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« Snowbirds » vaccinés : « On recommence à vivre »

Huit personnes autour d'une table

Ces huit « snowbirds », qui expliquent avoir formé une « bulle sociale », se rassemblent pour des soupers de groupe depuis que la majorité d'entre eux sont vaccinés.

Photo : Radio-Canada / Fannie Bussières McNicoll

Si, au Québec, la campagne de vaccination à grande échelle en est à ses premiers balbutiements, elle est déjà bien entamée aux États-Unis. Parmi les vaccinés, des « snowbirds » qui ont eu cette chance en raison de leur statut de résident saisonnier en Floride. Et qui sont heureux et soulagés de pouvoir, lentement, reprendre un semblant de vie normale grâce à cette nouvelle protection.

Autour de la table, quatre couples d’amis savourent des crêpes aux fruits de mer de la Gaspésie. La scène ne se déroule pas près du rocher Percé sous la neige, mais plutôt à la chaleur, sur une terrasse au parc de maisons mobiles Pembroke, en Floride. Les huit « snowbirds » discutent, rient et trinquent à la santé des Américains qui leur ont permis de se faire vacciner.

Depuis plusieurs semaines déjà, cinq des huit membres du groupe, ceux âgés de 65 ans et plus, sont vaccinés. Aux États-Unis, c’est 15 % de la population qui ont déjà reçu au moins une dose du vaccin contre la COVID-19 et plus de 7 % qui sont pleinement vaccinés. Les autorités floridiennes permettent aux résidents saisonniers de recevoir le précieux sérum. Jacques Lajeunesse en est très reconnaissant.

Un couple assis devant leur demeure en Floride.

France Guindon et Jacques Lajeunesse sont des résidents saisonniers de la Floride depuis plusieurs années.

Photo : Radio-Canada / Fannie Bussières McNicoll

« On se sent heureux, privilégiés. Merci aux Américains qui sont très généreux d’avoir fait ça pour nous! »

— Une citation de  Jacques Lajeunesse, résident saisonnier de la Floride nouvellement vacciné

En face de lui à table, Jean Simard raconte son expérience de vaccination avec émotion. Quand j’ai su quel jour je pourrais recevoir le vaccin, je suis parti à 5 h 30 du matin. On a été reçu comme si on était des Américains, dit-il. Quelques heures plus tard, j’étais de retour à la maison. J’étais soulagé. Quand ça aurait pu arriver au Québec, on ne le sait pas!

Un privilège qui ne plaît pas à tout le monde

Le privilège accordé aux « snowbirds » ne fait pas l’unanimité. Certains, comme Art Eastman, un touriste venu du Michigan et rencontré sur la plage de Hollywood près de Miami, n’y voit aucune objection : Tant mieux pour eux! Faites-vous vacciner si vous le pouvez! C’est une pandémie mondiale après tout!

D’autres, comme la courtière immobilière locale Eve McBride, sont d’un tout autre avis. J’ai 66 ans et je n’ai toujours pas obtenu de rendez-vous pour me faire vacciner. Je crois que les Floridiens devraient recevoir le vaccin en premier, avant les visiteurs étrangers, déclare-t-elle.

Lise Lozeau, la conjointe de Jean Simard, comprend cette réaction, mais répond ainsi aux Américains mécontents.

Un couple souriant photographié le soir devant un petit lac.

Lise Lozeau et Jean Simard sont heureux de voir la vie reprendre son cours normal peu à peu depuis leur vaccination.

