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Légionellose à Halifax : une patiente presse la Nouvelle-Écosse de régler le problème

L'entrée de l'hôpital.

L'ancien hôpital général Victoria à Halifax connaît des problèmes depuis des années (archives).

Photo : CBC/Craig Paisley

Radio-Canada

Des patients qui ont récemment séjourné à l’hôpital général Victoria, à Halifax, veulent sensibiliser le public au risque d’y contracter la légionellose. Le problème existe depuis des années dans cet établissement et les patients pressent les autorités à trouver une solution.

La légionellose est une infection pulmonaire causée par une bactérie. Elle est contractée lorsqu’une personne inhale de la vapeur d’eau contaminée. Les personnes dont le système immunitaire est affaibli, ce qui peut être le cas lors d’un séjour à l’hôpital par exemple, sont beaucoup plus à risque de développer la maladie.

Fleurette Landry, une résidente de Dieppe, a été admise à l’hôpital général Victoria, en août 2020, pour une greffe de la moelle osseuse. Elle a obtenu son congé de l'hôpital quatre mois plus tard avec des séquelles de la légionellose, qu’elle a contracté lors de son séjour dans l'établissement.

Fleurette Landry lors d'une entrevue par vidéoconférence

Fleurette Landry lors d'une entrevue par vidéoconférence

Photo : Radio-Canada

Au lieu de deux semaines, j’ai passé presque quatre mois à l’hôpital, soit dans le coma soit aux soins intensifs, soit en [réadaptation]. Après, à la maison, je reçois encore les soins de physiothérapeutes et de l’extramural pour des prises de sang. Tous les problèmes physiques que j’ai maintenant, la douleur dans mes épaules, les mains, les jambes, sont dus à la légionellose. Ce n'est pas causé par la greffe, explique Fleurette Landry.

Comme son état de santé se détériorait rapidement lors de son séjour à l’hôpital, elle avait été plongée dans un coma artificiel.

Le problème de la légionellose existe à l’hôpital général Victoria depuis les années 1980. Des affiches dans les salles de bains mettent en garde les patients. Ces derniers reçoivent aussi des directives, notamment celle de ne pas prendre de douche.

Mme Landry se demande comment elle a pu contracter la légionellose malgré tout. J’ai suivi les règlements et les politiques à la lettre. Donc, qu’est-ce qui s’est passé? Je ne le sais pas.

Un système d’eau délabré

En décembre, un professeur à l’Université Acadia, Russell Easy, qui a séjourné au même hôpital pour recevoir des traitements contre le cancer, a été atterré de constater les conditions dans lesquelles les patients séjournaient vu les problèmes liés à l’eau dans le bâtiment.

Dans une lettre ouverte adressée au ministère de la Santé de la Nouvelle-Écosse, le professeur dénonce cette situation. Les patients, explique-t-il, ne peuvent pas prendre de douche parce que le système d’eau est délabré depuis plus de dix ans. Il ajoute que cela augmente considérablement le risque d’infection chez les patients les plus vulnérables de la province. Il dit que c’est inacceptable.

Russell Easy a séjourné à l'hôpital général Victoria pour recevoir des traitements contre le cancer.

Russell Easy a séjourné à l'hôpital général Victoria pour recevoir des traitements contre le cancer.

Photo : Contribution

Depuis bientôt un an, l’hôpital utilise un système qui injecte automatiquement des doses calculées de chlore dans l’eau. Mais la régie de santé indique qu’aucune des mesures mises en place ne garantit qu’ils vont se débarrasser de la bactérie: C'est pourquoi nous utilisons la politique de l'eau stérile. Ces protocoles sont la seule approche approuvée par CDC (les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies) pour gérer le risque d'infection causé par la bactérie indique la porte-parole Carla Adams.

Elle ajoute qu’au cours des 10 dernières années, il y a eu moins de cinq cas de légionellose à l'hôpital général Victoria.

Sensibiliser pour éviter le pire

Fleurette Landry tient à sensibiliser la population et les autorités médicales à cet enjeu pour éviter que d’autres patients contractent la légionellose dans cet hôpital. Ma crainte, c’est que peut-être que la prochaine personne ne survivra pas, alors j’espère que ça n’arrivera pas à personne d’autre , dit-elle.

Mme Landry a écrit au ministère de la Santé du Nouveau-Brunswick pour lui demander de protéger la population néo-brunswickoise en évitant de les transférer à cet hôpital en Nouvelle-Écosse.

Elle presse aussi la régie de santé de la Nouvelle-Écosse de trouver une solution rapidement avant que d'autres personnes y risquent leur vie. La régie de santé, explique-t-elle, lui a promis une réunion virtuelle pour en discuter, ce qui n’a pas encore eu lieu.

C’est un appel à la Nouvelle-Écosse pour faire quelque chose immédiatement pour régler le problème à l’hôpital et c’est un appel au Nouveau-Brunswick, au Réseau de santé Vitalité, pour les francophones aussi, pour qu’ils puissent avoir le service de greffe de moelle osseuse direct dans notre réseau de santé.

Une citation de :Fleurette Landry, patiente

Russell Easy, qui est un professeur de biologie, s’engage à trouver une solution à ce problème pressant pour protéger les autres. Il attend aussi une réponse du ministère de la Santé de la Nouvelle-Écosse.

La Régie de santé doit désaffecter cet hôpital, mais non à court terme. Carla Adams, porte-parole de la Régie, indique par voie de courriel qu’un appel de soumissions pour la construction d’un autre complexe de l’hôpital Reine Elizabeth II sur les lieux de l’hôpital Halifax Infirmary a été lancé. On espère accorder le contrat au cours de l’hiver prochain. L’échéancier des travaux devrait se préciser à ce moment.

Avec les renseignements de Stéphanie Blanchet

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