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La baisse de la maltraitance des enfants durant la pandémie inquiète les experts

Un enfant s'essuie les yeux en serrant un animal en peluche contre lui.

La protectrice des enfants et des jeunes, Ainsley Krone, estime que de nombreux cas de maltraitance ne sont pas signalés dans la province.

Photo : iStock

Radio-Canada

Au Manitoba, le nombre d’enfants souffrant de blessures graves arrivant aux urgences est en baisse par rapport à l’année dernière. Les protecteurs des enfants et des jeunes craignent que les restrictions sanitaires n'empêchent le signalement de mauvais traitements infligés aux enfants et, donc, leur admission aux urgences.

Au Manitoba, les données indiquent que 675 enfants présentant des blessures ont été conduits aux urgences à Winnipeg en janvier 2021, alors que ce nombre était de 970 en janvier 2020.

Selon la protectrice des enfants et des jeunes, Ainsley Krone, cette apparente bonne nouvelle cache en fait une réalité difficile

En raison des restrictions liées à la COVID-19 auxquelles nous sommes tous soumis en ce moment, les enfants ont moins de contacts avec les adultes de la communauté qui les surveillent habituellement.

La pédiatre de Winnipeg Megan Cooney traite les patients qui lui sont envoyés par les services de l'enfance et de la famille, ainsi que des infirmiers ou des médecins qui craignent qu'un enfant n'ait été maltraité.

Tout comme Mme Krone, Mme Cooney est préoccupée par le fait que les mauvais traitements ne seraient pas signalés, car les enfants ont moins de contacts avec les adultes de la communauté dans le cadre des activités scolaires ou extrascolaires.

Nous ne savons pas s'il y a réellement moins de violences qui se produisent ou si celles-ci sont moins signalées.

La pédiatre explique également que, bien que beaucoup de ces cas passent par un service d'urgence, un grand nombre de cas concernent des blessures moins graves qui ne conduiraient probablement pas un enfant à l'hôpital.

Il faut un meilleur système de signalement

Selon Ainsley Krone, les protecteurs des enfants et des jeunes n’ont pas une vision complète de la maltraitance. Ils ne sont pas en mesure de connaître le nombre réel d’enfants qui subissent des blessures graves au Manitoba et souhaiteraient un meilleur système de signalement.

En vertu de la Loi sur le protecteur des enfants et des jeunes, adoptée en 2018, celui-ci a le pouvoir d'enquêter sur les blessures graves des enfants lorsqu'elles sont signalées à son bureau. Ces blessures peuvent avoir été constatées par les services à l'enfance et à la famille ainsi que les services de santé, de justice ou scolaires.

Cependant, Mme Krone estime que la partie de la loi qui impose aux agences gouvernementales d'effectuer un signalement n'est pas encore entrée en vigueur, ce qui signifie que de nombreux incidents passent entre les mailles du filet.

Parfois, on découvre des incidents seulement lorsque les médias en parlent ou que la communauté nous les signale.

Mme Krone pense que ce manque de signalements est grave pour les enfants qui font l’objet de maltraitance. Par exemple, une tentative de suicide ayant entraîné une hospitalisation pourrait faire l’objet d’une enquête par le protecteur si elle lui est signalée directement.

Il est important de pouvoir enquêter là-dessus, étant donné qu'il s'agit de la principale cause de décès des personnes âgées de 11 à 17 ans au Manitoba., explique-t-elle.

Si nous pouvons comprendre où les enfants subissent des blessures graves, alors nous pouvons faire notre travail pour rendre les communautés plus sûres.

Plus nous en savons, plus nous pouvons fournir d'informations aux prestataires de services et au gouvernement sur la manière d’être plus efficaces et, ainsi, espérons-le, éviter davantage de décès.

Le plus dur, c’est de penser à tout ce qui se passe sans que nous ne le sachions.

Une citation de :Ainsley Krone, protectrice des enfants et des jeunes

Dans un courriel, la ministre de la Famille, Rochelle Squires, a déclaré qu'elle s'engageait à revoir la Loi sur le protecteur des enfants et des jeunes en temps utile.

Avec les informations de Sarah Petz

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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