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Retour sur une année sans « colleux »

Dans leurs mots, des jeunes du primaire racontent leur année marquée par la pandémie.

Radio-Canada a rendu visite à la classe de Mme Chantale.

Radio-Canada a rendu visite à la classe de 3e année de Mme Chantale, à l'école Saint-Claude de Québec.

Photo : Courtoisie/École Saint-Claude

Les enfants ont besoin de prendre grand-papa et grand-maman dans leurs bras, de retrouver tous leurs amis et de renouer avec certaines passions mises en veilleuse par les mesures sanitaires. Après un an de contraintes, c'est l'envie de voir et de toucher l'autre qui les anime.

Le virus « très pas cool » de la COVID-19 s'est invité l'automne dernier dans la classe de Mme Chantal, à l'école Saint-Claude, à Québec, forçant ses élèves de 3e année à l'enseignement à la maison pour deux semaines. Un défi d'adaptation comme il y en a eu des centaines d'autres pour les enfants et le personnel enseignant de la province.

Certains privés de leurs activités, d'autres ayant vu leur quotidien chamboulé, les jeunes ont appris à vivre en classe-bulle, avec ou sans masque, souvent séparés de leurs amis. Résilients, les élèves rencontrés par Radio-Canada le mois dernier ont su garder le cap, bien conscients des risques associés à la maladie.

C'est comme un virus méchant qui contamine des personnes, lance la petite Maxime. Ça fait mourir les gens. Et quand on touche les personnes, le virus peut aller dans le corps des autres et c'est pas cool, ajoute Arthur.

La COVID, c'est comme quelque chose de rond avec des tiges rouges autour. Ça ressemble à une couronne un peu.

Une citation de :Raphaël Pelletier
Une molécule du SRAS-CoV-2.

Cette image du coronavirus, l'une des premières à avoir circulé au début de la pandémie, a aussi marqué les enfants.

Photo : Centres américains de contrôle des maladies

« C'est plate »

Dangereux le virus, donc, surtout pour les personnes âgées. Pour les protéger et freiner la transmission de la COVID-19, les enfants ont eux aussi été appelés à limiter leurs contacts au minimum au cours de la dernière année, en particulier lors de la deuxième vague.

Fini les rassemblements familiaux et les visites chez les amis après l'école. Même chose pour de nombreuses activités extrascolaires et les sports organisés, mis à l'arrêt le temps que les courbes s'aplatissent. Après près d'un an de consignes en tous genres, toute la classe arrive à la même conclusion : c'est plate.

J'aimais ça, jouer avec Ève, ma meilleure amie. Mais maintenant je ne peux pas jouer avec elle parce que la COVID est là, raconte Émy. Pour garder contact avec sa best, le téléphone intelligent est devenu un incontournable.

– Est-ce que tes parents te laissent l'utiliser souvent?

– Oui.

– Tous les jours?

– Non, pas tous les jours!

Émy garde contact avec sa meilleure amie grâce à l'application Messenger Kids.

Émy garde contact avec sa meilleure amie grâce à l'application Messenger Kids.

Photo : Radio-Canada

Les amis occupent d'ailleurs une place prioritaire chez les élèves rencontrés, à la maison comme dans la cour de récréation. Presque chacun d'entre eux a dit d'emblée avoir hâte de revoir tous les camarades et pas seulement ceux de la classe-bulle.

C'est plate parce qu'à la récré, il y a des bulles, explique Liam. Il y a une bulle par classe et on ne peut pas se promener n'importe où dans la cour et parler avec tous nos amis. Le jeune homme préfère cependant voir le verre à moitié plein plutôt qu'à moitié vide. C'est pas trop pire. [...] Souvent, tu as plusieurs amis, et tu en as au moins un dans ta classe.

Cours de peinture, BMX, hockey : des cases qui étaient occupées dans le calendrier ont été biffées pour une durée indéterminée. Le tout a été troqué par plus de temps en famille et à trouver de nouvelles façons de se divertir. On a réussi à s'adapter, souligne Maxime. On a hâte que le virus parte, par exemple.

L'envie de bouger est palpable.

Avant je faisais des petits parcours avec des amis dans ma cour, des courses. Maintenant, je ne peux plus le faire. Je trouve ça plate parce que ça nous motivait à bouger.

Une citation de :Florence
Des enfants jouent dans une cour d'école en hiver

Les périodes de récréation ne sont plus les mêmes dans les écoles primaires du Québec.

Photo : Radio-Canada

En manque de « colleux »

Si plusieurs grands-parents se trouvent bien loin de leurs petits-enfants et vivent difficilement avec le fait de les voir grandir à distance, les jeunes s'ennuient eux aussi. Avec les amis, grand-papa et grand-maman sont les premiers cités parmi les personnes que les jeunes souhaitent revoir rapidement.

J'ai hâte de recommencer à jouer avec mes amis et à voir mes grands-parents, résume Constance. On les voit par Facetime. Ça se ressemble, mais on les voit pas sur un gros écran et on ne peut pas vraiment les toucher.

Lily-Rose est du même avis. Moi aussi, j'ai hâte de revoir mes grands-parents. Je les vois aussi [sur l'ordinateur], mais c'est pas vraiment pareil parce qu'on ne peut pas leur donner des colleux. Mais au moins on peut les voir, affirme-t-elle avec sagesse.

Lily-Rose a bien hâte de retrouver ses grands-parents

Lily-Rose a bien hâte de retrouver ses grands-parents.

Photo : Radio-Canada

Nouvelle routine

La classe de Mme Chantal n'a pas mis de temps à assimiler la nouvelle routine pandémique. Les enfants ont une capacité d'adaptation remarquable, raconte l'enseignante. Dès que les enfants se sentent en sécurité, ils s'adaptent à toutes les situations.

Lavage des mains, port du masque dans les aires communes et dans le transport scolaire, distance physique à maintenir avec l'enseignante : une série de comportements ont été intégrés haut la main au fur et à mesure des annonces du ministre Jean-François Roberge. Ils m'ont impressionné.

C'est sûr qu'on a hâte de les coller, on a hâte d'avoir une plus grande proximité.

Une citation de :Chantal Langlois, enseignante au primaire
Chantal Langlois, enseignante de 3e année du primaire

Chantal Langlois a été impressionnée par la capacité d'adaptation de ses élèves depuis la rentrée d'automne.

Photo : Radio-Canada

Avec le temps, les jeunes ne parlent que très peu des mesures sanitaires ou du virus, témoigne Mme Langlois. S'ils en parlent, c'est plus pour dire : "Chantal, as-tu mis ton masque, as-tu lavé tes mains?", s'amuse-t-elle.

Pour les enfants qu'elle côtoie, le quotidien à l'école n'a pas été trop déstabilisé. Quand on est en classe, les apprentissages sont les mêmes. Comme les jeunes le disaient eux-mêmes, c'est davantage la réalité à l'extérieur des murs qui a été modifiée.

S'estimant chanceuse, l'enseignante précisera qu'elle n'a pas la prétention de décrire la vie de tous les jeunes du Québec. Les réalités et les contextes, dit-elle, sont multiples un peu partout en province. Personnellement, ça se passe bien.

De nature optimiste, elle entrevoit, avec le développement des vaccins, des jours plus heureux. J'ai l'impression, je l'espère, que ça va être chose du passé à la prochaine rentrée scolaire.

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