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SoundCloud tente l’expérience de rémunérer les artistes en fonction des écoutes

Le système traditionnel favorise les artistes de l'international les plus populaires, au détriment des musiciennes et musiciens moins établis, selon SoundCloud.

Le logo de la plateforme SoundCloud est affiché sur l'écran d'un téléphone intelligent.

Le logo de la plateforme SoundCloud

Photo : AFP/Getty Images / Lionel Bonaventure

Radio-Canada

La plateforme de diffusion de musique en continu SoundCloud a annoncé mardi le lancement, dès avril, d'un nouveau système de rémunération des artistes basé sur les durées d'écoute de chaque artiste, une première qui pourrait faire des émules.

C'est une demande qui revient depuis des années dans l'industrie. Nous sommes heureux d'être [la première plateforme] à apporter cette innovation pour soutenir les artistes, s'est félicité auprès de l'Agence France-Presse Michael Weissman, directeur général de SoundCloud.

La plupart des plateformes de musique en ligne, telles Spotify, Deezer et SoundCloud, fonctionnent dans un système au prorata d’écoutes : les revenus tirés des abonnements et de la publicité sont combinés, puis redistribués en fonction du pourcentage d’écoutes de chaque artiste par rapport au total des écoutes.

Ce système centré sur le marché [market centric] s'oppose à un modèle théorique axé sur l’utilisateur ou l’utilisatrice, qui s'appuie sur les écoutes individuelles des personnes abonnées. Dans un tel système, que SoundCloud expérimentera, on donne directement la part du prix d’abonnement qui sert à payer les droits aux artistes que les gens écoutent.

Par exemple, si une personne n’écoute que de la musique de Pierre Lapointe, la part de son prix d’abonnement que la plateforme réserve aux artistes n’ira qu’à Pierre Lapointe, plutôt que d'aller en grande partie à des vedettes internationales telles que Drake ou Ariana Grande.

Le système traditionnel favorise les artistes de l'international les plus populaires, au détriment des musiciennes et musiciens moins établis, selon SoundCloud.

Une initiative à petite échelle

Dès le 1er avril, SoundCloud inaugurera, pour les artistes à leur compte qui rentabilisent leurs créations en utilisant les services SoundCloud Premier, Repost by SoundCloud ou Repost Select, un système liant leur rémunération aux écoutes de leurs fans.

Un tel changement de méthode touche près de 100 000 artistes de ce genre dans le monde, sur les 30 millions se trouvant sur la plateforme. Le système fonctionnera donc en parallèle avec le modèle par prorata, qui demeurera majoritaire sur la plateforme.

Ce nouveau système plus juste et équitable devrait favoriser une plus grande diversité musicale, selon SoundCloud.

Le modèle testé dans des études théoriques

Une étude du Centre national de la musique français publiée en janvier estime que changer le système de répartition des plateformes musicales, en passant du pot commun aux écoutes par artiste, aurait peu d’effet sur la rétribution des musiciennes et musiciens actuellement marginalisés et aurait pour principal effet de stabiliser le milieu du classement.

Un autre élément intéressant de cette étude à signaler est qu'un changement de rémunération engendrerait bien une plus grande diversité musicale : les redevances augmenteraient de 24 % pour la musique classique, de 22 % pour le hard rock et de 18 % pour le blues. A contrario, les genres plus populaires comme le rap verraient, eux, leurs redevances baisser de 21 %.

L'étude, réalisée par le cabinet Deloitte, n'incluait toutefois pas la plateforme SoundCloud, mais seulement les deux géants Spotify et Deezer, qui avaient accepté de jouer le jeu.

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