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Climat de travail « toxique » dénoncé à la Ville de Baie-Saint-Paul

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Le drapeau de la Ville de Baie-Saint-Paul

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Harcèlement psychologique, violence verbale, manipulation : une vingtaine d’employés de la Ville de Baie-Saint-Paul dénoncent le « climat de travail toxique » avec lequel ils se disent aux prises depuis plusieurs années, a appris Radio-Canada. Ils déplorent le manque de soutien offert par la direction.

Selon nos informations, un grief syndical a été déposé contre la Ville le 22 janvier. Les 17 personnes derrière la plainte se disent victimes de harcèlement psychologique depuis plusieurs années de la part du contremaître au Service des travaux publics, Martin Pilote.

Deux plaignants sont d’anciens employés qui ont démissionné, notamment en raison du climat de travail.

Selon le document, les agissements du gestionnaire contreviennent à l’obligation de l’employeur d’établir un milieu de travail sain.

Le contremaître est décrit comme quelqu’un d’instable qui tente de diviser pour mieux régner, selon une dizaine de témoignages d’employés recueillis par Radio-Canada. Ceux-ci ont demandé l’anonymat craignant des représailles de leur employeur.

L’un des travailleurs affirme que M. Pilote a un tempérament agressif et impulsif. Il aurait selon lui un mode de gestion de personnel comme en 1965. Ce n’est pas un leader, c’est un dictateur, affirme-t-il.

Un véhicule de la voirie de Baie-Saint-Paul stationné.

Le contremaître est décrit comme quelqu’un d’instable par plusieurs employés de la Ville.

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Langage violent

Certains employés racontent toujours vouloir être accompagnés lorsqu’ils doivent interagir avec le contremaître. Une personne affirme avoir peur des réactions de M. Pilote lorsqu’elle remet en question ses idées.

Si tu lui tiens tête un peu, tu te fais ramasser solide, relate cette personne.

Un opérateur à qui nous avons parlé dit vivre de l’angoisse quand il interagit avec M. Pilote. On ne sait jamais s’il va être de bonne humeur ou s’il va être frustré après tout le monde, déplore cette personne qui songe à quitter son emploi.

On marche les fesses serrées. Si je vais poser une pancarte, je vais avoir peur de mettre une vis au lieu d’un clou. Dans les deux cas, je vais avoir tort de toute façon, ajoute un autre journalier.

Enquête en cours

La Ville de Baie-Saint-Paul confirme qu’un enquêteur externe a été mandaté pour faire la lumière dans ce dossier.

Le maire Jean Fortin affirme qu’il est important de bien documenter le grief avant de déterminer les mesures à prendre.

Le maire de Baie-Saint-Paul, Jean Fortin, en entrevue dehors l'hiver.

Le maire de Baie-Saint-Paul, Jean Fortin

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Surtout dans un grief où on parle de harcèlement. Vous savez que c'est sérieux comme démarche. Pour nous, il est important de pouvoir la faire sans porter préjudice à personne, précise M. Fortin.

Le contremaître ciblé par le grief n’a pas souhaité commenter le dossier. Martin Pilote, qui a pris quelques semaines de vacances, veut respecter l’enquête externe en cours.

Le syndicat qui représente les travailleurs est ravi de la démarche entreprise par la Ville.

On espère que l'enquêteur va pouvoir faire la lumière sur la situation. Ce qu'on prône, c'est un bon climat de travail. On veut que les gens soient capables d'œuvrer dans un climat de travail sain et sécuritaire, affirme la présidente du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches, Ann Gingras.

Ann Gingras, présidente du Conseil de Québec-Chaudière-Appalaches discute au cellulaire.

Ann Gingras, présidente du Conseil de Québec-Chaudière-Appalaches

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Le maire Jean Fortin se désole toutefois que cette enquête se retrouve sur la place publique.

L’objectif, c’est qu’on puisse travailler ça à l’interne. Vous comprendrez que je suis un peu déçu de la démarche actuelle, déplore-t-il.

Impatience

Certains plaignants justifient leurs démarches en mentionnant que des reproches sur les agissements du gestionnaire ont été formulés à la Ville depuis plusieurs années. Ils n’ont pas l’impression que leurs commentaires sont pris au sérieux.

Les personnes consultées se sentent abandonnées par la Ville. Je ne comprends pas pourquoi la Ville ne protège pas ses employés. Elle protège un contremaître contre 17 personnes, affirme l’une d’entre elles.

C’est pour briser l’omerta que les travailleurs se sont finalement tournés vers leur syndicat.

Le maire Fortin admet que le climat de travail tendu à la direction des travaux publics était connu avant le dépôt du grief.

On ne se cachera pas qu'on avait eu certains commentaires. On a un comité de relation de travail. Il y a des choses qui avaient déjà été menées. On avait pris certaines mesures. On avait fait les choses qui conviennent, à notre connaissance, assure-t-il.

L’enquêteur externe a commencé à rencontrer les plaignants depuis le début de la semaine.

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