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L’Ontario accueillera plus de travailleurs agricoles migrants cette année qu’en 2020

Des travailleurs accroupis dans un champ.

Un porte-parole pour l’ambassade du Mexique à Ottawa a confirmé que 3500 travailleurs agricoles mexicains sont déjà au Canada, et que des dizaines de milliers d’autres arriveront aux mois de mars et d’avril.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Nicolas Haddad

L'Ontario prévoit de recevoir jusqu’à 24 000 travailleurs agricoles étrangers temporaires en 2021, soit environ 2000 de plus que l’an dernier, selon le ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales.

Chaque année, au moins 60 000 travailleurs étrangers viennent au Canada prêter main-forte aux entreprises agricoles dans le cadre du Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET), la majorité provenant du Mexique.

En janvier, 3600 travailleurs sont arrivés au pays selon Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC), comparé à 3100 à la même période l'année dernière.

L’ambassade du Mexique à Ottawa a d’ailleurs confirmé à Radio-Canada que 3500 travailleurs agricoles mexicains sont actuellement au Canada, et que des dizaines de milliers d'autres arriveront aux mois de mars et d’avril.

Un ouvrier travaille dans un champ.

De nombreux travailleurs étrangers temporaires n'auront pas à effectuer une quarantaine dans un hôtel approuvé par le gouvernement en attendant les résultats du test de dépistage qu’ils feront à leur arrivée au pays.

Photo : Radio-Canada

Tous les vols commerciaux à destination et en provenance du Mexique et des pays des Caraïbes sont suspendus jusqu’au 30 avril. Mais d’ici là, des milliers de travailleurs étrangers atterriront tout de même au Canada sans passer par le processus onéreux mis en place par le gouvernement fédéral pour contrôler le flux de voyageurs étrangers arrivant au pays.

Nous nolisons nos propres vols, confirme Ken Forth, président de la Foreign Agricultural Resource Management Services (FARMS), une société à but non lucratif qui facilite et coordonne le traitement des demandes de travailleurs agricoles saisonniers étrangers depuis 1987.

Pas de quarantaine obligatoire comme les voyageurs non essentiels

D’après une porte-parole d’Emploi et développement social Canada (EDSC), de nombreux travailleurs étrangers temporaires (TET) ne seront pas obligés à se mettre en quarantaine dans un lieu d’hébergement approuvé par le gouvernement en attendant les résultats de leur test de dépistage de la COVID‑19.

Ces TET se rendront plutôt à l’endroit mis à leur disposition par leur employeur pour se mettre en quarantaine conformément aux règles de quarantaine en vigueur.

Des travailleurs étrangers dans un champ.

Les travailleurs agricoles saisonniers seront payés lors de leurs 14 jours de quarantaine, notamment grâce à une subvention fédérale.

Photo : Radio-Canada

Par ailleurs, le gouvernement a apporté des modifications au Règlement sur l’immigration et la protection des réfugiés l’an dernier qui exigent que les TET soient payés pour la période initiale de quarantaine ou de confinement suivant leur arrivée au Canada, qu’ils puissent ou non travailler.

Pour aider les employeurs à débourser deux semaines de salaire et de nourriture pour chaque travailleur étranger en quarantaine, Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) accordera une contribution non remboursable maximale de 1500 $ aux employeurs pour chaque travailleur étranger temporaire qui arrive au Canada.

Le président de FARMS, M. Forth, indique que certains employeurs ont recours à des hôtels pour assurer la quarantaine de leurs travailleurs venus de l'étranger, et que la somme de 1500 $ couvrira difficilement les dépenses des employeurs lors de ces 14 jours.

Plus de protections pour les travailleurs

Rien qu’en Ontario, le secteur agricole a été à l’origine de milliers de cas confirmés de COVID-19 depuis le mois de mars 2020, entraînant notamment la mort de trois ressortissants mexicains qui travaillaient et résidaient dans des exploitations agricoles.

Depuis, les autorités fédérales et provinciales ont mis en place de nombreuses mesures pour améliorer la situation, si une troisième vague d’infections à la COVID-19 doit avoir lieu.

