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L’ouverture de l’abattoir TruHarvest à Toronto soulève opposition et incompréhension

Le nouvel établissement comprend des annexes qui en feront l'une des plus grandes usines de transformation de viande de l'Ontario.

Une vache aperçue à travers les trous d'une remorque servant à transporter du bétail.

Des vaches dans un camion attendent d'être transportées dans une usine de transformation de viande dans le quartier des Stockyards à Toronto le 26 février 2021.

Photo : CBC / Evan Mitsui

Radio-Canada

Des résidents, des politiciens, ainsi que des groupes de défense des droits des animaux, dénoncent l’ouverture de l’abattoir TruHarvest Meat à Toronto. La nouvelle usine de transformation de viande a démarré ses activités lundi dans le quartier Stockyards, dans l'ouest de la ville.

Les installations de TruHarvest Meats, situées au 70 chemin Glen Scarlett, près du chemin Weston et de l’avenue St. Clair étaient auparavant occupées par la compagnie de transformation de viande Ryding-Regency Meat Packers. Mais l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) lui a retiré sa licence d'exploitation en 2019.

Selon les registres fédéraux, la présence d'E. coli dans divers produits provenant de l'ancienne usine avait mené à une enquête. Selon les conclusions, l'entreprise n'était pas en conformité avec la loi et a fourni des informations fausses ou trompeuses aux enquêteurs.

Le nouvel établissement comprend des annexes qui en feront l'une des plus grandes usines de transformation de viande de l'Ontario. TruHarvest Meats y transformera du bœuf et du veau.

Le site Ontario Farmer, une division du réseau Post Média, rapporte qu’environ 1600 bêtes seront abattues par semaine. Radio-Canada n’a pas été en mesure de vérifier cette information.

L’usine a fait appel aux éleveurs de l’Ontario depuis quelques semaines comme en témoignent de nombreuses publications sur les réseaux sociaux de groupes et d'associations agricoles de la province.

Une publication Facebook sur la page du groupe Dufferin County Cattlemen's Association.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le directeur de l'approvisionnement en bétail de TruHarvest Meat, Tony Chaffe, fait appel aux éleveurs de l’Ontario depuis quelques semaines.

Photo : facebook

Protestations et manifestations

Plusieurs organismes de défense des droits des animaux s’opposent à la remise en service de ce site d'abattage.

Des groupes incluant l'Animal Save Mouvement, Toronto Cow Save,Direct Action Everywhere Toronto et Animal Rights Toronto se sont rassemblées mardi matin pour manifester devant le nouvel abattoir et devant le bureau de l'ACIA.

L’organisme Animal Save Movement a lancé une pétition en ligne pour demander entre autres à l'ACIA de retirer la licence de TruHarvest Meats et de fermer [l’usine].

La co-fondatrice de l’organisme Animal Rights Toronto, Jenny McQueen, dénonce pour sa part le manque de conséquence à la suite des sanctions imposées par l’ACIA à l’ancienne usine.

Cet abattoir a vu sa licence définitivement retirée par l'ACIA pour les avoir trompés sur l'E. Coli. Il rouvre maintenant sous un nouveau nom, avec le même personnel de direction.

Remorque d'un camion où le nom et les coordonnées de l'ancienne usine sont inscrits en grosses lettres.

TruHarvest Meats transformera du bœuf et du veau dans l’ancienne usine de Ryding Regency, qui a été fermée en 2019 pour violation à la Loi relative à la sécurité alimentaire. Une photo prise le 26 février 2021 montre la remorque de l’ancienne usine sur ce terrain.

Photo : CBC / Evan Mitsui

Dans un courriel à Radio-Canada, l'organisme Toronto Pig Save relève par ailleurs une contradiction entre la nouvelle licence d’exploitation accordée à TruHarvest Meat et la publication récente du nouveau guide alimentaire qui recommande dorénavant une plus grande consommation de protéines d'origine végétale.

Le nouveau guide alimentaire du gouvernement canadien a retiré les [viandes] du menu. Il devrait donc être à la hauteur des attentes et ne pas délivrer de nouvelles licences fédérales pour les abattoirs.

