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Difficile de devenir propriétaire pour les expropriés de Pointe-Parent

Le village sera cédé à la communauté innue de Nutashkuan. Québec a lancé un programme de rachat des propriétés pour les 12 résidents restants du village. Un montant plus élevé leur est promis s'ils s'établissent à Natashquan, à 5 km de là.

Madeleine Hounsell, native de Pointe-Parent, se désole qu'il soit si difficile de s'établir à Natashquan et ainsi de profiter de la meilleure compensation possible pour sa maison.

Madeleine Hounsell, native de Pointe-Parent, se désole qu'il soit si difficile de s'établir à Natashquan et ainsi de profiter de la meilleure compensation possible pour sa maison.

Photo : Radio-Canada / Félix Lebel

Félix Lebel

Le faible nombre de maisons à vendre dans la municipalité de Natashquan complique les plans des derniers résidents de Pointe-Parent, qui souhaitent obtenir le meilleur prix possible pour leur propriété. C’est pour éviter une dévitalisation que le gouvernement compte offrir un prix compensatoire plus élevé aux résidents qui vont s'établir à Natashquan plutôt qu'ailleurs dans la province.

Depuis qu'elle a reçu son offre d'achat par Québec, Madeleine Hounsell cherche une maison à Natashquan qui pourrait faire l’affaire pour son mari et elle, mais sans résultat.

Il y a quelques années, il y avait amplement de résidences à vendre, ça n'aurait pas été un problème. Elles ont été longtemps sur le marché et certains en ont acheté et c’est très bien parce que ça ne se vendait pas beaucoup. Aujourd’hui c’est le contraire, il y en a presque plus, indique Mme Hounsell.

Un garage abandonné.

Signe d'une dévitalisation évidente, plusieurs terrains au village de Pointe-Parent sont laissés à eux même depuis quelques années.

Photo : Radio-Canada / Félix Lebel

Natif de Pointe-Parent, Rémy Landry est lui aussi à la recherche d'une maison à Natashquan, pour ainsi pouvoir profiter d'un montant compensatoire plus généreux.

Selon lui, il n'y aurait que trois ou quatre maisons à vendre au village, tout au plus. En trouver une qui répond à ses besoins est très difficile avec un marché aussi restreint.

Moi, je suis un homme seul, alors si je pouvais trouver une maison comme j’ai déjà, ça serait bon. Mais si tu es une famille de quatre, ça prend plus grand! Et ça ne veut pas dire qu’en étant seul tu vas trouver une petite maison non plus. Quelqu’un peut vouloir te vendre sa maison et elle est trop grande.

Rémy Landry se tient debout devant sa maison.

Rémy Landry a vécu toute sa vie à Pointe-Parent. L'idée de quitter son village natal est très difficile à imaginer.

Photo : Radio-Canada / Félix Lebel

Une construction coûteuse

Pour les résidents désireux de profiter de cette offre de rachat plus avantageuse, il est aussi possible d’acquérir un terrain à Natashquan et d’y bâtir une maison. Toutefois, le prix des matériaux, qui aurait augmenté d’au moins 20 % en un an, rend cette possibilité de moins en moins envisageable pour les quelques familles restantes de Pointe-Parent.

Le coût élevé du transport jusque dans cette région éloignée aurait aussi un impact majeur sur le prix de construction.

J’ai fait des soumissions pour des maisons chez Laprise et Bonneville. Rendu ici, ce sont des projets de 350 000 $ ou 400 000 $. Ça n'a pas de bon sens! Personnellement, je pensais que ça allait être plus facile que ça de se trouver quelque chose et d’être installé le plus rapidement possible, explique Mme Hounsell.

Face à ces possibilités limitées, Mme Hounsell aurait décidé de s’acheter une maison mobile, moins coûteuse qu’une construction fixe, même si elle aurait préféré trouver une maison existante au village.

Un programme contraignant

Comme plusieurs résidents de Pointe-Parent, la députée péquiste de Duplessis, Lorraine Richard, estime que le prix de rachat plus généreux aurait dû s’appliquer aussi aux déménagements dans les villages avoisinants.

Les résidents pourraient ainsi profiter d’un marché immobilier plus large, selon elle.

Ils auraient pu décider de s’établir ailleurs au Québec, pour se rapprocher de leurs enfants par exemple. Je comprends qu’il faut éviter de dévitaliser le village, mais j’aurais préféré qu’on donne un bon montant indépendamment de l’endroit où les gens veulent déménager. Ça, j’en ai fait part au cabinet du ministre [Ian] Lafrenière .

Une maison qui a été vandalisée.

Depuis que le village se vide progressivement, des actes de vandalisme sont parfois commis sur les maisons. Les portes ont été forcées ici il y a quelques mois.

Photo : Radio-Canada / Félix Lebel

Mme Richard, qui affirme suivre le dossier depuis son entrée en politique, en 2003, est toutefois agréablement surprise de la rapidité avec laquelle le secrétariat aux Affaires autochtones a fait progresser les démarches de rachats.

C’est un aspect que concède aussi Mme Hounsell, qui reconnaît que le processus s’est considérablement accéléré depuis l’arrivée de M. Lafrenière. Aussi, elle estime que les délais octroyés aux résidents pour déménager sont tout à fait raisonnables.

Mais indépendamment du prix du rachat de leur maison, c’est un déracinement qui est dur à vivre pour les quelques familles restantes du village.

Ça ne sera pas le cœur joyeux qu’on va dire qu’on ferme la porte pour la dernière fois, c’est certain. Mais on n'a pas le choix , se désole Mme Hounsell.

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