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Santé mentale : des logements pour sortir de la rue

La devanture du bâtiment.

Le projet Saint-Victor de l'organisme PAS de la rue consiste en un nouveau centre de jour et des logements permanents dans une ancienne église située rue Hochelaga, dans le quartier Tétreaultville, à Montréal.

Photo : Radio-Canada

Se reprendre en main après des années d’itinérance représente un défi, particulièrement en période de pandémie. Pour plusieurs, la meilleure solution est l’accès à un hébergement accompagné de services psychosociaux. Mais l’offre globale d’hébergement en santé mentale est à la baisse à Montréal.

Rencontré une première fois en octobre dernier, Jacques Gaudet vivait dans la rue, équipé de son vélo et d’un petit abri qui l’accompagnait partout.

C'est une roulotte que je me suis construite pour dormir à l'abri de l'eau, nous disait-il. Je suis sur un terrain où, à n'importe quel moment, on peut me demander de partir.

Il tire derrière son vélo sa petite maison

Jacques Gaudet dans les rues de Montréal

Photo : Radio-Canada / Davide Gentile

La pandémie a bousculé ses habitudes, comme celles des autres personnes en situation d’itinérance. L’automne dernier, il était impossible d’utiliser les bibliothèques pour se réchauffer ou encore les salles de douche des piscines publiques pour se laver.

L’ouverture ces derniers mois, dans l’est de Montréal, d’un nouveau centre de jour associé à 40 unités de logements permanents pour les 55 ans et plus ne pouvait mieux tomber.

Baptisé Projet Saint-Victor du PAS de la rue, le petit complexe a été développé rue Hochelaga, dans le quartier Tétreaultville. Une ancienne église servira de centre de jour pour les résidents.

Jacques Gaudet fait partie de la quarantaine de personnes qui ont obtenu un appartement.

Il vit dans un studio tout neuf, où il retombe lentement sur ses pattes. Tout un contraste avec les rigueurs de sa vie dans la rue.

Il peint un dessin.

Jacques Gaudet dans son studio.

Photo : Radio-Canada / Davide Gentile

« On parle de retrouver une dignité. Ici, je suis redevenu un citoyen normal. Je ne suis plus dans la marge. »

— Une citation de  Jacques Gaudet

Comme l’explique Luis-Carlos Cuasquer, directeur adjoint de l’organisme Le PAS de la rue, l'intérêt pour les gens qui sortent de la rue, c'est l'accompagnement psychosocial et un service alimentaire adéquat!.

Un processus de sélection a été mis en place pour avoir accès aux appartements du Projet Saint-Victor.

On tient compte de l'engagement de la personne, le fait de vouloir rentrer en appartement, le fait que la personne nous dise "je suis tannée d'être dans le froid", précise M. Cuasquer.

Luis-Carlos Cuasquer parle dans un micro devant un immeuble.

Comme le constate Jacques Gaudet, qui a recours aux services de l’organisme au nouveau centre de jour, on ne peut pas traiter un problème de santé mentale si on est dans la rue et si on n’a pas le moindrement un chez-soi.

L’hébergement avant tout

La situation vécue par Jacques illustre les besoins exprimés par des milliers de personnes en situation d’itinérance.

Lors du dernier dénombrement des personnes en situation d'itinérance au Québec en 2018, le service souhaité le plus souvent évoqué par plus de 50 % des répondants était l’aide pour trouver et garder son propre logement.

Un enjeu qui a fait l’objet d’engagements politiques lors d’élections municipales. En octobre 2020, Radio-Canada faisait d’ailleurs état d’une promesse non tenue par l’administration Plante en matière d’hébergement pour lutter contre l’itinérance. Des projets pour 570 unités de logement étaient alors en développement ou en cours de réalisation, alors qu'après trois ans, il devrait déjà y en avoir 900 de construites.

Moins de places d'hébergement en santé mentale

En 2018, on comptait dans l’est de Montréal 2073 places d'hébergement pour les gens qui ont des problèmes de santé mentale. Trois ans plus tard, ce nombre a diminué.

Notre CIUSSS a actuellement 2001 places sous sa responsabilité, et il est important de savoir que le parc de lits de ressources en santé mentale fluctue d'année en année, explique par écrit le porte-parole du CIUSSS de l'Est-de-l'Île-de-Montréal, Christian Merciari.

Certains propriétaires ont décidé de fermer leurs ressources au cours des dernières années, explique-t-il, et 144 personnes sont actuellement en attente d'une place d'hébergement en santé mentale sur notre territoire.

Des ressources intermédiaires et de nombreux organismes communautaires participent à l’offre de service d’hébergement en santé mentale.

Ici aussi, la pénurie de main-d'œuvre complique la tâche de certains, qui décident de mettre la clé sous la porte.

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