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Des syndicats dénoncent la baisse d'effectifs au ministère des Forêts

Image aérienne d’une coupe forestière et d’un chemin forestier.

Coupe forestière et d’un chemin forestier en Haute-Mauricie.

Photo : Radio-Canada / Maude Montembeault

Radio-Canada

Deux syndicats qui représentent des travailleurs au sein du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs pointent la baisse d'effectifs au sein de leurs rangs pour expliquer les dérives dénoncées dans le reportage d'Enquête.

Le Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) réagit vivement aux informations de Radio-Canada sur le laxisme du MFPP dans la gestion des redevances forestières. Des témoignages recueillis par l’équipe de l’émission Enquête font état d’un système corrompu qui fait perdre des millions de dollars aux Québécois, alors que les compagnies déclareraient des quantités de bois coupé jusqu'à 25 % inférieures à la réalité.

La présidente du SPGQ, Line Lamarre, parle d’une situation honteuse et scandaleuse qui bafoue les principes d’intégrité et d’impartialité de ses membres qui craignent même des représailles en dénonçant la situation.

Nos professionnels ont à coeur la forêt, ils y travaillent. Ils voient des choses qui se font et qui ne sont pas acceptables. Ils sont parfois obligés de refuser de signer des documents parce qu’ils ne sont pas d’accord avec les orientations et si les gens sortent sur la place publique pour dénoncer ça, vous allez voir une histoire à la Louis Robert se refaire et ça, c’est assurément pas ce qu’on souhaite, a-t-elle déclaré.

Le lanceur d'alerte Louis Robert, un agronome du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ), avait été congédié pour avoir dénoncé l'ingérence du privé dans la recherche sur les pesticides.

Par communiqué, le SPGQ déplorait un manque inquiétant d’effectifs professionnels au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) qui ont fondu de 8 % en sept ans : de 426 en 2013, ils ont régressé à 391 en 2020.

Les techniciens en foresterie aussi

De son côté, le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec, qui représente les techniciens en foresterie au gouvernement, estime que la diminution des spécialistes au ministère est en partie responsable du problème. Les techniciens sont passés de 889 en 2004 à 531 en 2020 selon le syndicat et l’inspection des travaux sylvicole est partiellement confiée en sous-traitance à des entreprises forestières.

Résultat selon le syndicat, les inspecteurs ne vont plus sur le terrain, ne donnent plus de constats d'infraction, ne vérifient pas les données fournies par les entreprises qui versent des redevances en fonction des volumes de bois coupé. Bref, l'industrie peut faire à peu près ce qu'elle veut dans nos forêts, selon le président du syndicat Christian Daigle.

Si on a une volonté de vouloir protéger la forêt au Québec, si on a une volonté de vouloir la gérer correctement, on se doit de faire une surveillance de ces compagnies-là. Au niveau politique, il y a un manque de volonté de vouloir faire des suivis parce que nos inspecteurs constatent des infractions sur le terrain et quand c’est déposé après sur le bureau pour aller plus loin, pour émettre des constats d’infraction, souvent c’est arrêté. On veut se targuer d’être un chef de file en matière d’environnement. La moindre des choses, c’est de savoir ce qui se passe dans nos forêts, ce qui arrive à nos forêts aussi, comment la coupe se fait et avoir le contrôle là-dessus pour bien la gérer pour l’ensemble de la population et l’avenir de nos enfants également, a-t-il commenté.

Le reportage à Enquête sera diffusé jeudi à 21 h.

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