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Le soutien fédéral aux arts vivants salué par le milieu culturel, malgré des bémols

Une personne joue de la guitare.

Les nouveaux fonds fédéraux visent notamment à aider les artistes à se produire en ligne.

Photo : Unsplash / Joe Mason

Fanny Bourel

Au lendemain du dévoilement des détails du financement fédéral pour les arts de la scène et la musique pourtant annoncé fin novembre par Ottawa, le milieu culturel québécois se réjouit de voir de l’argent injecté pour les arts vivants, malgré quelques réserves.

Ça a pris trois mois, mais l’annonce tombe à point, car le moral est au plus bas chez les musiciens et musiciennes, explique Luc Fortin, président et directeur général par intérim de la Guilde des musiciens et musiciennes du Québec (GMMQ).

On est satisfaits, car les montants sont quand même importants, et ça va créer des emplois directement, poursuit-il. 

De l’aide bienvenue

En tout, 181,5 millions de dollars seront versés, dont 50,5 millions pour aider le monde artistique à se produire en ligne, 66 millions de dollars pour appuyer la création et 40 millions de dollars en nouveaux fonds pour soutenir la présentation d’événements culturels malgré les coûts occasionnés par le respect des mesures sanitaires. 

Ça va permettre d’organiser des spectacles sans faire de déficits, souligne Luc Fortin. 

La relation avec les fans se nourrit par le spectacle et, de ce fait, ce secteur est central pour le développement des carrières des artistes, a indiqué par communiqué Solange Drouin, vice-présidente aux affaires publiques et directrice générale de l’ADISQ. 

C’est rassurant de constater que le gouvernement fédéral reconnaît le rôle moteur du spectacle en en faisant l’objectif d’un nouveau programme doté d’une enveloppe significative, a-t-elle ajouté.

L’Association des professionnels des arts de la scène du Québec (APASQ) se dit également satisfaite. Les mesures du fédéral sont celles qui ont été les plus concrètes pour la culture depuis le début de la pandémie, estime Viviane Morin, la directrice générale de l’organisme.

Quant au Conseil québécois du théâtre (CQT), il se félicite du soutien prévu à la création. 

Cela répond à un besoin immédiat des artistes et des compagnies qui ne bénéficient pas de subventions au fonctionnement, dit sa directrice, Catherine Voyer-Léger. Le maillon le plus faible, actuellement, ce sont les artistes pigistes et les petites compagnies.

Le numérique n’est pas la panacée

Toutefois, le fait que plus du quart de l’enveloppe fédérale aille au numérique déçoit et inquiète le CQT. On a plusieurs fois dit que la solution à la crise que l’on traverse ne pouvait pas être que le numérique, met de l'avant Catherine Voyer-Léger. 

Les projets numériques coûtent extrêmement cher; leurs revenus de billetterie ne sont pas comparables à ceux en salle et l’argent ne va qu’en partie aux artistes traditionnels, précise-t-elle. 

Par exemple, la captation d’une pièce implique de rémunérer des personnes pour la filmer et pour réaliser le montage. 

Le CQT craint que cet accent mis sur la culture en ligne se poursuive une fois la pandémie terminée. Les gens du milieu du théâtre nous disent que le numérique est un modèle d’affaires non viable, avertit Catherine Voyer-Léger. 

L’APASQ fait également remarquer le fait qu’en matière de diffusion web, la rémunération des artistes n’est pas encadrée comme elle l’est lors de la diffusion dans les salles. Le poids de la négociation se retrouve sur les artistes, déplore Viviane Morin. 

Autre élément à surveiller, selon la GMMQ : s’assurer que les artistes et les ayants droit reçoivent une rémunération adéquate pour l’utilisation de leurs œuvres sur Internet. Il faudrait l’encadrer, affirme Luc Fortin.

Que l’argent aille bien aux artistes

Les entreprises de production de spectacles admissibles à l’aide pour organiser des événements culturels devront répondre à une exigence : consacrer au moins la moitié du budget aux salaires des artistes, des artisans et artisanes ainsi que du personnel de soutien. 

C’est une demande que l’on faisait depuis longtemps à Patrimoine Canada et on a été entendus, applaudit Luc Fortin. C’est important que l’argent ruisselle du sommet vers les artistes.

Cependant, l’APASQ aimerait que des vérifications soient faites auprès des entreprises de production. C’est aussi ce que spécifie la mesure d’aide à la billetterie du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ), mais ce n’est pas tout à fait ce qui se passe dans les faits, affirme Viviane Morin. 

En entrevue avec Radio-Canada mardi, le ministre du Patrimoine canadien, Steven Guilbeault, s’est prononcé en faveur du maintien de la Prestation canadienne de la relance économique (PCRE) pour un moment. 

C'est clair pour moi qu'il faut être là jusqu'à ce qu'on ait réussi à passer à travers, a-t-il déclaré. 

Ces propos rassurent Viviane Morin. La PCRE sauve beaucoup de gens, dit-elle. Il va falloir soutenir les artistes à long terme, car ils et elles auront moins de nouveaux contrats [après la pandémie] puisque beaucoup de productions ont été reportées.

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