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Pas de toiture démontable pour le stade olympique de Montréal

Le gouvernement Legault, qui a des difficultés à convaincre des entreprises intéressées, renonce à l’idée de doter le prochain toit du stade olympique d’une partie démontable en raison de contraintes techniques, a appris Radio-Canada.

  Gros plan de la toiture du stade olympique.

Le remplacement de l'actuelle toiture du stade olympique de Montréal est attendu depuis plusieurs années.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le stade olympique de Montréal aura-t-il, un jour, une nouvelle toiture? A priori, la réponse est toujours oui. Quand et à quoi ressemblera-t-elle? Les doutes restent nombreux.

Seule certitude : cette prochaine toile, attendue depuis des années, ne sera finalement pas démontable. Concrètement, le toit ne s’ouvrira pas, contrairement aux intentions initiales de Roger Taillibert, l’architecte du bâtiment, très critique, jusqu’à son décès, de la gestion de cette toiture.

La possibilité d’ouvrir le toit du stade olympique avait été évoquée par le Parc olympique et le gouvernement du Québec dans le but d’accueillir certaines manifestations d’envergure, comme la Coupe du monde de soccer de 2026.

Cette option d’une démontabilité était même inscrite dans l’appel de qualification lancé en 2019 afin d’offrir un stade à ciel ouvert pour la tenue d’événements exceptionnels de très grande envergure qui requièrent cette configuration.

Alors que Québec a finalement retiré fin janvier son soutien financier à la candidature de Montréal pour accueillir le grand rendez-vous du soccer mondial, l’équipe de François Legault a aussi revu ses plans pour le stade olympique.

À la suite d’une recommandation du Parc olympique et d’experts en la matière, l’option d’une portion démontable du toit a été retirée de la portée du projet, confirme la ministre du Tourisme, Caroline Proulx, par l'entremise de sa porte-parole.

La priorité demeure d’avoir une toiture fonctionnelle et de qualité, à coût juste, afin de maximiser l’utilisation et le plein potentiel du stade olympique.

Une citation de :Caroline Proulx, ministre du Tourisme
Des trous sont visibles dans la toile du stade olympique.

Les déchirures dans la toile du stade olympique sont nombreuses. Après détection, elles sont réparées avec une rustine composée du même matériel que la toile.

Photo : Radio-Canada / Martin Ouellet-Diotte

Nombre record de déchirures

En 2019, selon les dernières données disponibles, 4728 nouvelles perforations de la toile ont été constatées et réparées, contre 3256 l’année précédente. Jamais le stade olympique de Montréal n’a dénombré autant de déchirures.

Au total, depuis 2007, près de 16 000 déchirures ont été répertoriées. Cet accroissement marqué ne fait que confirmer une fois de plus l’importance de procéder le plus tôt possible au remplacement de la toiture actuelle, écrivait d’ailleurs le Parc olympique dans son dernier rapport annuel, tout en précisant que la sécurité du toit demeure satisfaisante.

Un toit pour un demi-siècle avec une lumière naturelle

Le nombre d’opportunités est très faible sur la période de la toiture qu’on envisage, confirme Michel Labrecque, le président du Parc olympique, dans une entrevue accordée à Radio-Canada.

Le rapport coût, difficulté et bénéfice était donc trop risqué pour maintenir l’idée d’une opercule démontable, juge-t-il.

Ce dont on a surtout besoin, c’est d’une toiture fiable, qui résiste aux conditions climatiques de Montréal, hiver comme été.

Une citation de :Michel Labrecque, PDG du Parc olympique

Cette nouvelle toiture, explique Michel Labrecque, doit durer de 50 à 60 ans et devrait avoir un pourtour de l’anneau technique en verre translucide pour amener de la lumière.

Le budget n’a pas été dévoilé, mais le gouvernement prévoit, dans son dernier Plan québécois des infrastructures 2020-2030, une somme de 226 millions de dollars pour la reconstruction [de la] la toiture et la réfection [de la] tour du funiculaire. D’autres rénovations sont également prévues, notamment des équipements d’éclairage et de sonorisation dans le bâtiment.

Illustration du stade olympique.

Illustration du futur toit du stade olympique tirée de l'appel de qualification lancée par le Parc olympique en 2019.

Photo : Capture d’écran - Appel de qualification du Parc olympique

Un seul candidat pour remplacer la toiture

Les firmes intéressées par ce projet sont cependant rares.

L’an dernier, un seul groupe, Pomerleau-Canam, a rempli une candidature durant le processus d’appel de qualification mené par le Parc olympique, qui en espérait trois avant de lancer un appel de propositions.

C’est vrai que c’était décevant, reconnaît Michel Labrecque, qui admet qu’une réflexion se poursuit, notamment concernant l’option de recommencer ce processus. Une décision sera prise au cours des prochains mois.

