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Colombie : 10 dissidents de la FARC tués dans un bombardement

Un homme debout devant un pupitre entouré de soldats.

Le ministre colombien de la Défense Diego Molano lors d'une conférence de presse à Bogota

Photo : via reuters / -

Agence France-Presse

Dix guérilleros ont été tués et trois autres ont été blessés mardi dans le bombardement par l'armée de l'un des principaux groupes dissidents de l'ex-rébellion de la FARC, dans le sud-est de la Colombie, a-t-on annoncé de source officielle.

Le ministre de la Défense, Diego Molano, a déclaré qu'au cours d'une opération conjointe des forces militaires et policières 13 membres de la dissidence de la FARC commandée par alias Gentil Duarte ont été neutralisés .

Le ministère a précisé dans un communiqué que le bombardement avait été mené par la force aérienne colombienne et a fait 10 morts et 3 blessés, qui ont été capturés par les troupes au sol.

L'opération a eu lieu mardi matin dans une zone rurale de la municipalité de Calamar, du département amazonien du Guaviare, l'une des zones de plus forte influence des dissidents, qui se sont marginalisés de l'accord de paix signé en 2016 par la Force alternative révolutionnaire commune (FARC).

Sans trêve contre les narcocriminels [...] responsables du recrutement de mineurs, d'attaques contre notre force publique, de séquestration et d'extraction minière illégale.

Une citation de :Diego Molano, ministre de la Défense, dans une déclaration transmise aux médias

Il a promis que les opérations militaires contre ce groupe ne cesseraient pas avant d'en avoir atteint son chef, symbole du mal Gentil Duarte, de son vrai nom Miguel Santillana Botache, l'un des ex-commandants dissidents de la FARC les plus recherchés de Colombie.

Bien que la plupart des 13 000 membres de l'ex-guérilla marxiste, dont 7000 hommes et femmes combattants, aient déposé les armes, des factions dissidentes se sont marginalisées du processus de paix ces trois dernières années.

Ces groupes totalisent environ 2500 hommes sans commandement unifié. Financés par le narcotrafic et les mines clandestines, ils se sont renforcés dans des zones isolées du pays, telles que le Guaviare, région de jungle et de plantations de coca, base de la cocaïne, selon le service de renseignement militaire.

Le gouvernement les accuse d'être responsables de plusieurs des plus de 250 assassinats d'ex-guérilleros de la FARC, aujourd'hui transformées en parti politique légal.

La Colombie connaît la pire vague de violence qu'elle ait connue depuis leur désarmement, et dont les principales victimes sont d'anciens rebelles, des défenseurs des droits de l'homme et des leaders communautaires.

Les dissidents des FARC, ainsi que l'Armée de libération nationale (ELN), considérée comme la dernière guérilla active du pays, et des gangs d'origine paramilitaire se disputent le contrôle du trafic de drogue et de l'extraction minière illégale.

Tensions avec le Venezuela

Le président colombien Ivan Duque a annoncé vendredi dernier le déploiement d'un commando d'élite de 7000 militaires destiné à les combattre, mais il n'a encore fait état d'aucune opération.

Début février, il avait réaffirmé que des rebelles de l'ELNsont protégés au Venezuela, ce à quoi le président Nicolas Maduro avait riposté en promettant de répondre avec force à la création de ce commando si Ivan Duque osait violer la souveraineté du Venezuela.

Bien que l'accord avec la FARC en ait diminué l'intensité, la Colombie reste minée par une complexe guerre interne, qui depuis les années 1960 a vu s'affronter guérillas, milices paramilitaires d'extrême droite et forces armées, faisant plus de neuf millions de victimes (morts, disparus, déplacés).

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