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Assaut du Capitole : un responsable de la Garde nationale blâme le Pentagone

Le major-général William Walker, bardé de décorations militaires, s'adresse aux élus, la main devant lui.

Le major-général William Walker a témoigné devant deux comités du Sénat.

Photo : Reuters / Greg Nash

De toutes nouvelles restrictions du département de la Défense imposées à la Garde nationale du District de Columbia et la lenteur à autoriser la mobilisation de troupes au Capitole lors de l'invasion du 6 janvier a entraîné d'importants délais, a témoigné mercredi le major-général William Walker devant deux comités sénatoriaux.

Comparaissant devant le Comité des règles et de l'administration du Sénat et celui de la sécurité intérieure et des affaires gouvernementales, le commandant général de la Garde nationale du District de Columbia a ajouté sa voix à celles d'autres responsables qui ont déjà blâmé le département de la Défense pour les délais.

Le major-général Walker a plus spécifiquement fait état de nouvelles contraintes bureaucratiques inhabituelles qui avaient restreint son autorité et retardé l'envoi de militaires.

Dans une lettre du 5 janvier, le secrétaire à l'Armée de l'époque, Ryan McCarthy, lui avait signifié qu'il devait dorénavant obtenir une approbation avant de mobiliser la Force de réaction rapide, a-t-il dit aux membres des deux comités, qui tentent de faire la lumière sur les défaillances sécuritaires ayant permis les événements du 6 janvier.

Sans cette nouvelle contrainte, imposée la veille des événements meurtriers, il aurait été en mesure de déployer rapidement 155 militaires au Capitole, dont le périmètre était alors pris d'assaut par des centaines de partisans de Donald Trump, a assuré William Walker.

Les troupes auraient pu être sur place en 20 minutes, a-t-il estimé.

Je crois que ce nombre aurait pu faire la différence. Nous aurions pu contribuer à étendre le périmètre et à repousser la foule.

Une citation de :Le major-général William Walker, commandant général de la Garde nationale du District de Columbia

Un autre témoin comparaissant devant les deux comités, Robert Salesses, un haut responsable du Pentagone, a confirmé que le secrétaire à la Défense par intérim de l'époque, Christopher Miller, avait statué que la responsabilité du déploiement de la Garde nationale lui revenait. Il voulait décider de la manière dont la Garde nationale allait être utilisée ce jour-là, a-t-il indiqué.

Ultimement, l'assaut a fait cinq victimes, dont un policier, frappé à coups d'extincteur, et une centaine de blessés chez les policiers.

Le major-général Walker avait déjà livré sa version des faits dans une entrevue au Washington Post, à la fin janvier.

Un attentisme dû entre autres aux « apparences »

Des partisans de Donald Trump, à l'extérieur du Capitole, certains portant des drapeaux américains ou pro-Trump, qu'ils ont pris d'assaut.

Des partisans de Donald Trump, à l'extérieur du Capitole, lors de l'assaut du 6 janvier.

Photo : Getty Images / Spencer Platt

Le département de la Défense a en outre attendu des heures avant d'acquiescer à la requête de la Garde nationale d'intervenir, a affirmé le major-général Walker.

À 13 h 49, j'ai reçu un appel paniqué du chef de la police du Capitole des États-Unis de l'époque, Steven Sund, qui m'a informé du fait que le périmètre de sécurité du Capitole avait été forcé par des émeutiers hostiles, a-t-il signalé.

Le chef Sund, dont la voix se brisait d'émotion, a indiqué qu'il y avait une urgence extrême au Capitole et a demandé l'aide immédiate d'autant d'officiers gardes que je pouvais rassembler, a-t-il dit, affirmant avoir immédiatement alerté le Pentagone.

Lors d'un appel subséquent, vers 14 h 30, de hauts gradés militaires ont exprimé leurs préoccupations quant aux apparences que donneraient la mobilisation de troupes en uniforme au Congrès, a soutenu le major-général Walker. Ni Christopher Miller ni Ryan McCarthy n'ont participé à l'entretien téléphonique faisant le point sur la situation.

Lors de sa comparution la semaine dernière, l'ex-chef de la police du Capitole avait lui aussi livré le même compte rendu de la discussion.

Les hauts responsables de l'armée ne pensaient pas que ça paraîtrait bien, que ça donnerait une bonne image.

Une citation de :Le major-général William Walker, commandant général de la Garde nationale du District de Columbia

Ils ont également affirmé que l'envoi de militaires en uniforme pourrait provoquer la foule, a ajouté William Walker.

