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Pas d’argent du Fonds des pêches pour le parc d’hivernage de Grande-Rivière

Deux bateaux hivernisés à Carleton-sur-Mer

Deux navires sur des remorques près de la banquise (archives).

Photo : Jean-Pierre Perouma

La ministre du Revenu et députée de Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, Diane Lebouthillier, estime que le projet à Grande-Rivière n’est pas assez innovant pour se qualifier au Fonds des pêches.

Cet avis n’est toutefois pas celui du ministre québécois de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ), André Lamontagne, ni du maire de Grande-Rivière, Gino Cyr.

L’aménagement d’une aire d’hivernage pour les bateaux avec services, caméras de surveillance, électricité, clôtures, pour des bateaux de moins de 15 mètres est évalué à deux millions de dollars. Le projet inclut l’achat d’un chariot élévateur ou grue-portique d’une capacité de levage de 60 tonnes ainsi que la construction d’une rampe pour les bateaux.

Le dossier a été déposé au Fonds des pêches en décembre dernier.

Selon la ministre Lebouthillier, les promoteurs devraient passer par un autre programme. En ce qui concerne le projet de Grande-Rivière, on a toujours des discussions en cours. Il y a des interventions qui se font auprès de la ministre des Pêches pour des investissements majeurs dans les ports pour petits bateaux, indique-t-elle.

Un bateau de pêche au homard, le Jean Olivier, remisé, hors de l'eau, pour l'hiver.

Les pêcheurs réclament des installations plus sécuritaires et plus modernes (archives).

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

Le maire de Grande-Rivière, Gino Cyr, s’interroge sur la position de la ministre. D’autant plus que le programme des ports pour petits bateaux n’est pas destiné au financement de parcs d’hivernage. Les administrations portuaires reçoivent du financement pour gérer les infrastructures directement sur les quais fédéraux, dit-il. Ce n’est pas la situation du parc d’hivernage de Grande-Rivière qui est situé sur un terrain qui appartient au gouvernement du Québec.

Je ne comprends pas pourquoi on est portés à aller vers un autre programme.

Une citation de :Gino Cyr, maire de Grande-Rivière

L’incompréhension du maire est d’autant plus grande que la situation est urgente.

Les équipements en place, trop désuets et qui ont été à l’origine de deux accidents, ne pourront pas être utilisés à l’automne. Dans sept mois d’ici, les bateaux vont être à l’eau. Présentement, ils vont rester à l’eau et ce ne sera pas le temps au mois d’août de se virer de bord. Ce n’est pas sûr qu’ils pourront hiverner cet hiver à Grande-Rivière , explique Gino Cyr.

Grande-Rivière a besoin d’une réponse rapidement pour préparer les plans et devis ainsi que pour obtenir toutes les autorisations ministérielles.

Avec son budget de 42,8 millions de dollars, le Fonds des pêches pourrait être une solution.

Appui de Québec

C’est aussi ce que croit le ministre André Lamontagne. Québec, qui finance le tiers du programme, a déjà fait savoir au fédéral qu’il était prêt à payer sa part. Ultimement, indique le ministre des Pêcheries, c’est une infrastructure qui vient en soutien à toutes les initiatives qu’on met de l’avant dans le Fonds des pêches. La question d’urgence, la question de mettre en place les moyens d’améliorer l’infrastructure c’est certainement quelque chose qui doit être tenu en compte.

Diane Lebouthillier est debout à la Chambre des communes à Ottawa.

La députée de Gaspésie-Les Îles-de-la-Madeleine, Diane Lebouthillier, estime que le projet ne répond pas aux critères du Fonds.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

La ministre Lebouthillier rappelle que les critères du programme ne permettent pas de financer une infrastructure comme le parc d’hivernage. Il y a eu, dit-elle, des discussions qui se sont faites au départ entre le fédéral et le provincial pour établir des critères au niveau de la recherche, du développement, de la protection des océans, d’avoir les meilleures pratiques possibles avec les associations, avoir les meilleures pratiques possibles pour protéger l’environnement.

Plan rapproché de M. Lamontagne.

André Lamontagne se montre ouvert à utiliser le Fonds des pêches.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le ministre Lamontagne se dit prêt à réexaminer ces critères ou encore à trouver une façon de les interpréter. On encourage nos entreprises à se développer, on encourage nos pêcheurs à avoir de grands bateaux, de meilleurs bateaux. À un moment donné, ça prend une infrastructure pour supporter tout ça, argumente-t-il.

Innovation et soutien

Tout le monde peut avoir sa propre définition du terme innovation, ajoute Gino Cyr. On veut avoir une pêche avec une orientation de développement durable, oui, mais si les bateaux sont plus gros, plus performants, il faut avoir les infrastructures pour une mise à l’eau sécuritaire. Pour avoir des engins de pêche performants, cela prend un environnement innovant.

Le maire de Grande-Rivière, Gino Cyr, debout dehors dans le parc d'hivernage des bateaux de Grande-Rivière.

Le maire a besoin d'une réponse rapidement et estime qu'attendre les nouveaux budgets d'un programme qui ne sera peut-être pas adapté aux besoins génèrent beaucoup d'incertitudes.

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

Le maire observe que depuis deux ans, le Fonds des pêches a investi seulement 5 millions sur les 42,8 millions promis, soit seulement 12 % en deux ans. Si le programme était tellement adapté aux besoins de l’industrie, souligne M. Cyr, on devrait être rendu à 30 %.

Il craint qu’à la fin du programme, en 2024, plusieurs millions de dollars soient encore dans les coffres gouvernementaux. Ce serait au détriment de l’ensemble de l’industrie et ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de besoin , poursuit Gino Cyr.

Le maire a donc écrit cette semaine au Cabinet de Mme Lebouthillier pour lui faire part de ses réflexions et s’assurer que la députée et ministre considèrent tous les éléments en cause. Avant de dire non au Fonds des pêches, peut-être laisser l’administratif terminer leur analyse et de tenir compte que le ministre Lamontagne a fortement suggéré d'utiliser le programme en place à cause de la grosseur des bateaux.

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