Photo : Radio-Canada / Fannie Bussières McNicoll

« D’abord, on a l’âge. Moi, j’ai 72 ans, et j’habite ici. J’apporte de l’argent, je paie des taxes et je magasine ici. Je fais la même chose que les Américains et je pense que la plupart d’entre eux sont contents qu’on soit ici. »

— Une citation de  Lise Lozeau, résidente saisonnière de la Floride nouvellement vaccinée

Consciente que certains Québécois critiquent leur décision d’être venu en Floride malgré la recommandation d’éviter les voyages non essentiels et d’avoir profité d’une vaccination accélérée, elle répond qu’elle a plutôt l’impression d’enlever un poids sur le système de santé québécois. On donne la chance aux Québécois d’avoir leur vaccin puisque nous, on l’a déjà eu. Si on est des milliers à l’avoir reçu aux États-Unis, ça fait des milliers de vaccins de plus à donner à des Québécois.

Le reportage complet de Fannie Bussières McNicoll a été diffusé à l'émission de radio L'heure du monde.

Une délivrance

Même si elle est consciente que le vaccin n’offre pas une protection absolue et que les personnes vaccinées peuvent demeurer des vecteurs du virus, Lise Lozeau a senti que son arrivée a changé son état d’esprit général. On se sent bien. Je me sens comme délivrée, ajoute-t-elle.

Jean Hamel, l’aîné du groupe du haut de ses 78 ans, est très heureux d’avoir reçu ses deux doses du vaccin Pfizer-BioNTech.

Un couple au bord d'un lac, photographié le soir.

Jean Hamel et Diane Laperle sont heureux et soulagés d'avoir eu la chance de se faire vacciner aux États-Unis.

Photo : Radio-Canada / Fannie Bussières McNicoll

« C’est fantastique. Pour moi, la COVID-19, c’est du passé! C’est derrière moi! »

— Une citation de  Jean Hamel, résident saisonnier de la Floride nouvellement vaccinée

Annie Tremblay, l’hôtesse de la soirée, n’est pas encore vaccinée parce qu’elle n’a que 56 ans. Mais elle est convaincue qu’elle réussira à se faire vacciner avant son départ de la Floride en avril. Pour elle, le vaccin contre la COVID-19 rime avec espoir et lent retour à la normale.

« Ça fait des mois que la vie est sur pause. Et maintenant, je crois que le vaccin permet aux gens de recommencer à vivre. »

— Une citation de  Annie Tremblay, résidente saisonnière de Floride

Vaccinés, mais toujours prudents

Annie Tremblay sait bien qu’un souper de groupe comme celui-ci, où la proximité est inévitable, a de quoi déstabiliser les observateurs extérieurs, alors que la pandémie est encore active et qu’il est impossible au Québec de faire des rassemblements de ce genre.

Un couple pris en photo devant leur demeure, au parc de maisons mobiles Pembroke en Floride

Jean Lafrenière et Annie Tremblay, tous deux âgés de moins de 65 ans, attendent avec impatience de pouvoir être vaccinés comme leurs amis.

Photo : Radio-Canada / Fannie Bussières McNicoll

Elle assure que ce type de réunion n’a repris que depuis quelques semaines, avec la vaccination des membres les plus âgés du groupe. Avant, on n’aurait jamais fait un souper comme ça. On faisait des rencontres sur le quai, à distance les uns des autres. Mais là, les plus vulnérables sont vaccinés. Donc, on se sent tous plus en sécurité, dit-elle.

Elle ajoute qu’elle et ses amis forment une espèce de bulle sociale et qu’ils continuent tous à respecter les normes sanitaires lorsqu’ils interagissent avec d’autres personnes dans le parc de maisons mobiles ou dans les endroits publics. De plus, tous les membres du groupe insistent pour dire qu’ils comptent suivre les mesures de dépistage et de quarantaine en vigueur à leur retour au Québec.

Jacques Lajeunesse, 66 ans, a eu quelques ennuis de santé ces dernières années. Il sent qu’un poids est tombé de ses épaules depuis qu’il est vacciné. Je suis plus calme. Mais ça ne veut pas dire que je suis imprudent pour autant. On porte le masque dans les endroits publics. Tout ce qu’on fait, on le fait avec précaution, dit-il avant de conclure ainsi : Mais moi, dans mon coeur et dans mon âme, je me sens protégé et libéré, tout simplement.

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