Interrogé par des sénateurs sur l'identité des responsables ayant exprimé des réticences à donner leur feu vert lors de cet appel, il a nommé Walter Piatt, directeur de l'état-major de l'armée, et Charles Flynn, chef d'état-major adjoint et frère de l'ancien conseiller à la sécurité nationale de la Maison-Blanche Michael Flynn.

Il a avoué avoir été frustré par leur réponse. J'étais aussi stupéfait que tous les autres qui participaient à l'appel.

La question des apparences n'avait jamais été soulevée lors de la mobilisation de la Garde nationale lors de différents événements au printemps et à l'été 2020, a-t-il répondu à un démocrate. La Garde nationale avait notamment été présente dans la capitale pendant des manifestations pour une plus grande justice raciale, entre autres pour une séance photo de l'ex-président Donald Trump, en juin.

L'autorisation de mobiliser la Garde nationale le 6 janvier n'est venue qu'à 17 h 08, soit 3 h 19 après la requête, a déploré le major-général Walker, précisant qu'il avait pris la décision de rapprocher les militaires du Capitole en attendant d'avoir la permission nécessaire.

Ces derniers ont pu arriver à 17 h 20, a-t-il indiqué, bien après le point culminant de l'assaut.

Plus tôt cette semaine, le chef d’état-major des armées, Mark Milley, a défendu la réponse du Pentagone, estimant que l'arrivée d'une force militaire, en quelques heures, s'était faite à la vitesse de l'éclair.

La semaine dernière, Steven Sund ainsi que le chef de la police métropolitaine de Washington par intérim, Robert Contee, avaient eux aussi blâmé le département de la Défense.

Buzz Feed News, qui a obtenu des documents internes du département de la Sécurité intérieure, a par ailleurs révélé mercredi soir que les responsables avaient averti la veille de l'assaut du Capitole que des extrémistes intérieurs participeraient au rassemblement pro-Trump. Les autorités surveillaient particulièrement le groupe de droite Proud Boys.

« Possible complot » d’extrémistes contre le Congrès jeudi

Une clôture en acier de 2,5 mètres de haut surmontée de fil de fer en accordéon encercle le Capitole.

Une clôture en acier de 2,5 mètres de haut surmontée de fil de fer en accordéon a été érigée autour du Capitole après l'assaut du 6 janvier.

Photo : Getty Images / Chip Somodevilla

Dans un bref communiqué, la police du Capitole a par ailleurs indiqué avoir obtenu des renseignements qui montrent un possible complot d’une milice connue pour pénétrer dans le Capitole le jeudi 4 mars. Le groupe en question n'a cependant pas été identifié.

Avares de détails, les responsables ont dit prendre les renseignements au sérieux.

La date du 4 mars est mise de l’avant, depuis l’investiture de Joe Biden, par les partisans du mouvement conspirationniste QAnon, qui croient qu'elle marquera le grand retour de Donald Trump à la Maison-Blanche.

C'est à cette date que se déroulait l’investiture du président américain avant d'être déplacée au 20 janvier, en 1933.

La police du Capitole a voulu se faire rassurante, se disant préparée à toute menace potentielle visant des élus du Congrès ou le complexe du Capitole.

Elle a en outre insisté sur le renforcement des mesures de sécurité depuis le 6 janvier. Une clôture en acier de 2,5 mètres de haut surmontée de fil barbelé a été érigée autour du Capitole, et le complexe est protégé par des officiers de la Garde nationale.

La Chambre des représentants a annulé la session prévue jeudi. Selon les dernières informations, le Sénat devrait toutefois poursuivre ses travaux.

Selon le Washington Post, les sénateurs et le personnel du Congrès ont cependant été encouragés à prendre des précautions additionnelles.

La semaine dernière, la chef de la police du Capitole par intérim, Yogananda Pittman, avait déjà averti un sous-comité de la Chambre des représentants que des milices voulaient « faire sauter le Capitole » lorsque Joe Biden s'adresserait aux deux Chambres du Congrès pour prononcer une allocution sur l'état de l'Union.

Lors de sa comparution devant le Comité judiciaire du Sénat, mardi, le directeur du FBI, Christopher Wray, a pour sa part indiqué que la menace du terrorisme intérieur s'était « métastasée », dans les quatre dernières années, notamment depuis le 6 janvier.

Plus de 300 partisans de Donald Trump ont fait l'objet d'accusations portées par le département de la Justice relativement à l'assaut du Capitole.

Avec les informations de Washington Post, NPR, et Axios

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