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Le torchon brûle entre Bonaventure et ses employés municipaux syndiqués

Hôtel de ville de Bonaventure

Le Syndicat des travailleuses et travailleurs de la municipalité de Bonaventure dénonce la lenteur des négociations avec la Ville (archives).

Photo : Radio-Canada

Près de deux ans après l’accréditation du Syndicat des travailleuses et travailleurs de la municipalité de Bonaventure, la première convention collective se fait toujours attendre. Les parties patronale et syndicale s’accusent mutuellement de nuire au processus de négociation.

Mépris , condescendance , amateurisme et mauvaise foi  : le Syndicat des travailleuses et travailleurs de la municipalité de Bonaventure ne mâche pas ses mots pour décrire l’attitude de son employeur, et plus spécifiquement celle du maire Roch Audet, dans le processus d’obtention d’une première convention collective.

Selon le Syndicat, la Ville de Bonaventure refuse de négocier depuis le dépôt des demandes syndicales en mai 2020.

Il y a eu un blocage, une fin de non-recevoir, des difficultés à avoir des rencontres et à négocier. Il n’y a plus rien qui va, affirme le président du Conseil central de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine (CCGIM–CSN), Serge St-Pierre.

Selon M. St-Pierre, l’attitude du maire Roch Audet relève du jamais vu dans une telle négociation.

Personne ne comprend l’attitude du maire, même à la Fédération des employées et employés de services publics, c’est quelque chose qui ne s’est jamais vu à ce jour, une telle arrogance, un mépris envers les travailleurs, souligne le président de la CCGIM-CSN.

On n’a jamais vu ça, c’est une fermeture complète aux droits des travailleurs. On attaque leur droit de se négocier une convention collective. C’est une fermeture complète.

Une citation de :Serge St-Pierre, président du Conseil central de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine–CSN

Depuis le 13 janvier, un médiateur nommé par le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale du Québec, Jean Boulet, à la demande des parties, tente de dénouer l’impasse.

Il y a eu trois rencontres avec le médiateur et ça n’avance pas plus. Il y a un blocage tant pour les demandes salariales que normatives, affirme Serge St-Pierre qui rappelle qu’en septembre 2020, les travailleurs municipaux ont voté en faveur de moyens de pression pouvant aller jusqu’à la grève.

Avenue Grand-Pré à Bonaventure

Plus de 25 employés municipaux de la Ville de Bonaventure sont syndiqués (archives).

Photo : Ville de Bonaventure

Le président du Syndicat des travailleuses et travailleurs de la municipalité de Bonaventure, Benoît Galibois soutient que la négociation n’est manifestement pas un dossier prioritaire pour l’administration municipale. Sur 27 journées de disponibilités soumises par le médiateur entre le 16 février et le 9 avril [2020], l’employeur n’a priorisé des séances de négociation que pour cinq jours seulement. Le Syndicat était disponible pour 23 de ces journées, illustre M. Galibois.

Devant l’impasse, le syndicat tente d’obtenir l’appui de la population de Bonaventure. Des tracts informatifs seront envoyés à tous les résidents par la poste jeudi.

Les syndiqués ont décidé la semaine dernière de faire des moyens de pression, c’est-à-dire de sensibiliser les résidents de Bonaventure aux problèmes des relations de travail qui persistent depuis l’élection municipale de 2017, explique le président de la CCGIMCSN, Serge St-Pierre.

Je ne suis pas sûr que les habitants de Bonaventure accepteraient de travailler dans les mêmes conditions que celles qui prévalent pour les travailleurs municipaux.

Une citation de :Serge St-Pierre, président du Conseil central de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine–CSN

Le maire rétorque et blâme le syndicat

De son côté, le maire de Bonaventure rejette en bloc les affirmations syndicales. La game actuelle [du syndicat], c’est de nous faire mal paraître, surtout le maire, affirme Roch Audet, en soulignant que 2021 est une année électorale dans les municipalités.

On a eu entre 10 et 14 rencontres de travail avec le syndicat pour faire avancer les dossiers, mentionne-t-il. À savoir si ça va bien ou si va assez vite, ça dépend de quel côté on se place. Une première convention collective c’est toujours plus difficile parce qu’on doit établir les bases.

C’est faux de dire qu’on ne négocie pas et qu’on n’a pas de disponibilités.

Une citation de :Roch Audet, maire de Bonaventure

Le maire de Bonaventure précise qu’il a d’abord prévu des disponibilités pour négocier en présence du médiateur jusqu’au 13 mars, soit la fin du premier mandat de médiation. La période de médiation pourra toutefois être prolongée 60 jours à la demande conjointe des parties ou du médiateur.

On a deux rencontres la semaine prochaine, on ne sait pas ce qui va en résulter, souligne Roch Audet. La planification, on peut la faire réellement au fur et à mesure où on avance et non en prévoyant d'un seul coup 25 rencontres.

Roch Audet, maire de Bonaventure, dans son bureau avec un micro de Radio-Canada devant lui.

«Si la médiation ne fonctionne pas, je n’ai aucun problème d’aller en arbitrage, mais j’ai encore espoir au médiateur», affirme le maire de Bonaventure Roch Audet (archives).

Photo : Radio-Canada

À l’instar des employés syndiqués, le maire de Bonaventure dénonce un manque d’ouverture de la partie adverse.

Actuellement, on ne sent rien du côté syndical comme quoi ils vont accepter des demandes patronales ou avancer dans des dossiers, affirme M. Audet. Quand on dit oui à des choses, le syndicat en demande plus encore. Tant et aussi longtemps qu’on ne sentira pas une ouverture de la part du syndicat, on va avoir de la difficulté à plier sur des dossiers.

M. Audet estime que les demandes du syndicat actuellement sur la table augmenteraient énormément le compte de taxes des citoyens de Bonaventure.

Ils font des demandes partout et ils les veulent toutes. On ne sent pas encore c’est quoi leurs priorités.

Une citation de :Roch Audet, maire de Bonaventure

Advenant une impasse totale dans le dossier, le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale pourrait décréter une convention collective.

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