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L’ordre de priorité pour la vaccination contre la COVID-19 est-il le même partout?

Une infirmière vaccine un homme.

Un homme est vacciné contre la COVID-19 par une infirmière le 1er mars 2021, au stade olympique de Montréal.

Photo : Reuters / Christinne Muschi

Radio-Canada

À terme, presque toute la population mondiale devrait être vaccinée. Mais puisqu’actuellement il n’y a pas assez de vaccins pour tout le monde, les gouvernements doivent choisir quels groupes prioriser.

Que recommande l’OMS?

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a fourni des lignes directrices claires : la priorité devrait aller aux travailleurs de la santé à haut risque d’exposition et aux personnes âgées. Au fur et à mesure qu’un plus grand nombre de doses devient disponible, il faut prioriser les personnes touchées de manière disproportionnée par la COVID-19 ou qui sont l'objet d'inégalités en matière de santé.

Ces recommandations globales doivent être adaptées au contexte, souligne l’OMS, notamment selon la prévalence du virus, la réalité locale des structures d'âge et autres facteurs de risque, ainsi que la faisabilité opérationnelle.

La grande majorité des pays ont choisi de suivre ces recommandations.

C’est logique, soutient Maryse Guay, professeure au Département des sciences de la santé communautaire à l’Université de Sherbrooke, dans la mesure où ce sont les mêmes objectifs qui sont visés, c'est-à-dire de préserver l'intégrité du système de santé.

Partout, le système de santé est mis à mal à cause des décès et des hospitalisations, notamment aux soins intensifs. Donc, les priorités des pays se ressemblent.

Une citation de :Maryse Guay, professeure au Département des sciences de la santé communautaire à l’Université de Sherbrooke

Une stratégie en trois volets

Au Canada, le Comité consultatif national de l'immunisation (CCNI), composé d’experts dans le domaine de la pédiatrie, des maladies infectieuses et de l’immunologie, entre autres, a élaboré des recommandations préliminaires pour une attribution efficiente, utile et équitable des vaccins.

Chaque province et territoire est libre de les suivre ou pas.

Selon ces recommandations, les populations à immuniser en priorité incluent celles :

  • qui sont à risque de développer une forme grave de la COVID-19 ou d’en mourir;
  • qui sont les plus susceptibles de transmettre la COVID-19 à des personnes fortement à risque de développer une forme grave de la COVID-19 ou d’en mourir;
  • qui occupent un emploi essentiel au maintien de la réponse à la COVID-19;
  • qui contribuent au maintien des autres services essentiels au fonctionnement de la société;
  • dont les conditions de vie ou de travail les exposent à un risque élevé d’infection ou chez qui l’infection aurait des conséquences disproportionnées, y compris les communautés autochtones.
Deux femmes portant un couvre-visage se regardent; l'une d'elles, portant une visière, tient une seringue.

Marie-Paule Jobin, 87 ans, en compagnie de l'infirmière qui lui injectera une première dose de vaccin au centre de vaccination à Laval.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La plupart des provinces respectent ces priorités, à quelques exceptions près. Le Nouveau-Brunswick a ainsi décidé de donner la priorité aux pharmaciens et aux travailleurs des infrastructures essentielles, comme l'électricité, l’eau ou les égouts.

Les plus vulnérables en premier

Les États-Unis, la France et le Royaume-Uni, entre autres, fonctionnent à peu près de la même manière.

Selon une recension menée par le magazine américain POLITICO auprès de 40 pays, les plans nationaux priorisent les travailleurs de la santé et les populations les plus âgées.

C’est que l’âge est considéré comme le facteur de risque le plus important, souligne Mme Guay.

Une personne de 80 ans a un risque épidémiologique plus élevé qu’une personne de 60 ans souffrant d’une maladie chronique, illustre-t-elle.

C’est pourquoi un pays sort du lot : l’Indonésie, où on a choisi de privilégier les jeunes, considérés comme les principaux vecteurs de transmission.

Un homme en uniforme est vacciné par une femme voilée.

Un soldat reçoit une dose du vaccin Sinovac à Banda Aceh, en Indonésie, le 4 mars 2021.

Photo : Getty Images / CHAIDEER MAHYUDDIN

Les autorités indonésiennes disent ne pas avoir assez de données sur l’efficacité du vaccin Sinovac Biotech, qu’elles comptent utiliser, pour les personnes de plus de 60 ans, rapporte Reuters. Conjuguée au fait que les jeunes travailleurs sont plus actifs et se déplacent plus, cette façon de faire pourrait permettre de réduire la transmission communautaire, soulignent les experts.

Chez nous aussi, le Nouveau-Brunswick a décidé de donner une plus grande priorité à une tranche d’âge qui ne fait pas partie des groupes à risque : les élèves et les étudiants de 16 à 24 ans, qui seront vaccinés après le groupe des 70 ans et plus et avant le reste de la population.

En vaccinant les jeunes, qui sont considérés comme de grands transmetteurs, on espère réduire la transmission.

En Colombie-Britannique, des chercheurs affirment que la priorité devrait aller aux travailleurs en contact avec le public.

Selon un modèle mathématique développé par des chercheurs des universités de Guelph et de Waterloo et basé sur la population ontarienne, vacciner prioritairement les personnes âgées permettrait de diminuer le nombre d’hospitalisations et de décès, tandis que vacciner les principaux responsables de la transmission communautaire en premier permettrait d’interrompre cette transmission.

C’est aux autorités de choisir entre l’approche de vacciner les plus vulnérables ou celle de prioriser les principaux vecteurs de transmission.

Plusieurs groupes réclament également que l'on donne la priorité aux personnes qui doivent se déplacer régulièrement pour leur travail (comme les camionneurs) et aux travailleurs responsables de la sécurité alimentaire (grandes usines, abattoirs, etc.).

Les différents gouvernements choisissent parfois aussi de mettre l’accent sur une région plus touchée que les autres. C’est le cas au Québec, où la région de Montréal a reçu un plus grand nombre de doses.

Si certains, en région, s’estiment lésés, ils doivent comprendre que c’est pour le bien collectif, croit Mme Guay. Il faut garder en tête qu’on est dans une course contre la montre quant aux variants, explique-t-elle, et qu’il faut donc éviter le plus possible les infections, quitte à prioriser une région ou un groupe par rapport à d'autres.

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