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Un sénateur républicain force une lecture marathon du plan de relance de Biden

Vue éloignée de sénateurs à leur bureau.

Une très longue lecture attend les sénateurs.

Photo : Télévision du Sénat via Reuters

Le plan d'aide d'urgence de 1900 milliards de dollars américains du président Joe Biden a franchi une nouvelle étape au Sénat, jeudi, mais le camp républicain entend multiplier les manœuvres pour retarder son adoption.

Selon des lignes partisanes, le Sénat a voté à 51 voix contre 50, avec la voix prépondérante de la vice-présidente Kamala Harris, pour autoriser les débats sur l'ambitieux projet de soutien à l'économie américaine, durement frappée par la pandémie de COVID-19.

En signe de protestation, le sénateur du Wisconsin Ron Johnson, un républicain, a cependant aussitôt mis à exécution sa menace de forcer au préalable la lecture à voix haute du document de 628 pages.

Les élus renoncent habituellement à la lecture intégrale des projets de loi.

Selon des employés du Sénat, la lecture, qui s'est amorcée vers 15 h 20, heure normale de l'Est, pourrait prendre à elle seule entre huit et 10 heures au minimum.

Le leader de la majorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a critiqué cette procédure dilatoire.

Nous savons tous que cela ne fera que retarder l'inévitable. Tout ce que cela apportera, c'est quelques maux de gorge au greffier du Sénat.

Une citation de :Chuck Schumer, leader de la majorité démocrate au Sénat

Peu importe le temps que cela prendra, le Sénat restera en session pour terminer le projet de loi cette semaine, a-t-il averti. Il est temps de dire au peuple américain que l'aide est en route.

C'est une bonne chose que nous ayons le temps de faire cela quand il y a une urgence nationale, a pour sa part ironisé le sénateur indépendant Bernie Sanders.

Alors que s'amorçait la lecture, l'enceinte du Sénat s'est vidée rapidement, a rapporté le Washington Post. CNN a pour sa part précisé qu'un seul élu était jusqu'ici resté dans la chambre depuis le début : Ron Johnson.

D'après NBC News, deux greffiers se relaieront pour lire les centaines de pages.

Kamala Harris, portant un masque, marche dans les couloirs du Congrès en se dirigeant vers le Sénat.

La vice-présidente Kamala Harris, à son arrivée pour briser l'égalité lors du vote procédural autorisant les débats sur le plan de relance économique.

Photo : Associated Press / J. Scott Applewhite

Prochaine étape : le « vote-a-rama »

Mais cette mesure ne sera pas la seule à retarder les débats. Il y aura ensuite un processus d'amendement surnommé vote-a-rama, et des amendements devraient être présentés par les deux camps.

Les républicains ont annoncé qu'ils entendaient en déposer plusieurs. Le sénateur Johnson a même spécifié qu'il en présenterait le plus grand nombre possible. La durée prévue des débats est de 20 heures, selon CNN.

Les mesures mises de l'avant sont mal ciblées et trop coûteuses aux yeux des républicains, qui accusent aussi les démocrates d'inclure des dispositions qui n'ont rien à voir avec la crise de la COVID-19.

Appeler cela un projet de loi sur le coronavirus, c'est comme dire qu'Harvey Weinstein est féministe, a raillé le sénateur John Kennedy, faisant référence à l'ex-producteur de cinéma reconnu coupable de viol et d'agression sexuelle.

Mais l'objectif de certains républicains est plutôt de déposer des amendements de nature à rallier des démocrates. Selon le Washington Post, Mitt Romney a par exemple indiqué qu'il entendait proposer de limiter le financement alloué aux États et aux collectivités locales à ceux ayant réellement subi des pertes de revenus.

Le sénateur de l'Utah faisait partie d'un groupe de 10 républicains qui avaient présenté à Joe Biden une contre-proposition, trois fois plus modeste que le plan du président. Le démocrate, qui a fait de la lutte contre la pandémie un élément central de son programme électoral, est toutefois resté ferme.

Les républicains ont critiqué le président américain, qui s'est souvent posé en rassembleur et a appelé à la bipartisanerie.

Les sondages montrent toutefois la popularité de son plan, y compris chez les électeurs républicains. Un sondage récent de Morning Consult indique par exemple que 76 % des Américains y sont favorables à divers degrés. La proportion est de 60 % chez les républicains.

Le leader de la minorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, a néanmoins dit avoir bon espoir de voir le camp républicain rejeter le plan à l'unanimité.

Si les démocrates restent unis, un scénario probable, l'adoption du projet de loi devrait se faire ce week-end. Il s'agirait du troisième plan d'aide d'envergure adopté depuis l'an dernier.

Le projet a déjà franchi l'étape de la Chambre des représentants dans sa version initiale samedi dernier, sans l'appui d'un seul républicain.

Une fois adoptée, la version du projet de loi du Sénat devra être renvoyée à la Chambre pour une approbation finale avant d'atterrir sur le bureau de Joe Biden pour sa promulgation. La présidente de la Chambre, Nancy Pelosi, a déjà assuré que la Chambre donnerait son aval, même si l'aile progressiste de la formation est insatisfaite des changements apportés.

Les démocrates veulent procéder rapidement, car le versement d'allocations d'assurance emploi, qui avait été prolongé dans un précédent plan d'aide, cessera le 14 mars.

Des concessions aux démocrates modérés

Joe Biden, à la Maison-Blanche, brandissant le document sur sa stratégie de lutte contre la COVID-19, avec Kamala Harris en arrière de lui

Le président Joe Biden a présenté les idées directrices de son plan sur la COVID-19.

Photo : Reuters / JONATHAN ERNST

Au cours des derniers jours, le président Biden a fait des concessions aux sénateurs démocrates centristes, restreignant les critères d'admissibilité aux chèques d'aide d'urgence.

Le plafond pour les allocations intégrales de 1400 $ US a été maintenu à 75 000 $ US pour les individus et à 150 000 $ US pour les couples, mais celui pour les allocations partielles a respectivement été abaissé à 80 000 $ US et à 160 000 $ US pour les couples.

L'experte parlementaire du Sénat, gardienne des procédures de l'institution, avait en outre jugé que la hausse du salaire minimum à 15 $ US d'ici 2025, initialement incluse dans le plan de Joe Biden, ne pouvait pas y figurer. Les deux démocrates considérés comme les plus au centre, Joe Manchin et Kyrsten Synema, s'opposaient à cette disposition.

Le plan Biden prévoit entre autres une aide de 350 milliards de dollars aux États et aux gouvernements locaux pour faire face à la crise, plusieurs dizaines de milliards pour la vaccination et le dépistage, mais aussi 130 milliards pour aider à la réouverture des écoles.

Il prolongerait en outre jusqu'en septembre les prestations de chômage de 400 $ US par semaine.

Avec les informations de Washington Post

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