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Une Inuk de Cambridge Bay récompensée par une distinction honorifique

Julia Ogina est assise à son bureau.

Julia Ogina, une Inuk résidant à Cambridge Bay, dans l'ouest du Nunavut, est l'une des récipiendaires des médailles de service méritoire (division civile).

Photo : CBC / Kate Kyle

Une Inuk de Cambridge Bay, au Nunavut, recevra la Médaille du service méritoire pour avoir contribué à transmettre et préserver l’inuinnaqtun, un dialecte de la langue inuit.

Je suis extrêmement honorée, confie Julia Ogina au bout du fil. Il y a tellement [de personnes] qui m’ont appuyée dans ce travail. Je n’ai pas fait ça toute seule.

Elle est la seule Nunavummiuq à recevoir la Médaille du service méritoire (division civile) parmi les 98 personnes récompenses aux quatre coins du Canada.

Cette distinction honorifique est décernée à des Canadiens qui se sont démarqués par leurs contributions remarquables dans des domaines allant de la défense des droits à l’aide humanitaire, en passant par la recherche.

Le 25 février, le Bureau du secrétaire du gouverneur général a dit qu'il avait choisi Julia Ogina à cause de son leadership dans la protection, la promotion et la revitalisation de la culture, des traditions et de la langue inuit dans sa communauté et dans le Nord, peut-on lire en ligne.

La ministre territoriale des Services communautaires et gouvernementaux et députée de la circonscription de Cambridge Bay, Jeannie Ehaloak, estime que cette distinction est grandement méritée.

Son travail a eu d'énormes effets dans la région, a-t-elle affirmé lundi, à l’Assemblée législative du Nunavut. Elle a joué un rôle déterminant dans la préservation et la transmission de notre langue, de notre culture et de notre patrimoine.

J’ai grandi en dansant

Née à Ulukhaktok, aux Territoires du Nord-Ouest, Julia Ogina travaille depuis une quinzaine d’années comme coordinatrice de programme pour les aînés, la langue et la culture à la Kitikmeot Inuit Association (KIA), une organisation qui représente les Inuit de la région de Kitikmeot, dans l’ouest du Nunavut.

Julia Ogina a notamment contribué à la rédaction du recueil de chants inuit Huqqullaarutit Unipkaangit — Stories Told Through Drum-Dance Song, paru en 2018 et visant à préserver la langue inuit.

À Cambridge Bay, elle est aussi bien connue pour sa participation indéfectible à un groupe de danse du tambour qui a l’habitude de se réunir toutes les semaines depuis une dizaine d’années.

Traditionnellement, cette forme de danse était un maillon important de la culture inuit, puisqu’elle servait à transmettre le savoir ancestral à travers des chants.

Julia Ogina danse, vêtue d'un manteau traditionnel.

Julia Ogina participe chaque semaine à des séances de danse du tambour à Cambridge Bay.

Photo : Photo fournie par Julia Ogina

Julia Ogina raconte que cette tradition a toujours fait partie de sa vie. J’ai grandi en dansant, se souvient-elle. Ma famille, mon entourage et moi avions l’habitude de nous réunir pour chanter et nous raconter des histoires tous ensemble.

[La danse du tambour] nous offre une fenêtre sur le mode de vie de nos ancêtres. Écouter les chants nous renseigne sur la manière dont [ils] vivaient à l’époque.

Une citation de :Julia Ogina

Protéger la langue

Aujourd’hui, elle affirme que les chants de la danse du tambour sont cruciaux pour transmettre le savoir ancestral à la jeune génération et préserver la langue inuit.

Il n’est pas seulement question d’écrire et de chanter des chansons, souligne Julia Ogina.

L’objectif est de transmettre notre savoir de la même manière que nos ancêtres, poursuit-elle. Ils voulaient que nous soyons en mesure de comprendre et de raconter leurs histoires.

Au Nunavut, la langue inuit regroupe plusieurs dialectes, dont les principaux sont l’inuktitut et l’inuinnaqtun.

Même si les Inuit constituent la majeure partie de la population du Nunavut, ils sont de moins en moins nombreux à avoir comme langue maternelle la langue inuit. La place de l’anglais augmente de façon exponentielle dans les foyers un peu partout au territoire.

Un livre en inuktut.

La langue inuit se fragilise au Nunavut.

Photo : Radio-Canada / Matisse Harvey

En 2001, la langue inuit était la langue maternelle de près de 72 % des Inuit du territoire, contre environ 65 % en 2016, selon Statistique Canada.

L’inuinnaqtun, qui comptait quelque 500 locuteurs en 2016, en perd de plus en plus dans la région de Kitikmeot.

Les aînés ressentent un sentiment d’urgence, affirme Julia Ogina.

Elle insiste sur l’importance des activités communautaires, comme des groupes de lecture ou de couture, pour assurer la pérennité de la langue.

Des femmes sont assises en cercle et font de la couture.

Des femmes confectionnent des kamiks, des chaussons traditionnels inuit.

Photo : CBC / Kate Kyle

J’espère que les jeunes poursuivront leur apprentissage, dit-elle.

Dans un échange de courriels, le Bureau du secrétaire du gouverneur général affirme ne pas avoir encore déterminé quand aura lieu la cérémonie de remise des médailles.

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