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Élections et pandémie à Terre-Neuve-et-Labrador : l’exemple d’autres provinces

La campagne électorale Terre-Neuve-et-Labrador a connu une série de défis et d'ajustements au cours des dernières semaines. Voici comment d'autres provinces s'y sont prises.

Des gens font la queue dans un stationnement devant un bureau de scrutin.

Les électeurs qui faisaient la queue pour voter au Nouveau-Brunswick en septembre devaient rester à deux mètres les uns des autres, entre autres mesures de prévention de la contagion.

Photo : La Presse canadienne / Paul Harpelle

Radio-Canada

Terre-Neuve-et-Labrador aurait-elle pu tirer des leçons des expériences des autres provinces qui ont déclenché des élections en pandémie? Le Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre des communes s’est penché sur ce genre de question pendant une série de réunions virtuelles pour se préparer aux prochaines élections fédérales.

Il y a eu à cette occasion des témoignages de directeurs généraux d'élections et de médecins hygiénistes en chef de trois provinces, le Nouveau-Brunswick, la Saskatchewan et la Colombie-Britannique. Ces témoignages ont permis d'étaler les grands défis de tenir des élections en toute sécurité.

Toutes ces provinces, y compris Terre-Neuve-et-Labrador, ont augmenté le nombre de bureaux de scrutin et adopté des politiques sur le port du masque, l’usage de produits désinfectants et le nombre de personnes admises à la fois dans un bureau de scrutin afin de respecter les consignes de santé publique.

Une trousse de bulletin de vote par correspondance.

Élections Saskatchewan a envoyé par la poste plus de 61 000 bulletins de vote pour les élections provinciales de 2020.

Photo : Elections Saskatchewan

Les provinces ont aussi encouragé le vote postal et ces efforts ont porté des fruits. En Colombie-Britannique, les demandes de bulletin de vote par la poste ont augmenté de plus de 7000 %.

Le directeur adjoint d’Élections Nouveau-Brunswick, David Owens, a dit qu’il était très content qu’il n’y ait pas eu beaucoup de cas de COVID-19 dans sa province pendant le scrutin du 14 septembre.

Deux provinces particulièrement proactives

En Saskatchewan, il y a eu un vote anticipé pendant cinq jours, afin de réduire le nombre de gens dans les bureaux de scrutin le jour même des élections.

Dès mai 2020, plusieurs mois avant le déclenchement des élections en Saskatchewan, le directeur général des élections a publié un rapport dans lequel il recommandait, entre autres, qu’on lui confère le pouvoir d’adapter les processus électoraux si une épidémie contagieuse grave touchait la province.

Par la suite, le gouvernement de la Saskatchewan a modifié ses règlements électorales pour que l’état d’urgence sanitaire soit défini comme une urgence en vertu de la loi. De telles précisions ne se trouvent pas dans la loi à Terre-Neuve-et-Labrador, où une certaine confusion sur le rôle et les pouvoirs des divers intervenants a précédé l’annulation du vote en personne.

Stephen Kenny, politologue à l’Université de Régina, souligne une étroite collaboration dans sa province. Oui, la santé publique et Élections Saskatchewan travaillaient main dans la main. Il n'y a pas de doute là-dessus, dit-il.

En Colombie-Britannique, avant même la pandémie, une section de la loi électorale indiquait déjà très clairement que le directeur général des élections peut en cas d’urgence ou de circonstances extraordinaires, émettre des ordonnances de dérogation à la loi sur les élections.

Il y avait la possibilité de voter par téléphone, ce qui est important pour les personnes atteintes de la COVID ou en isolement. Ce mode de scrutin ne figure pas dans la loi à Terre-Neuve-et-Labrador, où le directeur général des élections avait proposé que ces personnes votent au volant. Cette possibilité a été annulée peu de temps après.

Bruce Chaulk interviewé.

Le directeur général des élections de Terre-Neuve-et-Labrador, Bruce Chaulk.

Photo : CBC

En Colombie-Britannique, des équipes mobiles dotées d’équipement de protection complet pouvaient être déployées. On a aussi modifié le plafond des dépenses des partis pour l’achat d’équipement de protection personnelle.

Les partis à Terre-Neuve-et-Labrador promettent une réforme

Le Nouveau Parti démocratique et le Parti progressiste-conservateur de Terre-Neuve-et-Labrador parlent depuis des années de réformer la loi électorale. Le chef libéral Andrew Furey a aussi promis de le faire, la semaine dernière. Les partis sont d’accord sur la nécessité de faire des changements pour éviter de possibles confusions à l’avenir.

À Ottawa, tous les directeurs de scrutin consultés par le Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre des communes ont dit qu’il faut être prêt pour des élections à tout moment. Ils ont précisé qu’en cas de déclenchement d’élections hâtives, il serait préférable de prolonger la période du scrutin, pour que les autorités soient bien préparées.

Certaines provinces ont d'ailleurs une règle qui prévoit qu’en cas d’élections hâtives, il faut que la campagne électorale dure quelques jours de plus.

Rappelons qu’Andrew Furey avait choisi une campagne de 28 jours, soit la durée minimale permise par la loi.

Avec les renseignements de Josée Basque et de Patrick Butler

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