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Analyse

Peut-on planifier un « été déconfiné »?

Vue aérienne d'une foule sur la place des Festivals, par un soir d'été.

L’été ne rimera pas avec festivals et grands rassemblements cette année, à Montréal, comme il le fait habituellement.

Photo : Festival international de jazz de Montréal

Avec la vaccination qui s’accélère, les espoirs de reprise des activités économiques grandissent. Selon le PDG de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, les entrepreneurs doivent travailler sur le scénario d’un « été déconfiné ».

Après le président Biden, qui prévoit que les adultes pourront être vaccinés aux États-Unis d’ici la fin mai, voilà que le premier ministre Trudeau affirme que les objectifs pourraient aussi être devancés au Canada. Depuis des mois, il affirme que tous les Canadiens qui voudront être vaccinés pourront l’être avant la fin septembre. Mercredi, il indiquait qu’il serait peut-être envisageable de devancer cette cible.

Les milieux d’affaires tapent du pied et envoient des messages de plus en plus pressants au gouvernement Legault. Moi, j’encourage tout le monde à planifier un été qui va, éventuellement, être déconfiné, a déclaré Michel Leblanc à Zone économie mercredi soir.

Là où la campagne de vaccination est en avance sur nous, dit-il, le déconfinement a lieu, la réouverture a lieu et l’activité économique, disons plus normale, reprend. C’est très encourageant pour l’été prochain. La question, c’est de savoir si la saison touristique canadienne ou québécoise pourra reprendre dès juillet ou si ce sera plutôt en août.

Des festivals, des spectacles, beaucoup de monde?

Est-il possible de prévoir des festivals à Montréal cet été? C’est une excellente question. Je pense qu’on va vouloir se rencontrer, qu’il va y avoir des activités extérieures, qu’on va trouver des solutions pour faire en sorte qu’en juillet on puisse fêter, en août sûrement. Et, moi, j’ai l’impression qu’on va vivre un été qui va se prolonger jusqu’en septembre. Je nous prévois qu’en septembre, on aura des activités de groupe à l’extérieur.

Cette vision des choses peut paraître optimiste. Mais dans la mesure où les vaccins arrivent plus rapidement que prévu, il est possible d’imaginer que les personnes les plus vulnérables seront vaccinées d’ici l’été.

Dans les circonstances, le gouvernement Legault devrait-il donner plus de prévisibilité à la population et aux milieux d’affaires? Au Royaume-Uni, le premier ministre Boris Johnson a établi un calendrier de reprise des activités qui mène à une relance quasi complète, sans restrictions, le 21 juin.

Le Royaume-Uni a été frappé par l’apparition de variants, mais est parvenu à stopper la flambée de COVID-19, passant d’une moyenne de 326 cas par million d’habitants par jour au 4e trimestre 2020 à une moyenne quotidienne, sur 7 jours, de 106 cas actuellement. Ajoutons que près de 31 % des Britanniques ont obtenu au moins une dose de vaccin contre la COVID-19 alors qu’au Canada et au Québec, ce taux avoisine 4-5 %.

Un calendrier et de la prévisibilité? 

N’empêche, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain est d’avis qu’un calendrier de retour à la normale devrait être dévoilé au Québec également afin de donner davantage de prévisibilité aux milieux d’affaires. 

On le demande, dit Michel Leblanc. Et on s’attend à ce que dans 2-3 semaines, les gouvernements vont le faire. Il fallait voir les volumes de vaccins arriver, il fallait voir si le dispositif de vaccination pouvait se mettre en place. [...] Le milieu des affaires s’attend à ce que les gouvernements précisent les conditions de réouverture, incluant la réouverture des frontières. Peut-être que le vrai débat qui s’en vient dans les trois prochaines semaines, c’est la fameuse question de la certification de vaccination.

Nous arrivons bientôt au premier anniversaire des fermetures d’activités économiques au Québec. Depuis un an, des milliers de commerces ont dû fermer leurs portes. Dans plusieurs cas, c’est près de huit mois de fermeture au cours des 12 derniers mois.

Alors qu’on voit la lumière au bout du tunnel pour reprendre une expression très très usée, n’est-il pas venu le temps de présenter un plan de reprise afin que les entrepreneurs puissent prévoir une relance graduelle de leurs activités?

François Legault affirme qu’on aura un boom économique d’ici la fin de l’année. Il a raison, les économistes l’affirment et le prévoient depuis plusieurs semaines déjà. Mais, pour alimenter cette reprise, le premier ministre doit donner des indications aux gens d’affaires.

Vous le savez, le Québec est l’un des endroits qui a le plus fermé son économie en réponse à la COVID-19. Et bien des entrepreneurs ont eu du mal à comprendre les choix politiques qui ont été faits, notamment la fermeture des restaurants le 1er octobre dernier, alors que la santé publique n’en faisant pas la recommandation.

Ces entrepreneurs ont aussi critiqué le processus de soutiens financiers du gouvernement du Québec, finalement assez lourd à gérer. N’est-il pas venu le temps de dresser une feuille de route claire, prévisible, dans la mesure de ce qu'il est possible d’annoncer?

On va avoir une année de travail à faire pour rétablir une forme de normalité, d’achalandage, de retour des travailleurs, a dit Michel Leblanc à Zone économie. Le tourisme, les lignes aériennes, le secteur aéronautique, les restaurants, la gastronomie, il y a quelques secteurs où il faudra être très attentif.

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