Par exemple, le gouvernement fédéral a publié un document intitulé COVID-19 : Guide pour les travailleurs étrangers temporaires au Canada (Nouvelle fenêtre) pour informer les travailleurs étrangers de leurs droits en matière d'emploi. Le document est disponible en anglais, en français, en espagnol et, sur demande, en thaï et en tagalog.

Un travailleur et son tracteur devant un champ d'asperges.

Les autorités provinciales et fédérales ont multiplié les stratégies pour éviter les éclosions en milieu agricole en instaurant par exemple un site web et une ligne téléphonique qui permettront à quiconque de signaler des abus sur ces lieux de travail.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Emploi et Développement social Canada a également mis en place une ligne téléphonique d’information confidentielle et un portail Web permettant à quiconque de signaler des abus potentiels en lien avec le PTET.

De son côté, l'Ontario a annoncé un plan de prévention de la COVID-19 en milieu agricole au mois de novembre dernier. Parmi les 25 recommandations détaillées dans le plan, il est question de mesures que devront respecter les employeurs comme les travailleurs, ainsi que d’engagements pris par le gouvernement qui incluent un meilleur accès au dépistage pour les travailleurs des exploitations agricoles de l’Ontario.

Pour sa part, Ken Forth, lui-même agriculteur, indique que le secteur agricole ontarien fait des pieds et des mains pour assurer la santé et la sécurité des travailleurs étrangers arrivant dans le cadre du PTET.

Il y a énormément de supervision sur ce programme. Par exemple, la première ligne de contrôle est le service de liaison des Caraïbes et le consulat du Mexique : ils visitent nos fermes. Puis la Direction générale des services d'intégrité de Service Canada fait elle aussi des vérifications sur notre ferme pour s'assurer qu’on est conforme aux directives sur le virus. Ensuite, nous avons les bureaux de santé publique qui visitent nos fermes plusieurs fois par an. Pareil pour le ministère du Travail de l’Ontario. Quoi d'autre voulez-vous ? lance-t-il.

Des gens font la file devant une tente. Ils portent des masques. Du personnel médical fait des tests sous la tente.

Les travailleurs de l'entreprise Mucci Farms passent des tests de dépistage de la COVID-19 à Leamington à la fin du mois de juin 2020. (archives)

Photo : Facebook/Mucci Farms

L’an dernier, la province n’a inspecté que 969 des 49 000 exploitations agricoles ontariennes et a remis un peu moins de 388 avis d’infractions dans le cadre de ces inspections, selon le ministère du Travail de l’Ontario.

Les propriétaires de fermes s’exposent à des amendes allant jusqu’à 1,5 million $ et une peine de prison si les inspections révèlent de la négligence de leur part.

Les travailleurs agricoles seront-ils vaccinés en priorité?

Les appels à faire vacciner les travailleurs migrants en priorité se sont multipliés ces dernières semaines. En Ontario, comme dans d’autres provinces, ceux-ci sont considérés comme des travailleurs essentiels.

La semaine dernière, le réseau Migrant Rights Network, qui dit défendre les droits des migrants et combattre le racisme, a publié une lettre ouverte pour demander aux provinces et au gouvernement canadien d'adopter une stratégie afin de permettre aux migrants et aux personnes sans papiers d'avoir accès au vaccin contre la COVID-19.

Le ministère de la Santé de l’Ontario a déclaré à Radio-Canada que son objectif est de faire en sorte que tous les habitants de l'Ontario qui sont admissibles et qui veulent le vaccin puissent l'obtenir.

Il précise toutefois que la distribution initiale de vaccins est axée sur nos Ontariennes et Ontariens les plus vulnérables qui présentent un risque plus élevé de contracter le virus et qui présentent un risque plus élevé de propager le virus.

En ce qui concerne la vaccination, nous continuons d'avoir ce dialogue avec le gouvernement canadien et nous comprenons que les TET sont considérés comme faisant partie des priorités des provinces, affirme pour sa part un porte-parole de l’ambassade mexicaine à Ottawa.

Un porte-parole du ministère de la Santé de l'Ontario a confirmé à Radio-Canada que les travailleurs étrangers temporaires n’auront pas besoin d'une carte d'assurance maladie de l'Ontario (OHIP) pour recevoir le vaccin.

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