Officiellement, le Parc olympique et le gouvernement du Québec répètent qu’aucun nouveau retard n’est, pour le moment, envisagé. En date d’aujourd’hui, la livraison de cette toiture est prévue pour 2024, soutient l’équipe de la ministre Proulx.

Ce calendrier paraît bien optimiste. Selon les plans initiaux, le dossier d’affaires aurait dû être remis au gouvernement, avec des précisions sur les coûts et travaux, au printemps 2020.

Ce rapport devait être la rampe de lancement du projet, avant le choix final du consortium et le début des travaux. Or, celui-ci n’a pas encore été réalisé.

Vue du stade olympique de Montréal de l'intérieur, à partir des gradins.

Le toit du stade olympique est composé à la fois d'une toile intérieure et d'une toile extérieure qui a été installée en 1998.

Photo : Radio-Canada / Martin Ouellet-Diotte

De l’aveu de Michel Labrecque, un éventuel délai supplémentaire ne serait pas catastrophique. On n’est pas à six mois près, dit-il, en faisant référence à l’histoire de ce toit.

On n’a pas les moyens de se tromper. On est extrêmement précautionneux, admet-il. On a appris de la toiture actuelle que mettre une date butoir n’est pas adéquat.

Ce n’est pas quelques mois qui vont faire la différence. Ça fait 20 ans qu’on gère celui-là puis les trous.

Une citation de :Michel Labrecque, PDG du Parc olympique

L’unique groupe ayant fait part de son intérêt pour remplacer cette toiture a également indiqué à Radio-Canada être toujours dans le flou, près d’un an après le dévoilement de l’appel de qualification.

Nous avons été la seule équipe à nous qualifier pour pouvoir soumissionner, ce que nous n'avons pas encore fait, n'ayant pas eu encore les informations pour travailler à soumettre un prix, précise Marie-Noëlle Goulet, directrice des communications de l’entreprise québécoise Canam, qui s’est associée à Pomerleau pour réaliser ce projet.

Nous n'avons pas encore reçu les documents pour commencer notre estimation et ne savons pas si le projet se concrétisera ou non.

Une citation de :Marie-Noëlle Goulet, directrice des communications du Groupe Canam

Pomerleau-Canam pourrait-il réaliser ce projet d’ici 2024? Le consortium n’a pas voulu répondre à cette question. Nous sommes dans une relation commerciale et tout commentaire, positif et négatif, peut avoir un impact sur cette relation d'affaires, reprend Mme Goulet.

Toujours en lice pour la Coupe du monde 2026

Malgré le retrait financier du gouvernement Legault pour soutenir la candidature de Montréal afin d’accueillir une partie de la Coupe du monde de soccer de 2026, le Parc olympique confirme son engagement. À ce jour, le Stade olympique fait toujours partie des enceintes préselectionnées pour la tenue de trois à quatre matchs, selon un porte-parole du Parc olympique.

Michel Labrecque avoue néanmoins être en accord avec la décision de Québec, en parlant d’un cahier des charges énorme, mais il juge que cette organisation serait jouable. Ça aurait eu de la gueule, lance-t-il. On a les esplanades pour gérer la foule. Et le stade a de la gueule.

La candidature de Montréal a cependant du plomb dans l’aile, puisqu’Ottawa a récemment indiqué à Radio-Canada son refus de compenser, financièrement, le retrait de Québec. Le cabinet de la mairesse Valérie Plante devrait annoncer, très prochainement, ses intentions.

Trou béant de la déchirure de la toile du stade olympique de Montréal, vue de l'intérieur.

Le 18 janvier 1999, un effondrement de neige laisse un trou béant dans la toile du stade olympique de Montréal.

Photo : Radio-Canada

Une longue saga

Ce n’est pas la première fois qu’un retard serait à signaler pour le remplacement de cette toile. Après avoir donné le feu vert à ce projet en 2017, le gouvernement du Québec évoquait une fin du chantier en 2022, avant de revoir ses plans.

Installé par l’entreprise américaine Birdair en 1998, ce toit – le deuxième depuis la création du bâtiment – cause tracas et cauchemars depuis des années. En janvier 1999, un panneau de cette toiture s’était déchiré, sous le poids de la glace et de la neige, en pleine préparation du Salon international de l’auto de Montréal.

C’est vrai que c’est une saga, souligne Michel Labrecque, tout en se disant extrêmement positif. C’est vrai qu’on va être apaisé lorsqu’on va avoir passé deux, trois hivers sans s’énerver.

En raison des risques de déchirures, le Stade olympique doit désormais restreindre ses accès et fermer ses portes une bonne partie de l’hiver.

Un règlement y interdit tout rassemblement en cas d'accumulation de neige de 3 cm à moins de 24 heures de l'événement.

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