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Un an après le début de la pandémie, les jeunes font le bilan de 2020

Un homme se tient le nez en signe d'épuisement devant son ordinateur portable posé sur une table.

Depuis jeudi, le Conseil jeunesse provincial et Pluri-elles offrent des ateliers sur le bien-être et la santé mentale pour les 14-35 ans.

Photo : iStock

Alexia Bille

Deux jeunes Manitobains offrent leur bilan de la dernière année, à quelques jours de la date anniversaire de l'apparition de la pandémie déterminée par l’Organisation mondiale de la santé. Une année difficile pour la santé mentale de 49 % des Manitobains, selon un récent sondage Ipsos commandé par Radio-Canada.

Étudiant de l’Université de Saint-Boniface (USB), Jean-Pierre Normandeau, 19 ans, se souvient exactement de l'endroit où il était quand le premier confinement a été annoncé dans la province. C’était un vendredi, l’USB nous a tout de suite dit que les cours se donneraient désormais en ligne. Tout s’est passé très vite, a-t-il déclaré dans une table ronde de l’émission L’Actuel.

Pour sa part, Josée Roy, 26 ans, agente de projet au Conseil jeunesse provincial (CJP), se le rappelle également. La veille, je revenais d’un congrès à Ottawa et, d’un coup, le monde s’est fermé autour de moi, a-t-elle raconté.

Josée Roy a dû annuler des événements prévus des mois auparavant par le CJP. C’était un moment très triste. Une fois en confinement, elle a dû trouver une façon d'occuper son temps.

Je me suis mise à cuisiner beaucoup plus et à faire du tricot, a-t-elle expliqué. Je ne pouvais pas rester assise devant la télé, il me fallait des défis.

Selon la psychologue manitobaine Brigitte Sabourin, l'arrivée du premier confinement inattendu a été vécue comme un choc par beaucoup. On ne savait pas à quoi s’attendre, mais la phase de choc n’a pas duré longtemps. On a vite créé un nouveau normal.

Pour Jean-Pierre Normandeau, la musique a été une grande distraction. Ça a été un véritable exutoire, ça m’a aidé à rester occupé, a-t-il confié.

Mais, selon la psychologue, la solitude a été l’une des plus grandes difficultés à affronter durant cette période de pandémie. Nous sommes des êtres sociaux, ça fait partie de notre ADN, a-t-elle expliqué.

Beaucoup de jeunes ont trouvé refuge sur les réseaux sociaux, pour retrouver une forme de contact humain.

Jean-Pierre Normandeau a pu profiter de sa famille, chez qui il réside. On est cinq à la maison. Au début, c'était bizarre, mais on s’est très vite rapproché. Et puis, j’avais aussi un travail qui me permettait de sortir un peu de cette bulle, a-t-il raconté.

Josée Roy vit seule, mais a la chance de résider dans le même quartier que plusieurs de ses amis. On a formé un groupe de marche, a expliqué la jeune femme. On a imprimé un calendrier et on s’est donné pour objectif de passer dans toutes les rues de Saint-Boniface.

Mais malgré ces nouvelles occupations, l’enfermement a été parfois difficile à supporter pour les deux jeunes gens. L’été est arrivé comme un soulagement, après toutes ces semaines à la maison, a ajouté Jean-Pierre Normandeau.

Selon Brigitte Sabourin, les plateformes sociales en ligne n’auraient pas suffi à compenser un peu la solitude sans l’arrivée de l’été et du déconfinement. Tout le monde était content d’être dehors, en groupe. À La Fourche, c’était la folie, les gens étaient tellement contents de pouvoir socialiser.

La notion du temps

Parfois, je me demande quel jour on est. On ne va plus au travail du lundi au vendredi pour passer le week-end à la maison. On est tout le temps à la maison, a déclaré Jean-Pierre Normandeau.

C’est fou comme notre routine change! Mais c’est l’occasion de s’en créer une nouvelle, même si c’est difficile, a-t-il ajouté.

Josée Roy trouve qu'il est difficile de dire combien de temps semble s’être écoulé depuis le début de la pandémie. Elle trouve le temps long et, pourtant, il lui semble que la COVID-19 est arrivée il y a peu.

Les mois passent vite, mais les journées sont très longues.

Une citation de :Josée Roy, résidente de Winnipeg

Adopter un comportement adaptatif

Brigitte Sabourin et de nombreux confrères ont constaté un impact important de la pandémie sur la santé mentale. Elle conseille de déterminer les choses sur lesquelles on n'a pas de contrôle et ce sur quoi on peut agir. Il ne faut pas nier les défis, il faut les reconnaître et trouver une façon créative d’y remédier, a-t-elle dit.

Mme Sabourin dit aux jeunes de se méfier des comportements mal adaptatifs. Selon elle, les 18-34 ans sont les plus touchés par l’augmentation des comportements dangereux durant la pandémie. La consommation de tabac, d’alcool, de cannabis et de malbouffe est en augmentation.

La psychologue recommande donc de pratiquer la gratitude, de trouver les petites choses qui améliorent la vie durant cette période et de repérer les changements que l’on aimerait conserver dans le retour à la normalité.

L’après-pandémie

On fera de grosses réunions de famille et des soirées avec mes amis, a dit Josée Roy à propos du retour à la normale. Jean-Pierre Normandeau espère également voir sa famille et faire d’autres activités sociales comme aller au cinéma ou au restaurant.

Selon la psychologue, l’être humain a tendance à tenir pour acquises certaines choses comme l’environnement social et ne se rend compte de son importance que lorsqu’il le perd. Elle n’est donc pas surprise par ces réponses.

En 1918, à la fin de la pandémie de grippe espagnole, c’était la fête partout. Tout le monde était ensemble.

Une citation de :Brigitte Sabourin, psychologue

Pour les deux jeunes interrogés, le retour à la normalité et au monde social sera un véritable apaisement pour leur santé mentale. On doit s’occuper de nous physiquement et mentalement. Je crois que cette pandémie nous a au moins prouvé cela, a déclaré Josée Roy.

Selon la jeune femme, les Manitobains ont moins peur de dire quand ils ne vont pas bien ou qu’ils ont besoin d’aide.

Jean-Pierre Normandeau espère que la disparition de ces tabous sera un déclic pour le gouvernement, qui fournira un meilleur accès aux ressources en santé mentale, notamment en français.

Il faut une meilleure accessibilité.

Avec les informations de l'émission L'Actuel

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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