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Un délai de 4 mois entre les deux doses de vaccin, le pari risqué de la C.-B.

Le plan de vaccination de la province divise la communauté médicale.

La médecin hygiéniste en chef de la C.-B., Bonnie Henry.

Compte tenu des pénuries d’approvisionnement, il est préférable d’immuniser un plus grand nombre de gens plutôt qu’une moitié d’entre eux plaide Bonnie Henry, la médecin hygiéniste en chef de la Colombie-Britannique.

Photo : La Presse canadienne / Chad Hipolito

Si certains experts médicaux emploient des mots durs pour décrire la stratégie de la Colombie-Britannique, qui étend l’intervalle des deux doses de vaccins contre la COVID-19 à quatre mois, d'autres applaudissent son audace.

Preuve qu'après un an de pandémie, les décisions qui entourent la gestion de la vaccination au Canada divisent au sein même de la communauté médicale.

Une efficacité « miraculeuse »

Ma réaction à l'annonce a été très positive, lance d'emblée le Dr Matthew Chow, président de l'Association des médecins de la Colombie-Britannique.

Lundi, le délai maximum entre les doses de vaccins est passé de 42 à 112 jours dans la province, soit bien au-delà de la période prescrite par les compagnies pharmaceutiques à la suite d'essais cliniques.

La médecin hygiéniste en chef de la Colombie-Britannique, Bonnie Henry, défend son plan, pour l’heure unique au Canada, en citant des preuves « sur le terrain » qui démontrent la forte efficacité du vaccin dès la première dose.

Si forte en fait que le Dr Chow dit avoir entendu le mot miracle pour la décrire.

C'est ce qui constitue selon lui, l'art de la science médicale : trouver l’équilibre entre les données de laboratoire et celles appliquées dans le monde réel. La stratégie de la Dre Henry fera en sorte que davantage de personnes recevront leur première dose de vaccin beaucoup plus rapidement que prévu auparavant, se réjouit-il.

Une main tient une fiole et une seringue.

Au Québec, le délai maximum entre les deux doses est de 90 jours.

Photo : Reuters / CARLOS OSORIO

« Évitez d'inventer la science »

Écoutez, moi, je n’aime pas beaucoup ça , admet pour sa part le Dr André Veillette, Immunologiste et Directeur de l'unité de recherche en oncologie moléculaire à l'Institut de recherches cliniques de Montréal.

Je peux vous dire qu’il n’y a pas de preuves claires que d’étirer l’intervalle entre la première et deuxième dose soit correct, dit le spécialiste au micro de l’émission Phare Ouest.

Pour la conseillère scientifique en chef du Canada, Mona Nemer, le pari de la Colombie-Britannique équivaut à une expérience au niveau de la population.

Dans une entrevue accordée à CBC, elle soutient qu’il est vraiment important que nous nous en tenions aux données et à la science qui nous a donné ces vaccins, plutôt que de bricoler.

Aller bien au-delà du délai prescrit n’est absolument pas recommandé, ajoute le Dr Brian Conway, directeur médical du Centre des maladies infectieuses de Vancouver.

Ça va prendre des données probantes pour justifier un énoncé comme quoi on va retarder la deuxième dose. Il faut faire attention de ne pas inventer de la science, fait-il valoir.

Une fiole du vaccin de Pfizer-BioNTech.

Les gens devraient se méfier de l’immunité partielle, soutient Mona Nemer, conseillère scientifique en chef du Canada.

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Diminuer les risques au maximum

Le plan est tout à fait valable, croit de son côté le professeur à la Faculté de médecine de l’Université de la Colombie-Britannique, Horacio Bach.

La différence entre le niveau de protection d’une première dose, établie à 90 % pour les vaccins de Pfizer-BioNTech et de Moderna, et de la deuxième dose, pouvant atteindre 95 %, n’est pas énorme, dit-il. Les bénéfices d’obtenir un certain degré de protection, eux, le sont.

Supposons que vous receviez la première dose et que votre taux d'anticorps commence à s'estomper avant que vous n'obteniez la deuxième dose, dit-il. À mon avis, vous avez encore suffisamment d'anticorps pour, à tout le moins, ne pas avoir une maladie grave due à l’infection.

Même l’apport du vaccin d’AstraZeneca, dont l'efficacité est estimée à 62,1 %, contribue à ce niveau de protection, assure-t-il. Moins nous avons d'infections au fil du temps, plus on réduit la transmissibilité, et si un virus ne peut pas trouver un nouvel hôte, il disparaîtra.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

Se méfier de l’immunité partielle

Les gens devraient se méfier de l’immunité partielle, soutient cependant Mona Nemer.

Un avis que partage le Dr Veillette : Déjà on ne sait pas ce qui s’en vient, l’hiver n’est pas fini. Je pense que c’est un peu courir après le trouble.

Je m’en tiendrais le plus possible à l’intervalle recommandé par la compagnie.

Visitez notre dossier sur les vaccins contre la COVID-19.

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