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Nucléaire iranien : volte-face européenne à l'AIEA, place à la diplomatie

Le drapeau iranien flotte au vent devant un immeuble.

Le drapeau iranien flotte devant le siège social de l'Agence internationale de l'énergie atomique, à Vienne.

Photo : Getty Images / AFP/JOE KLAMAR

Agence France-Presse

Les Européens ont finalement décidé de renoncer à leur résolution contre l'Iran à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) pour tenter d'amener Téhéran à la table des discussions avec les États-Unis, un geste salué jeudi par Téhéran.

Appuyé par Washington, mais dénoncé par Moscou, ce texte de l'Allemagne, de la France et de la Grande-Bretagne (E3) condamnait la décision de Téhéran de suspendre certaines inspections de son programme nucléaire.

Il ne sera pas soumis au vote du Conseil des gouverneurs, réuni cette semaine à Vienne, ont indiqué à l'AFP plusieurs diplomates.

Nous avons pris la décision tard hier en tant que E3 de mettre la résolution en pause, a expliqué une source française, évoquant des signaux encourageants de la part des Iraniens.

Ils n'auraient pas été obtenus si la menace de résolution n'avait pas été maintenue jusqu'au bout, a-t-elle assuré, tout en se réservant la possibilité de demander une réunion extraordinaire des gouverneurs si les avancées ne se concrétisent pas.

Téhéran a accueilli favorablement cette décision, qui peut maintenir ouverte la voie de la diplomatie amorcée par l'Iran et l'AIEA, selon un communiqué du porte-parole des Affaires étrangères, Saïd Khatibzadeh.

L'Iran espère que les parties participant à l'accord de Vienne pourront saisir cette occasion, avec une coopération sérieuse, pour assurer la pleine mise en oeuvre de cet accord par tous.

Une citation de :Saïd Khatibzadeh, porte-parole du ministère des Affaires étrangères de l'Iran

Cette nouvelle relance la possibilité d'une rencontre informelle, sans doute à Bruxelles, d'ici une à deux semaines en présence des États-Unis qui en sont sortis en 2018, avance le diplomate européen, alors que Téhéran avait refusé la précédente invitation du fait des tensions.

Parmi les progrès constatés, l'Iran a accepté d'engager un processus de réunions techniques avec l'AIEA pour clarifier plusieurs questions en suspens, a annoncé jeudi le directeur général du gendarme onusien du nucléaire.

Nous avons enfin réussi à nous mettre d'accord pour lancer un processus d'analyse approfondie concernant des cas concrets qui posent problème, a déclaré Rafael Grossi devant la presse, précisant qu'une première réunion aurait lieu début avril en Iran.

Rafael Grossi, tenant un dossier dans sa main gauche, fait un geste de la main droite.

Le directeur général de l'AIEA, Rafael Grossi, après une conférence de presse, jeudi, à Vienne.

Photo : Getty Images / AFP/ALEX HALADA

Depuis plusieurs mois, l'AIEA exprimait ses inquiétudes quant à la possible présence de matière nucléaire sur plusieurs sites non déclarés et ce sont ces dossiers qui vont être examinés.

Par ailleurs, le journal iranien ultraconservateur Vatan-é Emrouz a écrit mardi, sans citer de source, que le président Hassan Rohani avait donné l'ordre de suspendre la production d'uranium métal dans l'usine d'Ispahan (centre). Le gouvernement n'a pas démenti ces informations.

L'Iran avait annoncé en février avoir commencé la production d'uranium métal pour alimenter son réacteur de recherche à Téhéran, dépassant ainsi les limites fixées par l'accord nucléaire de 2015.

Le sujet est sensible, car cette matière peut être utilisée dans la fabrication d'armes nucléaires, même si la République islamique a toujours nié vouloir se doter de la bombe.

Le plan d'action global commun, paraphé aussi par la Chine et la Russie et communément désigné par son acronyme anglophone JCPOA, ne tient plus qu'à un fil depuis le retrait américain en 2018 à l'initiative de Donald Trump, et le rétablissement des sanctions.

Le nouvel hôte de la Maison-Blanche, Joe Biden, a promis de revenir dans son giron« si » l'Iran respectait à nouveau le contrat.

Mais à l'inverse Téhéran exige au préalable une levée des mesures punitives qui asphyxient son économie et a franchi ces dernières semaines un nouveau cran dans son désengagement du JCPOA (passage à un niveau d'enrichissement d'uranium de 20 %, production d'uranium métal et limitation des inspections).

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