•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Nouveau plan quinquennal chez Bombardier : l'atténuation des risques toujours présente

On voit le nom de l'entreprise devant un bâtiment blanc.

Une usine de Bombardier située à Montréal.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

La Presse canadienne

Après de multiples efforts de redressement qui se sont soldés par un recentrage exclusif vers les jets d'affaires, Bombardier revient à la charge avec un nouveau plan quinquennal dans lequel l'atténuation des risques continue d'être au coeur des préoccupations.

Secouée par la pandémie de COVID-19, l'entreprise anticipe une amélioration de sa situation et croit pouvoir cesser de brûler des liquidités à compter de l'an prochain et de générer des flux monétaires annuels supérieurs à 500 millions de dollars américains d'ici 2025.

Son chiffre d'affaires devrait croître à environ 7,5 milliards, parce que le marché de l'aviation d'affaires, même s'il mettra plusieurs années à renouer avec son niveau d'avant la pandémie, commence à montrer des signes de reprise.

On a pu décevoir dans les dernières années, a concédé jeudi le président et chef de la direction de Bombardier, Éric Martel, en marge de la journée des investisseurs organisée par la société.

Ce qui est différent, c'est que les incertitudes liées aux investissements (dans différents programmes comme le Global 7500 et la C Series) sont derrière nous.

Une citation de :Éric Martel, président et chef de la direction de Bombardier

Le plan de redressement déployé en 2015 par l'ex-président de Bombardier Alain Bellemare, à la suite de son embauche, s'était notamment soldé par une sortie de l'aviation commerciale et du secteur du matériel roulant (concrétisée en janvier dernier quand Bombardier Transport est passée dans le giron d'Alstom) dans l'espoir d'assainir le bilan de la compagnie lourdement endettée.

En dépit de la vente de programmes comme le Q400 et le CRJ ainsi que de sa participation dans la C Series, la dette nette de Bombardier est estimée à 4,7 milliards, ce qui tient notamment compte du produit net de 3,6 milliards récolté grâce à la vente de Bombardier Transport.

Le ratio d'endettement est toujours plus élevé que ce qu'on aurait souhaité, a reconnu M. Martel, en poste depuis avril dernier.

Nous allons y aller avec des petits pas, c'est comme cela que l'on va regagner la crédibilité des marchés.

Une citation de :Éric Martel, président et chef de la direction de Bombardier

Grâce au produit de la vente de sa division ferroviaire à Alstom, il n'y aura pas de tranches de dette à rembourser avant décembre 2024, a fait remarquer M. Martel, en soulignant que cela procurait une certaine flexibilité

Moins de dépenses

Le mois dernier, Bombardier avait annoncé de nouvelles mesures de réduction de coûts avec l'élimination de 1600 emplois (dont 700 au Québec) et la fin de la production de la famille Learjet d'ici la fin de l'année. Ces mesures s'inscrivent dans un plan visant à économiser 400 millions de manière récurrente d'ici 2023. Plus de 80 % des efforts ont été établis.

Vue d'ensemble de l'appareil dans un hangar

Le Global 7500, avion d'affaires de Bombardier, à l'usine de finition de Montréal, en décembre 2018

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Parallèlement aux économies, Bombardier s'attend à arrêter de perdre de l'argent avec le Global 7500, ce luxueux jet d'affaires sur lequel la société mise et dont le carnet de commandes affiche complet jusqu'en 2023. On approche la 50e livraison et le coût de production d'un appareil devrait fléchir de 20 % d'ici la 100e livraison.

Ces éléments devraient donner un coup de pouce à l'avionneur, qui ambitionne de réaliser un bénéfice d'exploitation de 1,5 milliard en 2025 en plus d'afficher une marge d'exploitation ajustée de 20 %.

Croissance du nombre de milliardaires

En 2020, Bombardier a généré des revenus de 6,5 milliards. Pour atteindre son objectif de 7,5 milliards, l'avionneur compte miser sur la croissance de ses activités de service après-vente, où les marges sont très élevées.

Ce segment représente environ le cinquième de son chiffre d'affaires. La nouvelle cible a été fixée à 27 %, soit environ 2 milliard, d'ici 2025. Avec plus de 5000 appareils en service dans le monde, les occasions sont nombreuses, croit la société.

Après une contraction l'année dernière, les livraisons d'appareils devraient grimper de 2 % dans l'industrie en 2021, d'après les prévisions de l'avionneur, qui dit constater un intérêt grandissant pour les voyages privés dans le contexte de la pandémie de COVID-19. La croissance annuelle d'environ 10 % du nombre de milliardaires dans le monde devrait aussi soutenir la demande, a souligné M. Martel.

C'est un bon plan. Mais il y a tellement d'éléments liés à l'économie qui pourraient venir tout changer. Bombardier fait tout ce qu'elle peut pour améliorer ce qu'elle contrôle.

Une citation de :Richard Aboulafia, analyste de la firme américaine Teal Group

L'analyste a relaté que certains signaux qui témoignent généralement de la vigueur du marché sont mitigés. Par exemple, les profits des entreprises et le prix des matières premières, des indicateurs qui profitent aux jets d'affaires, ne sont pas tout à fait au rendez-vous.

À la Bourse de Toronto, jeudi après-midi, l'action de Bombardier cotait à 59,5 ¢, en recul de 0,8 %.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !