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Percé interdit la conversion de résidences en hébergement touristique

Percé, le rocher Percé et l'île Bonaventure vus du haut d'une montagne en hiver.

La municipalité de Percé en hiver (archives).

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Après avoir adopté une réglementation visant une première portion de son territoire il y a deux ans, voilà que Percé interdit complètement la conversion de résidences unifamiliales en lieux d'hébergement touristique.

En mai 2019, le conseil municipal a interdit aux citoyens établis entre la rivière de l’Anse-à-Beaufils et Canne-de-Roches d’obtenir un permis pour opérer une résidence de tourisme dans leur maison.

Le 1er mars dernier, en séance ordinaire, les élus ont modifié ce règlement municipal afin d’élargir sa portée au Grand Percé. La mairesse, Cathy Poirier, explique qu’une récente transaction immobilière effectuée dans un secteur résidentiel de Cap-d’Espoir a ramené la question à l’ordre du jour.

Cette maison, située sur la route 132 à deux pas de l’école primaire, a été acquise à des fins de location à court terme. Son coût de location mensuel en basse saison touristique est actuellement fixé à 1800 $. On veut stopper l’hémorragie, résume Mme Poirier.

La mairesse Poirier fait valoir que le nouveau règlement vise surtout à éviter la spéculation et à freiner les promoteurs motivés par l’appât du gain, et ce, à un moment où une importante pénurie de logements sévit. Il en va de la vitalité de Percé, ajoute-t-elle.

Ce que l’on veut voir, ce sont des lumières allumées dans les maisons en hiver.

Une citation de :Cathy Poirier, mairesse de Percé
Cathy Poirier, debout devant un micro.

La mairesse de Percé, Cathy Poirier, dit être fréquemment interpellée quant au problème de la pénurie de logements.

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

Mme Poirier est d'avis que les quelque 3100 citoyens de Percé accueilleront majoritairement de façon favorable la nouvelle en raison du manque criant d’hébergement proposé à long terme. Celle-ci ne croit pas que l’offre touristique estivale en souffrira.

On reçoit plus de 500 000 visiteurs à Percé. Qu’il y ait une, deux ou trois maisons de plus en location hebdomadaire, je ne pense pas que ça change la donne sur la clientèle et l’achalandage, commente-t-elle. Inversement, elle croit que l’établissement du même nombre de familles dans la municipalité serait beaucoup plus significatif.

Contacté par Radio-Canada, Tourisme Gaspésie n’a pas souhaité commenter la question.

Où loger les nouveaux arrivants?

Il s’avère problématique pour plusieurs personnes résidant déjà sur place de trouver un logis à louer qui ne devra pas être libéré, l’été venu, pour laisser place aux touristes. Les nouveaux arrivants vivent aussi des embûches majeures.

Stéphanie Roy travaille comme agente de l'organisme Place aux jeunes dans Rocher-Percé. Elle accompagne les 18 à 35 ans diplômés désirant migrer dans la MRC depuis bientôt huit ans. Or, leur trouver un appartement ou une maison à louer est devenu un véritable casse-tête.

Stéphanie Roy.

Stéphanie Roy est agente Place aux jeunes dans la MRC du Rocher-Percé. Elle est également une résidente de Percé.

Photo : Stéphanie Roy

Dix de ses dossiers d’établissement dans la MRC ont avorté en raison d’un manque de logement, et ce, pour l'année 2020 seulement. Les employeurs sont super contents. Ils ont hâte que leurs nouveaux employés qualifiés arrivent, mais à quelques jours ou quelques semaines du déménagement, ils finissent par dire qu’ils vont devoir laisser tomber, déplore Mme Roy.

Les demandes d’accompagnement auprès de l’organisme sont croissantes sur le territoire, comme partout ailleurs en Gaspésie. Stéphanie Roy a d’ailleurs ouvert 20 nouveaux dossiers au cours des deux dernières semaines. Tous ces demandeurs souhaitent obtenir de l’aide pour se loger. On n’a plus rien à leur partager, sauf le bottin interactif de la MRC qui ne contient pas beaucoup d'options intéressantes dans le moment, mentionne-t-elle.

La MRC du Rocher-Percé a en effet lancé, il y a un mois, une banque de logements directement sur son site Web afin de faciliter les contacts entre chercheurs et propriétaires. Un seul appartement situé à Percé y était affiché au moment d’écrire ces lignes.

On a des jeunes professionnels qui sont revenus en région qui veulent démarrer leur carrière et fonder une famille, mais ils sont pris dans le sous-sol de leurs parents parce qu’ils ne sont pas capables de se trouver un logement.

Une citation de :Stéphanie Roy, agente Place aux jeunes dans Rocher-Percé

Si l'agente applaudit la décision de Percé et espère que d’autres municipalités emboîteront le pas, elle est également d’avis que de nouvelles unités locatives devront être créées à plus long terme.

Airbnb ensuite dans la mire

Percé, la première municipalité gaspésienne à ainsi proscrire la conversion de résidences unifamiliales en lieux d’hébergement touristique, compte désormais s’attaquer au dossier de la location de type Airbnb. La Ville attend un avis juridique sur la question avant de réagir au phénomène. Il faut qu’on stoppe ça aussi, clame la mairesse Poirier.

Pour elle, une certaine iniquité subsiste actuellement entre les locateurs utilisant ce genre de plateforme pour tirer des profits et les aubergistes. Je trouve ça complètement inacceptable que quelqu’un paie des taxes commerciales en fonction de son commerce et que son voisin loue des chambres à l’intérieur de sa maison sans que ce soit déclaré, défend-elle.

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