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Port de Contrecoeur : la prospérité pour les uns, un outrage pour les autres

Les installations actuelles du port de Montréal à Contrecoeur

Les installations contrecoeuroises du port de Montréal prendront beaucoup d'expansion au cours des prochaines années.

Photo : Radio-Canada / Benoît Chapdelaine

La décision d'Ottawa d'autoriser la construction d'un terminal de conteneurs à Contrecoeur est généralement bien accueillie dans la petite municipalité montérégienne. Plusieurs citoyens craignent toutefois l'impact sur la circulation et sur l'environnement.

Cette année, nous allons faire une plage urbaine pour redonner le fleuve à la population, ce qui est très important pour notre communauté.

La mairesse de Contrecoeur, Maud Allaire, dresse la liste des travaux prévus dans sa ville pour améliorer la qualité de vie et l'environnement. Il y a eu aussi la décision de protéger un boisé dans un secteur commercial pour ne pas créer trop d'îlots de chaleur et pour que la population des environs ne subisse pas de désagréments de lumières, d'odeurs ou de sons.

Pour elle, l'arrivée prochaine d'un terminal de conteneurs avec des milliers de camions sur les routes est certainement une bonne nouvelle, même si les groupes écologistes la perçoivent autrement.

Je fais confiance aux scientifiques, aux experts de l'Agence canadienne environnementale. Ce sont des gens très qualifiés qui ont fait l'étude, souligne-t-elle. Il y a quand même plus de 330 mesures que le port devra mettre en oeuvre!

C'est sûr que dans tout projet majeur, il y a toujours des ajustements à faire, mais en même temps il faut donner un essor économique à la population, aux gens qui veulent des emplois de qualité, pour eux aussi élever une famille et amener leurs enfants à l'université ou dans tout autre rêve ou projet.

Une citation de :Maud Allaire, mairesse de Contrecoeur

Le projet d'expansion du port, dans les cartons depuis les années 1980, a accéléré le développement de Contrecoeur. La mairesse présente d'ailleurs fièrement le chantier où une dizaine de commerçants vont s'établir dans les prochains mois.

On va avoir notre première succursale de la SAQ, se réjouit-elle. Avant, elle était à l'intérieur d'un IGA, un petit, mais là on va avoir 600 produits. On va avoir un Dollarama, un restaurant à déjeuner, une animalerie... C'est beaucoup de beaux projets qui arrivent.

De 5600 personnes en 2006, la population de Contrecoeur s'approche maintenant de 10 000, une croissance fulgurante en 15 ans.

Il nous reste seulement 200 permis de construction pour les gens qui veulent venir vivre ici. Si on regarde le marché immobilier, des gens me disent qu'ils n'ont pas le temps que [leur maison] soit affichée en ligne que, déjà, ils vendent.

Mme Allaire prenant la pose devant un chantier de construction, en hiver.

La mairesse de Contrecoeur, Maud Allaire

Photo : Radio-Canada / Benoît Chapdelaine

Dans la rue, les gens sont généralement favorables au projet, mais parfois avec une certaine réserve.

Nous, ça ne fait pas longtemps qu'on habite ici, dit une jeune mère. Je travaille à Montréal et, honnêtement, je suis vraiment enthousiaste que ce soit un peu plus sur la map ici.

Ça va faire augmenter la valeur des terrains, résume une autre citoyenne. La plupart des gens sont contents pour ça. Leurs maisons valent plus. Il va y avoir plus de commerces qui s'installent. Mais pour l'environnement, je m'inquiète un peu. Le nombre de camions, tout ça...

On a la chance que ce soit assez loin des résidences, dit un homme plus âgé. J'espère que ça va être du bon côté. On est supposé ouvrir un aménagement pour les camions du côté de Verchères, vis-à-vis des terres agricoles plus que du côté des industries, alors ça devrait être bon.

Comme sur le Titanic

On est comme sur le Titanic : on a une vigie, on voit l'iceberg en avant de nous, on [essaie de] changer de direction, sachant très bien que ça ne va pas changer grand-chose, mais comme citoyens on ne peut pas faire autrement.

Debout devant des terrains en bordure du fleuve, Claude Dansereau, du groupe Vigie citoyenne Contrecoeur, tente depuis des années de bloquer le projet d'expansion du port de Montréal.

Ils veulent excaver 750 000 mètres cubes dans des plages où l'on allait se baigner dans les années 1970, où l'on regardait les bateaux passer le dimanche après-midi, dit-il.

Les bateaux qui le divertissaient il y a 50 ans menacent maintenant le paysage. Car M. Dansereau ne se bat pas seulement pour protéger le chevalier cuivré, un poisson en voie de disparition qui a fait couler beaucoup d'encre au cours des dernières années.

Les îles de Contrecoeur, c'est une réserve nationale faunique [...] où il y a un problème sérieux d'érosion. Ça ne s'améliorera pas avec l'arrivée de huit à neuf navires de plus par semaine.

Une citation de :Claude Dansereau, Vigie citoyenne Contrecoeur

Transports Canada veulent faire une étude pour voir comment l'érosion pourrait être affectée par le transport, [mais] on n'a toujours pas de nouvelles de ça, poursuit-il. Et en plus, l'érosion ne faisait pas partie de l'étude d'impact de l'Agence d'évaluation.

M. Dansereau devant un terrain vague. « Accès interdit », indique un panneau du Port de Montréal.

Claude Dansereau, du groupe Vigie citoyenne Contrecoeur, là où des ouvriers s'activeront dans les prochains mois.

Photo : Radio-Canada / Benoît Chapdelaine

Claude Dansereau reconnaît que le ministre fédéral de l'Environnement, Jonathan Wilkinson, a fixé au port 330 conditions à respecter pour mener à bien son projet. Mais pour faire respecter ça, ça prendrait une armée de biologistes, remarque-t-il. Est-ce qu'ils vont embaucher une armée de biologistes?

Il est minuit moins une, dit-il. Après tout, le projet de terminal de conteneurs doit être achevé en 2024.

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