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Vacciner les jeunes, une stratégie « qui se défend », selon une épidémiologiste

Le Nouveau-Brunswick compte vacciner les 16-24 ans avant les gens dans la soixantaine.

Une femme reçoit un vaccin.

Le plan du Nouveau-Brunswick prévoit que les élèves et étudiants de 16 à 24 ans soient vaccinés avant des personnes dans la soixantaine.

Photo : Reuters / Andreas Gebert

Radio-Canada

Même si elle paraît contre-intuitive, la décision du Nouveau-Brunswick de faire des 16 à 24 ans un groupe prioritaire à vacciner contre la COVID-19 est une stratégie « qui se défend », selon l’épidémiologiste Nimâ Machouf.

Le Nouveau-Brunswick vaccine présentement les personnes de 85 ans et plus et enchaînera avec celles qui ont entre 70 et 84 ans. La vaccination des élèves et des étudiants âgés de 16 à 24 ans est prévue en juin, alors celle des gens de 60 à 69 ans pourrait ne se faire qu’en juillet.

Pourtant, selon les centres de contrôle et de prévention des maladies aux États-Unis, les personnes âgées de 50 à 64 ans ont 25 fois plus de risques d’être hospitalisées que les personnes âgées de 7 à 17 ans si elles contractent la COVID-19. Entre ces deux groupes d’âge, les 50-64 ans sont 400 fois plus susceptibles de mourir de la maladie causée par le virus.

Paul Clavette, un médecin néo-brunswickois à la retraite, lui-même âgé de 66 ans, a du mal à comprendre le raisonnement de la province.

Il rappelle que l’objectif des gouvernements est de diminuer la sévérité de la maladie, diminuer les hospitalisations et les morts.

Avec la décision de passer les jeunes avant les vieux, on va à l'encontre de ça, dit le Dr Clavette. Médicalement parlant, je trouve que la décision ne fait aucun sens.

Tout dépend de la stratégie

L'épidémiologiste Nimâ Machouf, de l’école de santé publique de l’Université de Montréal, affirme que tout dépend de la stratégie vaccinale que l'on veut déployer.

Ça se tient comme stratégie, car les jeunes sont ceux qui véhiculent le plus ce virus. Ce sont de grands transmetteurs, dit-elle. En vaccinant les jeunes, on évite la transmission ou on réduit la transmission.

Nimâ Machouf sourit devant une caméra d'ordinateur.

Nimâ Machouf est épidémiologiste.

Photo : Radio-Canada

Il semble logique de viser les personnes les plus âgées, qui ont le plus de risque d’être gravement malades ou de succomber à la maladie. En revanche, en ciblant les plus jeunes et en réduisant la transmission, on peut arriver au même but, qui est de réduire les décès chez les plus vieux.

Tout dépend de l’épidémiologie et des constats de la santé publique au Nouveau-Brunswick, poursuit Nimâ Machouf, ainsi que de l’efficacité des stratégies préventives dans certains groupes d’âge.

Selon la Société médicale du Nouveau-Brunswick, les 16 à 24 ans seraient associés à un volume plus important d’infections. Le ministère de la Santé craint aussi que des variants du coronavirus ne se propagent encore plus vite parmi les jeunes.

Ils ont fait le pari de réduire la transmission, d’essayer d’empêcher au maximum la transmission, conclut Nimâ Machouf.

L’épidémiologiste rappelle que les éclosions scolaires ont eu une grande étendue dans la communauté au Québec, les jeunes contractant la maladie, que leurs parents attrapaient à leur tour, pour ensuite contaminer leurs collègues de travail.

Le mois dernier à Terre-Neuve-et-Labrador, une éclosion majeure de COVID-19 dans la région de Saint-Jean s’est déclarée après un tournoi de volleyball scolaire entre jeunes du secondaire.

Délai entre deux doses du vaccin

Une fiole du vaccin d'AstraZeneca sorti de la boîte dans laquelle les fioles sont livrées.

Le vaccin d'AstraZeneca contre la COVID-19, le 3 mars 2021 à Senftenberg, en Allemagne.

Photo : Reuters / Hannibal Hanschke

Mercredi, le Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI) a recommandé que l’intervalle maximum entre deux doses de vaccin contre la COVID-19 passe à quatre mois, afin de maximiser le nombre de personnes qui pourront recevoir rapidement une première dose, dans un contexte où l’offre de vaccins est limitée.

Dans un courriel, le ministère néo-brunswickois de la Santé a fait savoir qu’il était prêt à modifier sa stratégie vaccinale et son approche quant aux groupes prioritaires, à la lumière de nouvelles recommandations sur le délai entre deux doses du vaccin contre la COVID-19.

D’après le reportage de Jean-Philippe Hughes

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