Radio-Canada a tenté de joindre la direction de TruHarvest Meats, mais cette dernière n’a pas répondu à nos messages téléphoniques.

Selon son profil sur le réseau social LinkedIn, Chuck Oulton, qui était directeur général de Ryding Regency Meat Packers au moment du retrait de la licence, s’affiche aujourd’hui comme vice-président de TruHarvest Meats.

Odeur de sang

David Beveridge a déclaré que lui et d'autres résidents vivant à proximité du site pensent que l’ouverture du nouvel abattoir rendra le quartier non sécuritaire.

Une famille de quatre dans un champ.

David Beveridge, père d'enfant de quatre ans et d'un autre de 18 mois, a déménagé dans le quartier des Stockyards à Toronto il y a quatre ans et affirme que le nouvel abattoir pose un risque pour la sécurité de la communauté.

Photo : Fournie par David Beveridge

M. Beveridge a installé sa famille dans la région il y a tout juste quatre ans. Il explique avoir choisi le quartier en raison de ses logements abordables à cette période. Il a acheté une maison pendant l'hiver mais il a rapidement découvert pendant les mois plus chauds une odeur démesurée dans le voisinage.

L'odeur du sang, l'odeur du bétail qui traverse le quartier. Ce n'est pas une odeur de ferme, c'est une odeur d'abattoir.

Une citation de :David Beveridge, père de famille et résident du quartier Stockyards.

M. Beveridge souligne cependant que la véritable préoccupation est le risque sur le plan de la sécurité imposée par la nouvelle usine à de nombreuses familles du quartier.

Ils nous disent qu'ils ont des filtres sur les cheminées, mais je ne sais pas ce qui en sort et jusqu'où cela se répand, a-t-il déclaré.

M. Beveridge cite également les poids lourds et les semi-remorques qui circulent dans les rues résidentielles et qui se garent sur les trottoirs. Ils représentent selon lui un risque pour les familles avec de jeunes enfants dans le quartier.

Manque de consultation

La conseillère Frances Nunziata représente le quartier 5 de York South-Weston où est situé l'abattoir. Elle s'est dite préoccupée par la reprise de l'usine par TruHarvest Meats.

Il s'agit d'une installation privée située sur un terrain privé et mon bureau n'a été impliqué dans aucune conversation concernant l'usage actuellement autorisé de ce site, a fait savoir Mme Nunziata dans une déclaration datée du 19 février.

Elle croit qu'il est injuste que les résidents n'aient pas été consultés. Avec le gouvernement fédéral et le gouvernement provincial, ils peuvent délivrer des licences et il n'y a pas de consultation, ce qui est malheureux, car je ne pense pas que ce soit juste. Mais c'est ce qui s'est passé, a déclaré Mme Nunziata à CBC vendredi.

Elle affirme que le terrain de l’abattoir est en cours de rezonage depuis des années et que l’utilisation du terrain doit être interrompue pour pouvoir continuer le processus.

Une rencontre virtuelle communautaire s’est tenue mercredi à l’initiative de la conseillère Nunziata. Cette dernière a notamment encouragé les résidents du quartier Stockyards à rapporter au ministère de l'Environnement tout bruit, odeur ou déversement liés aux activités de TruHarvest Meats.

Faisal Hassan, député néo-démocrate de York South-Weston, s'est fait l'écho de ces préoccupations, déclarant que les résidents sont perturbés après avoir appris la nouvelle.

Notre bureau a été inondé de courriels et d'appels s'opposant à cette installation, a déclaré le député le 25 février à Queen's Park.

L'ancien abattoir a été fermé et s'est vu retirer sa licence en raison de nombreuses violations de la santé et de l'environnement. Une autorisation de conformité environnementale a été accordée aux anciens propriétaires malgré près de 100 plaintes et des consultations publiques en 2018, a-t-il déclaré. Comment cette nouvelle installation a-t-elle été approuvée et pourquoi la communauté n'a-t-elle pas été consultée?

Avec les informations de CBC News

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