Cependant, M. Winstone demande à l'établissement de trouver un meilleur système pour garantir la distanciation sociale. Par exemple, quand je vais au restaurant, on me donne un téléavertisseur qui me prévient quand ma table est prête et que je peux revenir.

Il suggère un système permettant d'attendre à l'extérieur, ou encore l’utilisation de conteneurs d'expédition comme zones d'attente, à l'instar des modules de visite que la province a installés pour les foyers de soins personnels.

Selon Mme St-Hilaire, ces idées ne sont pas réalisables, car les infirmières doivent voir en permanence les patients pour les évaluer sur la base de l’échelle de triage canadienne, en cas d’évolution de leurs symptômes. C’est essentiel pour leur sécurité qu’on les voie en tout temps, explique-t-elle.

Elle ajoute toutefois que l’hôpital donnera suite aux commentaires de M. Winstone.

D’autres établissements fautifs

Selon la présidente de la section locale 204 du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), Debbie Boissonneault, il n'est pas rare de voir des problèmes de maintien de la distance physique dans les salles d'attente des urgences.

Debbie Boissonneault devant son ordinateur.

La présidente du SCFP 204, Debbie Boissonneault, affirme qu'il a été difficile pour les établissements de soins de santé de maintenir une distanciation physique.

Photo : Gracieuseté Facebook

Même s’il y a beaucoup de monde, on ne peut pas interdire aux gens d’entrer aux urgences.

Selon Mme Boissonneault, dans certains petits établissements, on demande aux personnes d'attendre dans leur voiture ou à l'extérieur, mais elle estime que ce n'est pas non plus la meilleure solution.

On ne peut pas trop les éloigner. Nous encourageons la distanciation physique, mais nous savons qu'elle n’est pas souvent respectée.

Les établissements font de leur mieux pour la maintenir dès que c’est possible. Mais c'est à eux de revoir leurs procédures dans les salles d'attente pour s'assurer que la distanciation sociale puisse être respectée , conclut Mme Boissonneault.

Avec les informations de Peggy Lam

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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