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Le congé de maternité en pandémie raconté par quatre femmes d’Abitibi-Témiscamingue

Quatre femmes d’Abitibi-Témiscamingue nous partageaient l’an dernier leurs inquiétudes entourant l’arrivée d’un nouveau-né pendant la pandémie. Près d’un an plus tard, elles font le point sur cette année de bouleversements.

Un couple et leur fils de neuf mois.

Rémi et Amélie ont accueilli Eliot en juin 2020.

Photo : gracieuseté

Amélie Barbe, Julie Dugré, Kathy Tremblay et Marie-Pier Dupuis étaient enceintes en mars 2020 quand la pandémie de coronavirus a bouleversé les habitudes.

Elles se préparaient à accueillir leur bébé dans un environnement qui les inquiétait. Elles se questionnent maintenant sur la socialisation de leur enfant et se préparent à retourner travailler.

L’humain est très bien fait, on s’adapte à beaucoup de choses. Quand on s’est parlé l’année dernière, c’est sûr qu’on était dans un niveau de stress et d'inquiétude assez élevé et finalement, on a réalisé qu’il y a plein de choses qui se faisaient malgré la pandémie, remarque Amélie Barbe.

Malgré les questionnements, elle affirme que l’accouchement s’est bien déroulé. Principalement, le deuil qu’on a eu à faire, c’est le fait qu’on n’a pas pu avoir d’accompagnante à la naissance, dit-elle.

Si la famille a été plus isolée pendant la grossesse, les proches se sont relayés pour les accompagner après la naissance d’Eliot au mois de juin.

De notre côté, le post-partum a été assez intense. On n’a pas eu le choix de demander de l’aide après l’accouchement, confie-t-elle.

Une mère souriante tient son bébé dans ses bras.

Kathy Tremblay et sa fille Alice, qui a neuf mois aujourd'hui.

Photo : gracieuseté

Lorsqu’elle a su qu’elle était enceinte, Kathy Tremblay ne s’attendait pas à vivre un congé maternité comme celui-ci.

J’avais deux autres amies qui étaient enceintes en même temps, je pensais qu’on allait pouvoir se voir pas mal plus souvent que ce qu’on a fait. C’est sûr que c’est bien l'fun d'aller faire des marches, mais à un moment donné tu es entre quatre murs à la maison, décrit la maman d’Alice.

Présenter le nouveau-né aux proches

Julie Dugré a donné naissance à son troisième enfant en avril. À ce moment, les mesures sanitaires et les consignes pour éviter la propagation du coronavirus se multipliaient.

Ses deux adolescentes se sont isolées de façon préventive pendant quelques jours pour pouvoir rencontrer la petite Ophélie.

Ça a été difficile pour moi d’attendre tout ce temps-là avant de rassembler ma famille, parce que j’avais une jeune fille en appartement et l’autre aux études à l’Université à Montréal, raconte Julie Dugré.

Kathy Tremblay et sa famille au Lac-Saint-Jean ont aussi dû faire preuve de patience. C’est sûr qu’au départ on l’a présentée par FaceTime. Elle est née le 3 juin et on était encore pas mal confinés, dit-elle.

Quand il a été possible de se rassembler en petit groupe à nouveau, ses parents et sa sœur se sont isolés avant de faire la route. C’était important pour nous, soutient-elle.

Marie-Pier Dupuis avec sa fille Agathe sur son dos et son fils Jérôme devant elle.

La petite Agathe a eu peu de contacts avec d'autres enfants, sauf avec son grand frère Jérôme, témoigne Marie-Pier Dupuis.

Photo : gracieuseté

La période estivale a aussi été bénéfique chez Marie-Pier Dupuis. Les sorties à l’extérieur étaient plus faciles à organiser grâce au beau temps et aux rassemblements permis.

On a pu déconfiner un petit peu. On a eu la chance de pouvoir la présenter à ses grands-parents et ses arrière-grands-parents aussi qui n’avaient pas pu la voir plus tôt, souligne Marie-Pier Dupuis.

Même si les parents ont pu passer de très beaux moments avec leur nouveau-né, ils auraient préféré voir un peu plus d’adultes et d’enfants au cours de la dernière année.

Je pense que pour Eliot, le confinement et la pandémie, ça ne change absolument rien dans sa vie, affirme Amélie Barbe. Il est très bien dans sa petite bulle familiale. C’est rendu dans les familles plus élargies. Mes oncles, tantes, cousins et cousines n’ont pas encore rencontré mon fils. Il va avoir neuf mois. Ça, c’est le côté pour nous qui est plus difficile.

Trouver une place en garderie

De retour au travail, Marie-Pier Dupuis affirme que la pandémie aura au moins apporté une plus grande flexibilité à la conciliation travail-famille.

Elle appréhende toutefois l’intégration à la garderie pour Agathe, qui aura une place au même endroit que son frère au mois de septembre.

Elle a eu quelques contacts, mais seulement avec mes parents et grands-parents, sa tante et son oncle, mais pas beaucoup avec d’autres enfants, contrairement à mon fils, où pendant mon congé maternité, on faisait des activités avec d’autres enfants, remarque-t-elle.

Amélie Barbe partage ces inquiétudes. C’est sûr qu’on commence à y penser beaucoup. Le fait qu’Eliot voit très peu de gens, la socialisation moi ça m’inquiète beaucoup, dit-elle.

Celle qui terminera bientôt son congé de maternité déplore le manque de places en garderie. En attendant de trouver une place pour Eliot, le couple participe aux activités de la Maison de la Famille de Val-d’Or pour lui permettre de croiser d’autres enfants.

Une femme, un homme, un bébé et deux adolescentes.

La famille de Julie Dugré réunie

Photo : gracieuseté

Les recherches se poursuivent aussi du côté de Julie Dugré, qui pourra retourner travailler à temps partiel.

La garderie était pour moi un très grand stress, parce que de la laisser d’abord dans les bras d’étrangers avec une intégration plus difficile à faire en douceur, parce qu’on ne peut pas entrer dans le milieu de garde. Mais, malheur, bonheur, il n’y a pas de place en garderie pour Ophélie à Rouyn-Noranda, estime-t-elle.

Elle considère que la dernière année lui aura permis d’accueillir Ophélie avec son conjoint dans un environnement plus intime.

C’était un peu dur pour les grands-parents, mais en même temps, on a vraiment pu apprendre à connaître notre bébé comme il faut, dit-elle.

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