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Une association d’aînés dénonce la priorité de vaccination des jeunes au N.-B.

Le Nouveau-Brunswick compte vacciner les 16-24 ans avant les gens dans la soixantaine.

Une infirmière vaccine un homme.

Le Nouveau-Brunswick compte vacciner les 16-24 ans avant les gens dans la soixantaine.

Photo : Reuters / Christinne Muschi

Radio-Canada

Un groupe de défense des personnes âgées du Nouveau-Brunswick dénonce la décision de la province de planifier la vaccination contre la COVID-19 des personnes âgées de 16 à 24 ans avant celles des personnes âgées de 50 à 69 ans.

Ce n'est pas vraiment qu'on s'oppose à ce que les jeunes soient vaccinés, c'est qu'on voudrait que nos aînés soient vaccinés en priorité, dit Marcel Larocque, président de l'Association francophone des aînés du Nouveau-Brunswick (AFANB).

Le Nouveau-Brunswick vaccine présentement les personnes de 85 ans et plus ne vivant pas en foyer de soins, puis vaccinera les 70 ans et plus avant d’enchaîner, au printemps, avec l’immunisation des élèves et étudiants de 16 à 24 ans.

Soulignant que les 60 ans et plus sont plus vulnérables au coronavirus que les jeunes adultes, le regroupement demande à la province de démontrer du gros bon sens.

Le virus est-il transmis par les personnes vaccinées?

Marcel Larocque en entrevue par webcam.

Marcel Larocque, le président de l’Association des aînés francophones du Nouveau-Brunswick, en entrevue le 4 mars 2021.

Photo : Radio-Canada

M. Larocque redoute que ces jeunes, une fois vaccinés, respectent moins les consignes de santé publique.

[L]es jeunes, une fois vaccinés, pourraient ne plus vouloir porter de masque ni respecter les règles de distanciation physique, ni limiter leurs contacts sociaux. Cela leur donnerait le feu vert pour propager le virus partout, écrivait l’AFANB dans un communiqué incisif, mercredi.

La transmission du coronavirus par les personnes vaccinées est à l’étude. Aucune conclusion définitive n’est encore avancée, mais des signes encourageants apparaissent.

Des études récentes – notamment une portant sur le vaccin d’AstraZeneca-Oxford (Nouvelle fenêtre) et une autre effectuée auprès de 2897 Israéliens vaccinés (Nouvelle fenêtre) contre la COVID-19 – tendent à démontrer que la charge virale d’un individu vacciné est très faible, le rendant peu susceptible de propager le virus par le suite.

Cependant, les vaccins ne sont pas efficaces à 100 %. L’efficacité des vaccins de Moderna et de Pfizer-BioNTech est évaluée à au moins 80 % après une seule des deux doses recommandées. Le Canada ne recommande pas le vaccin d’AstraZeneca-Oxford aux personnes de plus de 65 ans, même si des pays comme la France ont finalement opté pour l'administrer à toutes les tranches de leur population après des réserves initiales.

Des contacts sociaux inévitables

Pour des étudiants, avoir des contacts sociaux, même en pratiquant peu ou pas de loisirs, n’est pas un caprice ou une preuve de négligence, explique Natasha Lévesque, 23 ans, une étudiante en psychologie.

Natasha Lévesque en entrevue par Zoom le 4 mars 2021.

Natasha Lévesque, étudiante au doctorat professionnel en psychologie à l'Université de Moncton.

Photo : Radio-Canada

J'ai présentement deux cours en présentiel où il faut que je me déplace sur le campus à l'Université de Moncton. J'ai un emploi à temps partiel, et je débute un stage au district scolaire au mois d'avril, nous dit-elle dans une entrevue par webcam. Même si on suit les règles sanitaires, je suis quand même un risque assez élevé de transmission.

À mon avis, il y a beaucoup de blâme et de frustration envers les jeunes depuis le début de la pandémie qui sont injustifiés, renchérit Océane Doucet, 20 ans, étudiante à l’Université de Moncton.

La province semble faire le pari que de vacciner des jeunes réduira la transmission aux plus âgés. Cette thèse se défend, selon l’épidémiologiste Nimâ Machouf, si le gouvernement a les données pour la justifier.

Jennifer Russell au micro, entre des drapeaux du Nouveau-Brunswick, le 22 octobre 2020.

La docteure Jennifer Russell, médecin hygiéniste en chef du Nouveau-Brunswick (archives).

Photo : Radio-Canada

Si on veut protéger les plus vieux à ce moment-ci, il faut vacciner cette population des 16-24 ans, a affirmé la docteure Jennifer Russell, médecin hygiéniste en chef du Nouveau-Brunswick, en entrevue jeudi au Téléjournal Acadie.

Dans la population des plus jeunes […] on voit beaucoup de transmission, confirme-t-elle.

Il reste à voir comment les Néo-Brunswickois, tous âges confondus, réagiront une fois vaccinés.

Veux, veux pas, il y en a plusieurs qui vont se dire : si on se fait vacciner, on est safe, on peut se promener, on ne sera pas malade, observe Mathieu Arsenault, 22 ans, un autre étudiant à l’Université de Moncton.

Mais je me dis : c'est pas juste les jeunes qui vont faire ça, c'est tout le monde, dit-il.

Notre dossier : La COVID-19 en Atlantique

D’après le reportage de Jean-Philippe Hughes

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