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Les chefs micmacs de l’Î.-P.-É. dénoncent la décision d’Ottawa sur les pêches

Des bateaux de pêche chargés de casiers à homard amarrés à un quai.

Le plan fédéral de réglementation de la pêche de subsistance autochtone représente un développement majeur des conflits sur la pêche qui ont déclenché une série d’actes de violences l'automne dernier, en Nouvelle-Écosse.

Photo : CBC/Travis Kingdon

Les chefs micmacs de l’Île-du-Prince-Édouard qualifient le plan de Pêches et Océans qui vise à réglementer leur pêche de subsistance convenable d'« illégal et irrespectueux ».

Le gouvernement fédéral a annoncé, mercredi, que la pêche de subsistance autochtone en Atlantique pourrait être réalisée uniquement pendant les saisons déterminées et réglementées par Pêches et Océans.

Par l’entremise d’un communiqué envoyé aux médias jeudi, les dirigeants micmacs de la province ont manifesté leur mécontentement envers la décision d'Ottawa.

Pêches et Océans continuent avec leur paternalisme envers notre pêche qui est basée sur nos droits, et cela va à l’encontre de l’esprit même de réconciliation.

Une citation de :Junior Gould, chef de la Première nation Abegweit
Le chef de la Première nation Abegweit, Junior Gould.

Selon le chef de la Première Nation Abegweit, Junior Gould, le ministère fédéral est paternaliste envers les Autochtones.

Photo :  CBC / John Robertson

Dans sa décision, la ministre des Pêches et des Océans Bernadette Jordan a déclaré que le calendrier de gestion de la pêche permet la conservation des ressources naturelles de la région de l'Atlantique.

Le chef de la Première Nation Abegweit, Junior Gould, conteste néanmoins les arguments de la ministre. Selon lui, le gouvernement n’a pas encore démontré que la pêche de subsistance convenable présentait des dangers pour la conservation des espèces marines.

 Il est faux de prétendre que cette décision est basée sur des objectifs de conservation, a-t-il déclaré.

Darlene Bernard, dirigeante de la Première nation de Lennox Island.

Pour Darlene Bernard, dirigeante de la Première Nation de Lennox Island, le ministère de Peches et Océans a une attitude colonialiste dans la gestion de la pêche en Atlantique.

Photo :  CBC / Travis Kingdon

La cheffe de la Première Nation de Lennox Island, Darlene Bernard, a pour sa part déclaré que l’annonce de la ministre Bernadette Jordan l’a prise de surprise.

Selon Darlene Bernard, la décision d’Ottawa ne respecte pas l’autonomie des Premières Nations qui leur a été accordée par la Cour suprême du Canada en 1999.

 Ce n’est pas seulement une attitude colonialiste dans les relations avec les Premières Nations, elle ne respecte pas l’État de droit.

Une citation de :Darlene Bernard, chef de la Première Nation de Lennox Island
Selon le chef de la Première Nation d'Abegweit, Brian Francis, l'accord de Charlottetown aurait donné aux Autochtones de meilleurs outils pour leur développement.

Brian Francis, sénateur de l'Île-du-Prince-Édouard et ancien chef de la Première Nation d'Abegweit, craint que la décision du fédéral ne conduise à des actes de violence envers les pêcheurs autochtones.

Photo : CBC

Le sénateur de l’Île-du-Prince-Édouard et l'ancien chef de la Première nation Abegweit Brian Francis a également manifesté son mécontentement quant à la décision d’Ottawa jeudi.

Il juge que le plan fédéral perpétue l’ancienne stratégie de division et de conquête utilisée par les colonisateurs.

Je suis profondément troublé et je crains que les Micmacs et les autres Premières Nations ne soient obligés de recourir une fois de plus aux tribunaux pour faire respecter nos droits.

Une citation de :Brian Francis, sénateur de l’Île-du-Prince-Édouard et ancien chef de la Première nation Abegweit

Brian Francis craint aussi que la façon de faire du gouvernement ne conduise à plus d’hostilité envers les pêcheurs autochtones.

De la pêche de substance bientôt à l’île?

Selon Darnele Bernard, la Première Nation de Lennox Island a l’intention de lancer sa toute première pêche de subsistance ce printemps, mais la communauté travaille toujours à l'élaboration de son plan de gestion.

La saison de la pêche au homard débute habituellement au début du mois de mai et se poursuit jusqu'à la fin juin, à l’Île-du-Prince-Édouard.

En novembre dernier, les députés de la province ont adopté à l’unanimité une motion soutenant le droit des Micmacs à une pêche de subsistance convenable.

Le conflit en Nouvelle-Écosse

Le plan fédéral de réglementation de la pêche de subsistance représente un développement majeur des conflits sur la pêche qui ont déclenché une série d’actes de violence, l'automne dernier, en Nouvelle-Écosse.

La bande de Sipekne'katik avait lancé, à l'époque, sa propre pêche au homard de subsistance autorégulée, et ce, en dehors de la saison commerciale, dans la baie Sainte-Marie.

L'initiative a provoqué la colère des pêcheurs non Autochtones, qui ont déclaré que la pêche en dehors de la saison commerciale était injuste et mauvaise pour la conservation des ressources naturelles.

Avec les renseignements de CBC

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