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Irak : 10 roquettes visent une base abritant des Américains, un civil meurt

Deux soldats dans un char d'assaut avec un drapeau américain.

Des troupes américaines sont encore présentes en Irak, notamment dans l'ouest du pays, près de la frontière avec la Syrie. Ci-dessus, des soldats américains le 12 janvier 2021.

Photo : Getty Images / AFP / DELIL SOULEIMAN

Agence France-Presse

Un sous-traitant civil américain est mort d'une crise cardiaque lors d'une attaque à la roquette visant une base abritant des militaires américains en Irak, a annoncé mercredi le Pentagone.

Environ 10 roquettes ont été tirées sur la base aérienne d'Aïn al-Assad. L'employé contractuel a été frappé par cette crise cardiaque alors qu'il s'était mis à l'abri. Il est décédé peu après, a-t-on précisé de même source. Cette attaque a été menée deux jours avant une visite historique du pape François en Irak.

Cette nouvelle attaque, déjà précédée de plusieurs avec le même mode opératoire ces deux dernières semaines, vient rappeler à quel point la première visite d'un souverain pontife en Irak est un casse-tête logistique. Elle survient effectivement deux jours avant une visite historique du pape François dans le pays.

En plus des restrictions sanitaires prises pour tenter d'endiguer une deuxième vague inquiétante de COVID-19 dans le pays, les tensions entre les deux puissances agissantes en Irak, l'Iran et les États-Unis, sont un obstacle supplémentaire au bon déroulé du programme papal.

Sur les 10 roquettes tirées sur la base aérienne irakienne d'Aïn al-Assad, plusieurs se sont abattues à l'intérieur même de la section où sont stationnés des soldats américains de la coalition internationale antidjihadistes, ont précisé des sources de sécurité irakienne et occidentale.

Les forces de sécurité irakiennes mènent l'enquête, a précisé sur Twitter le colonel Wayne Marotto, porte-parole américain de la coalition internationale antidjihadistes, alors que Washington montre régulièrement du doigt les factions armées pro-Iran pour ces attaques, qui se sont multipliées ces dernières semaines.

La source de sécurité irakienne a précisé que les projectiles avaient été tirés depuis un village proche d'Aïn al-Assad.

Le commandement militaire irakien a précisé que les 10 roquettes tirées étaient de type Grad. Plus précisément de type Arash, ont détaillé à l'AFP des sources de sécurité occidentales, de fabrication iranienne et plus imposantes que les roquettes utilisées jusque récemment.

Tensions entre les États-Unis et l'Iran en sol irakien

Ennemis jurés, la République islamique d'Iran et les États-Unis ont tous deux une présence ou des alliés en Irak. Les États-Unis, à la tête de la coalition combattant l'EI, y déploient quelque 2500 militaires et l'Iran a entre autres le soutien du Hachd al-Chaabi, une puissante coalition de paramilitaires intégrée à l'État irakien composée principalement de factions armées financées et armées par l'Iran.

Si l'Irak a connu un calme relatif à l'automne avec l'annonce d'une trêve des pro-Iran face aux menaces des États-Unis de retirer purement et simplement tous leurs soldats et diplomates du pays, une escalade a récemment commencé.

En février, des roquettes sont tombées près de l'ambassade américaine à Bagdad, puis d'autres ont visé la base aérienne irakienne de Balad, plus au nord, blessant un employé irakien d'une entreprise américaine chargée de l'entretien de F-16.

Des roquettes ont également touché une base militaire abritant la coalition à l'aéroport d'Erbil, la capitale du Kurdistan irakien, longtemps vu comme un havre de paix dans un Moyen-Orient déchiré par les guerres. Deux personnes ont péri, dont un entrepreneur civil étranger travaillant avec la coalition.

Un membre des forces armées irakiennes marche devant une murale représentant le pape François à Bagdad, le 1er mars 2021.

Le pape François est attendu en Irak du 5 au 8 mars 2021.

Photo : Getty Images / AFP / SABAH ARAR

Le pape François est attendu vendredi à Bagdad et dimanche à Erbil, où il doit célébrer une messe dans un stade qui sera rempli de fidèles. Il a déclaré mercredi maintenir son voyage en Irak en dépit des tirs de roquettes.

En raison de la stabilité sécuritaire précaire dans le pays et de la pandémie mondiale de COVID-19, le souverain pontife argentin sera privé des bains de foule qu'il affectionne habituellement.

En outre, pour parer au pire, un confinement national sera décrété durant toute la visite papale, du vendredi 5 au lundi 8 mars.

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