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COVID-19 : l'espérance de vie des Québécois a diminué de cinq et huit mois

La pandémie a renversé plusieurs tendances démographiques au Québec.

Trois personnes, de dos, marchent au cimetière Mont-Royal.

Le cimetière Mont-Royal à Montréal est encore ouvert au public.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

La pandémie de COVID-19 a occasionné une hausse des décès de 10 % au Québec et une baisse de l'espérance de vie de cinq mois chez les hommes et de huit mois chez les femmes, indique une nouvelle analyse de l'Institut de la statistique du Québec.

Ces résultats sont tirés du bulletin La mortalité et l'espérance de vie au Québec en 2020 (Nouvelle fenêtre), rendu public mercredi.

La pandémie de COVID-19 a eu une influence importante sur la mortalité enregistrée au Québec en 2020, indiquent les auteurs de l'ISQ, Frédéric Fleury-Payeur et Ana Cristina Azeredo.

Alors que 67 800 décès avaient été enregistrés en 2019, l'estimation provisoire de 2020 en rapporte 74 550, soit une hausse de 6750 décès, ce qui représente une augmentation de 10 %.

S’il est attendu que le nombre de décès augmente d’une année à l’autre en raison de la croissance de la population et surtout du vieillissement démographique, une hausse de cette ampleur constitue une exception.

Une citation de :Extrait du rapport

Les auteurs de l'étude soulignent que la hausse annuelle de la mortalité est habituellement de 2 %.

C'est entre le 22 mars et le 6 juin, au plus fort de la première vague, que la surmortalité a été la plus élevée avec 18 900 décès (au lieu de 14 200 en 2019). La hausse observée a été de 33 % plus élevée durant cette période.

Baisse « notable » de l'espérance de vie

La COVID-19 a aussi provoqué une baisse notable de l'espérance de vie des Québécoises et des Québécois.

Chez les hommes, celle-ci est passée de 81 ans à 80,6 ans (-5 mois) entre 2019 et 2020. Chez les femmes, l'espérance de vie est passée de 84,7 ans à 84 ans en 2020 (-8 mois).

L’ampleur de la baisse observée entre 2020 et 2019 fait figure d’exception.

Une citation de :Extrait du rapport

Les deux démographes soulignent que, depuis 2010, l'espérance de vie augmentait en moyenne de 2,3 mois par an chez les hommes au Québec et de 1,5 mois chez les femmes.

Pourquoi la baisse est-elle plus accentuée chez les femmes? Interrogé par Radio-Canada, Frédéric Fleury-Payeur avance qu'il est notamment possible que la forte représentation de femmes dans les milieux de vie où la COVID a sévi davantage soit en cause.

Il faut aussi rappeler que les gains des femmes étaient inférieurs à ceux des hommes depuis plusieurs années. Si les hommes ont continué à faire d’autres gains supérieurs à ceux des femmes dans la mortalité hors COVID en 2020, cela pourrait également expliquer une partie de l’écart, ajoute-t-il avant de mentionner que de plus amples recherches seront nécessaires pour expliquer cette situation.

Précisions sur l'espérance de vie

L'ISQ précise que l'espérance de vie du moment (en l'occurrence 2020) résume le niveau de mortalité, indépendamment de la structure par âge de la population. Elle ne représente pas la durée de vie moyenne qu’une génération vivra dans les faits car cette durée dépendra de l’évolution de la mortalité jusqu’à l’extinction complète de la génération.

Cette réduction de l'espérance de vie est aussi observable dans des pays comme la France, les États-Unis ou les Pays-Bas. Néanmoins, le Québec se distingue par le fait que la baisse de l'espérance de vie est plus importante chez les femmes que chez les hommes.

Dans les trois autres pays, la baisse est plus marquée chez les hommes (-0,5 an en France, -0,8 an aux Pays-Bas et -1,2 an aux États-Unis) que chez les femmes.

Ces nouvelles données viennent compléter un portrait déjà sombre. Selon Statistique Canada, la COVID-19 a été la troisième cause de décès au pays en 2020.

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