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Le marché immobilier surchauffe à Moncton

Attendre que la vague passe ou s'engager dans la frénésie, c’est le dilemme des acheteurs à Moncton.

Un homme devant une maison.

Mario Charlebois compte bientôt vendre cette propriété à Moncton.

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Hughes

Radio-Canada

À Moncton, les maisons à vendre se font rares et celles qui le sont s'envolent souvent bien au-delà du prix demandé. La raison est simple : les acheteurs sont nombreux à faire une offre, ce qui mène à une surenchère et donc à une augmentation des prix.

Si les vendeurs font des affaires en or - certains reçoivent des dizaines de milliers de dollars de plus que le prix demandé - les acheteurs ont du mal à trouver une propriété à leur goût.

Il y a beaucoup plus d'acheteurs que de maisons à vendre tout de suite, convient Chantal Albert, une agente immobilière de la région de Moncton.

Une femme dehors, l'hiver.

L'agente immobilière Chantal Albert

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Hughes

Plus que jamais, les potentiels acheteurs se font concurrence. Des maisons qui se vendaient 180 000 $ il y a un an peuvent coûter plus de 220 000 $ par les temps qui courent, selon l’agente immobilière.

Les Canadiens ont de plus en plus d'appétit pour le marché immobilier néo-brunswickois, plus abordable que celui des grandes villes ailleurs au pays. Ce phénomène s’est accentué depuis le début de la pandémie.

Les gens cherchent à venir s'installer ici pour un style de vie et pour nos maisons encore abordables.

Une citation de :Chantal Albert, agente immobilière

On voit beaucoup de gens déménager dans notre région de l'extérieur de la ville, des gens du Québec, de l'Ontario, de la Colombie-Britannique, même au niveau international, observe Chantal Albert.

Compétition féroce entre acheteurs

Sophie Doucet fait partie de ces gens qui reviennent au Nouveau-Brunswick, sa province natale. Elle réside à Porters Lake, non loin d'Halifax, où l’embellie immobilière existe depuis quelques années déjà.

Pour acquérir sa nouvelle maison en périphérie de Moncton, elle a dû jouer du coude contre les sept acheteurs qui tentaient eux aussi de mettre la main dessus.

Il faut être prêt à mettre au moins 30 000 $ de plus que le prix demandé, ou plus que ça aussi.

Une citation de :Sophie Doucet

Sophie Doucet a dû déposer trois offres, plus élevées les unes que les autres, pour conclure la transaction. Ce n'est pas le fun de devoir mettre beaucoup plus que le prix demandé et de devoir compétitionner pour avoir une maison où habiter, s’indigne-t-elle.

Il y a eu un moment qu'on a fait : "On va-tu vraiment trouver une maison ou on va être obligé d'acheter quelque chose qu'on ne voudrait pas vraiment", mais on a trouvé par chance notre maison, raconte-t-elle.

Simon Plouffe et sa conjointe n’ont pas eu la même chance et n’ont toujours pas réussi à mettre la main sur une propriété.

Ils ont jeté leur dévolu sur le quartier Garden Hill, un quartier en vogue non loin de l’hôpital George-L.-Dumont.

Un homme dehors, en manteau, l'hiver.

Simon Plouffe cherche à acheter une maison dans le quartier Garden Hill, à Moncton.

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Hughes

Simon Plouffe n'a même pas eu le temps de visiter la maison de ses rêves qu'elle était déjà vendue. La surchauffe du marché immobilier est plus marquée qu'il ne l'avait anticipée.

Je vois des semi-détachés qui se vendaient peut-être autour de 200 000 $ il y a un an, se rappelle-t-il. C'est rendu au-dessus de 300 000 $.

Wow, les gens sont tombés sur la tête, mais c'est ça le marché.

Une citation de :Simon Plouffe

On aimerait idéalement rester ici, mais on est conscients que probablement, oui, ça va coûter plus cher, et il faudra être patients, ajoute-t-il.

Le bonheur des vendeurs

Les vendeurs, eux, sont en position de force. Des propriétés qui n’auraient peut-être pas été vendues il y a quelques années s’envolent en un claquement de doigts.

L’un de ses vendeurs, Mario Charlebois, n’a eu qu’à faire quelques rénovations dans une de ses propriétés pour attirer les acheteurs.

Au coin d'une rue passante de Moncton, il est sur le point de mettre sur le marché une ancienne maison de chambres qui a plus de 80 ans.

Comme moi je voulais 199 000 $, je l'ai baissé à 198 000 $, c'est tout, indique Mario Charlebois. Il y a d'autres mondes qui attendent. Si vous ne la voulez pas, c'est correct, je vais aller à une autre personne.

La Société canadienne d'hypothèques et de logement a tiré la sonnette d’alarme en janvier. Au dernier trimestre de 2020, elle a conclu que l'augmentation accélérée des prix et la surévaluation causent des déséquilibres importants dans la région.

D'après un reportage de Jean-Philippe Hughes

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