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Le festival Filministes entièrement gratuit et virtuel cette année

Deux femmes s'enlacent et se regardent tendrement.

Des films internationaux comme «La Nave Del Olvido», de Nicol Ruiz, font partie de la programmation du festival cette année.

Photo : Outplay Films

Radio-Canada

Proposant cinq longs métrages et 50 courts métrages hébergés sur la plateforme québécoise Tënk, le quatrième festival de films Filministes sera gratuit cette année. L’événement, qui aura lieu du 4 au 12 mars, présentera aussi du contenu en direct sur sa page Facebook, tels que des discussions sur les enjeux féministes au cinéma.

Un texte d'Olivier Du Ruisseau

Les Filministes se consacrent aux femmes et aux personnes sous-représentées dans l’industrie cinématographique. Cette année, les thèmes abordés sont nombreux, allant du féminisme dans les coming-of-age (récits initiatiques), à la justice reproductrice, en passant par l’intelligence artificielle et la pornographie. 

« J’ai eu un coup de coeur sur Morgana, le récit d’une dame âgée et réprimée qui s’est tournée vers la réalisation de pornographie féministe », affirme Gabrielle Doré, co-organisatrice. Le film semble drôle, mais c’est plus que ça, c’est une magnifique histoire de guérison et d’ouverture sur le monde, ajoute-t-elle, à propos du documentaire de Josie Hess et Isabel Peppard.

Des films pornographiques de Morgana Muses elle-même, qui fait l’objet du documentaire, seront présentés dans le cadre de la section « Filminounes » du festival. Dédiée aux films pornographiques féministes qui témoignent de préoccupations esthétiques et sociales, celle-ci découle d'une populaire première mouture en 2020, explique Gabrielle Doré.

Seul long-métrage québécois, le documentaire Traversées (2020) de Caroline Côté et Florence Pelletier relate le périple de cinq femmes qui parcourent 160 kilomètres, à pied, au parc national Kuururjuaq, au Nunavik. Elles y confrontent parallèlement leurs propres histoires de deuil et de découverte d’elles-mêmes.

Des films internationaux comme La Nave Del Olvido (Chili, 2020) de Nicol Ruiz,  se penchent sur les questions du lesbianisme et du vieillissement. Il en sera d’ailleurs question dans une discussion, où l’on tentera de comprendre comment ces réalités sont vécues au Québec, souligne Anne-Julie Beaudin, aussi co-organisatrice de l’événement.

Ce que le festival veut insuffler, en plus de ses valeurs, c’est un peu de douceur et de beauté par les temps qui courent, on a d’ailleurs un bloc de courts métrages sur l’amour!, lance-t-elle.

Une année significative malgré la pandémie

Le festival compte sur une jeune équipe, entièrement féminine, qui doit son existence à un projet parascolaire de projections de films féministes à l’UQAM créé en 2015, sous l’initiative de Gabrielle Doré et d’autres étudiantes.

À sa grande surprise, leur premier événement avait rassemblé 150 personnes. Aujourd’hui, son projet s’est matérialisé en une équipe de cinq cinéphiles et militantes qui se taillent une place grandissante dans le circuit festivalier montréalais, solidifiée par le partenariat avec Tënk et d’autres institutions.

L’an dernier, nous avons cumulé environ 8000 entrées en salles, affirme Gabrielle Doré. Cette année, alors que notre festival sera disponible partout au Canada, nous nous attendons à encore beaucoup plus de participation », ajoute-t-elle.

Les Filministes étaient le dernier festival de films à avoir eu lieu en présentiel avant l’implantation des interdictions de rassemblement en mars 2020. Cette année, l’équipe s’est adaptée à la situation forcée par la pandémie, mais n’est pas moins fière du chemin parcouru depuis la création du festival.

Un jour nous serons les hôtesses de grandes premières, pourquoi pas, de films de Léa Pool, et d’autres auteures reconnues, dit Gabrielle Doré, fièrement, le sourire aux lèvres.

Un premier partenariat avec Tënk

Pandémie oblige, le festival s’associe cette année à Tënk pour héberger presque tous ses films en ligne. Nous étions séduites par la liberté que nous avions à diffuser le contenu de notre choix, raconte Gabrielle Doré.

Démarrée en février 2020, la plateforme présente à la fois des documentaires d’auteurs contemporains et des classiques du répertoire québécois ou international, en plus d’héberger des programmes de films de différents festivals du monde. 

Nous sommes résolument féministes, et cherchons aussi, à travers notre programmation, à mettre en lumière le cinéma sous-représenté et marginalisé, soutient Florence Lamothe, co-fondatrice de la branche québécoise de Tënk.

La seule catégorie d’œuvres à ne pas être présentée sur la plateforme Tënk, à l’exception des évènements comme les discussions en direct sur Facebook, est la série Filminounes, consacrée à la pornographie féministe, diffusée en deux séances sur le compte Vimeo du festival. Par souci de sécurité, il faut s’inscrire à l’avance pour cet événement.

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