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L’Ontario ferme la moitié de ses centres de détention pour jeunes

L'extérieur du centre de détention William H. Roy House.

Le centre de détention William H. Roy House est l'un des 10 centres du Nord de l'Ontario qui ferme ses portes.

Photo : Radio-Canada / Yvon Theriault

Le gouvernement provincial a annoncé au début de la semaine la fermeture de 26 de ses 53 centres de détention pour jeunes, dont 10 dans le Nord de l’Ontario, en raison de la baisse du nombre de jeunes admis.

Selon le ministère des Services à l'enfance et des Services sociaux et communautaires (MSESSC), l’accent mis sur l’éducation et la prévention depuis 2005 a fait baisser de 81 % le nombre de jeunes en détention.

Il y a 8500 admissions de moins par an par rapport à 2004-05.

La décision de fermer des établissements est difficile à prendre, mais ces changements de financement sont conformes aux recommandations du vérificateur général, indique un porte-parole du ministère.

Ces mesures permettront de remédier à l'importante sous-utilisation et d'économiser plus de 39,9 millions de dollars par an.

Une citation de :Ministère des Services à l'enfance et des Services sociaux et communautaires

La province affirme que ces fonds pourront être utilisés pour financer d’autres programmes.

Les centres de détention pour jeunes du Nord touchés et leur taux d’occupation en 2019-2020 :

  • Justice Derek Holder House — Sault-Sainte-Marie (2 %)
  • William H. Roy House — Grand Sudbury (6 %)
  • Creighton Youth Centre — Kenora (17 %)
  • Mee-Quam Youth Residence — Cochrane (11 %)
  • Nipissing Detention Centre — North Bay (15 %)
  • Northern Youth Centre — Kenora (13 %)
  • Pineger Youth Centre — Kirkland Lake (16 %)
  • Project DARE — South River (26 %)
  • J. J. Kelso Centre — Thunder Bay (12 %)
  • Jack McGuire Centre — Thunder Bay (29 %)

Le 1er mars, moins de 10 jeunes du Nord de l’Ontario ont dû changer de centre en raison de la fermeture d'un centre de détention.

Ils ont été transférés vers d’autres établissements de la région du Nord, indique le MSESSC.

Besoin de plus de services de soutien

Cory Roslyn, directrice générale de la Société Elizabeth Fry à Sudbury approuve la fermeture des centres de détention, car l’incarcération ne devrait pas être la solution préconisée selon elle.

L'organisme offre entre autres des services aux jeunes femmes criminalisées et "à risque" dans le Nord de l’Ontario.

Nous croyons dans un monde où l’on a pas besoin de prison, dit-elle.

Photo d'une femme avec des lunettes format portrait.

Cory Roslyn est la directrice générale de la Société Elizabeth Fry de Sudbury.

Photo : CBC/Casey Stranges

Mme Roslyn veut toutefois que les fonds économisés par la fermeture soient investis pour offrir du soutien aux jeunes, et doute de la bonne volonté de la province à cet égard.

Nous nous efforçons d'éviter l'incarcération des jeunes, mais nous ne comblons pas le déficit [de services] par un soutien suffisant pour les aider à réussir.

Une citation de :Cory Roslyn, directrice générale de la Société Elizabeth Fry

Mme Roslyn affirme que les temps d'attente, notamment pour obtenir des services en santé mentale, sont trop longs.

Je crois que ça prend plus d'investissement dans les services en santé mentale et en toxicomanie, plus de soutien aux parents et plus d’appui pour aider les enfants à connaître du succès.

Une région immense à desservir

Les Services à la famille et à l’enfance du Nord-Est de l’Ontario géraient un des centres maintenant fermés, à Kirkland Lake.

Jean Raymond, directeur général de l’organisme, reconnaît que le système n’était plus efficace. Selon lui, la province a fermé plus de la moitié de ces centres de détention pour jeunes.

Selon le MSESSC, le Pineger Youth Centre était utilisé à 16 % de sa capacité en 2019-2020.

M. Raymond affirme que le taux d’occupation variait entre 20 et 30 % dans les dernières années.

Il s’oppose tout de même à la décision, même s’il la comprend. Il y avait d’autres moyens de faire les choses.

On s’attendait à ce qu’il y ait des compressions, mais il y a encore des jeunes qui ont besoin d’être desservis.

Une citation de :Jean Raymond, directeur général des Services à la famille et à l’enfance du Nord-Est de l’Ontario

M. Raymond estime que le centre Le Pineger Youth Centre, qui desservait le district de Cochrane, incluant les communautés de la côte de la baie James, et le district de Timiskaming, était situé à un endroit stratégique.

Il souligne que les jeunes qui auront encore besoin d’être placés en détention vont se trouver loin de chez eux et de leur famille, vu les grandes distances séparant les communautés dans le Nord.

Je ne suis pas sûr que la province a pris ça en compte, souligne-t-il.

Pour les jeunes filles contrevenantes, il y a seulement 2 places dans le Nord de l’Ontario où elles vont pouvoir aller, à Thunder Bay ou Sudbury.

Une citation de :Jean Raymond, directeur général des Services à la famille et à l’enfance du Nord-Est de l’Ontario

Cory Roslyn affirme qu’il faudrait se concentrer à offrir aux jeunes les meilleures chances pour s'en sortir et d’éliminer le besoin pour les centres de détention, plutôt que de s’inquiéter à propos des distances à parcourir.

L’incarcération ne règle rien, répète-t-elle.

Jean Raymond indique que 39 employés seront mis à pied. Dans une petite communauté comme Kirkland Lake, ça va avoir un impact assez important sur l’économie.

Quelques-uns pourraient se voir offrir un autre poste à l’intérieur de l’organisation, indique-t-il.

Les Services à la famille et à l’enfance du Nord-Est de l’Ontario gèrent aussi des centres de fréquentation obligatoire, où les jeunes qui ont des démêlées avec la justice reçoivent du soutien.

Avec les informations de Bienvenu Senga

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