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Les chefs micmacs de la Nouvelle-Écosse rejettent le plan d'Ottawa sur les pêches

Michael Sack et d'autres membres de sa communauté examinent des homards sur un quai.

Le reportage de Maude Montembeault.

Photo : CBC/Paul Withers

Radio-Canada

Les chefs micmacs de la Nouvelle-Écosse rejettent le nouveau plan d'Ottawa pour régler le conflit qui oppose les pêcheurs autochtones et commerciaux. Selon les pêcheurs autochtones, il s'agit d'une tentative du gouvernement de contrôler des droits de pêche qui ne font même pas partie de ses compétences juridiques.

Le droit de pêcher des Micmacs, issu de traités, ne devrait pas être défini par l'industrie ou le gouvernement fédéral, a soutenu jeudi le chef Gerald Toney, de l'Assemblée des chefs de la Nouvelle-Écosse.

Lors d'une conférence de presse virtuelle, il a qualifié d'inacceptable le plan fédéral annoncé mercredi par la ministre des Pêches, Bernadette Jordan.

La ministre Jordan a une fois de plus indiqué clairement qu'elle voyait le ministère des Pêches et des Océans du Canada exercer un contrôle total sur des pêches fondées sur les droits ancestraux, a déclaré M. Toney.

Ottawa a annoncé mercredi qu'il voulait accorder aux Micmacs une pêche de subsistance, mais pendant la saison commerciale, au moyen de permis délivrés en vertu de la Loi sur les pêches, bien que le volume total de pêche autorisé dans les eaux du pays n'augmenterait pas.

M. Toney a déclaré jeudi que les chefs micmacs étaient également préoccupés par le manque de consultation du ministère.

Le sénateur de la Nouvelle-Écosse Daniel Christmas s'est dit lui aussi en désaccord avec le nouveau plan d'Ottawa, affirmant dans un communiqué qu'il était faux de prétendre que la pêche de subsistance était préoccupante pour la ressource.

Il existe actuellement 12 047 permis commerciaux du ministère dans les Maritimes, comparativement à seulement 472 permis détenus par les Premières Nations, a soutenu le sénateur Christmas. Il est difficile de concevoir en quoi une telle situation "David contre Goliath" représente une réelle menace pour la conservation.

En dehors de la pêche commerciale

Les pêcheurs micmacs affirment que la décision de la Cour suprême de 1999 confirme le droit des communautés autochtones de chasser et de pêcher pour s'assurer une subsistance convenable, et en marge de la saison commerciale, sous réglementation fédérale.

Le conseiller juridique de l'Assemblée des chefs, Bruce Wildsmith, a déclaré jeudi aux journalistes que le gouvernement n'avait pas fourni de justification pour inclure cette clause de saison commerciale afin de restreindre les droits issus de traités des Micmacs.

Les communautés micmaques de Sipekne'katik et de Potlotek ont toutes deux intenté des poursuites contre le gouvernement de la Nouvelle-Écosse. Elles soutiennent que les règlements provinciaux existants sur la vente des produits de la mer interfèrent avec leur droit de pêcher issu de traités. Il est actuellement illégal en Nouvelle-Écosse d'acheter des prises non autorisées.

Les deux communautés avaient, comme d'autres, lancé l'automne dernier des pêches autoréglementées au homard, provoquant des tensions avec les pêcheurs commerciaux, qui soutiennent que cette pêche en dehors de la saison de réglementation fédérale nuit au stock de homard existant.

Avec les informations de La Presse canadienne

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