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Le financement est le principal obstacle des entrepreneurs noirs, selon un rapport

Une femme noire tient son portable, devant un ordinateur.

Près des trois quarts des propriétaires noirs sondés par la Chambre de commerce noire du Canada disent avoir autofinancé leur entreprise.

Photo : Uber Images / Shutterstock

L’accès au capital est le principal défi auquel font face les entrepreneurs noirs au pays, selon une étude de la Chambre de commerce noire du Canada, réalisée en partenariat avec la Banque de développement du Canada.

Seuls 30 % des participants de l’étude se disent à l’aise de discuter de leurs options de financement avec leur institution financière. La forte majorité (71 %) des propriétaires noirs indiquent avoir autofinancé leur entreprise.

L’étude a été réalisée auprès de 53 entrepreneurs noirs à l’échelle du pays. Une marge d'erreur ne peut être calculée puisque le sondage n'a pas été fait avec un échantillon probabiliste.

Karima-Catherine Goundiam en est un exemple avec ses entreprises Red Dot Digital et B2BeeMatch.

Après bon nombre de refus, l’entrepreneure torontoise confie éviter de demander du financement à des sources externes, découragée par cet écosystème qui, selon elle, semble exiger davantage de garanties et de preuves des entrepreneurs noirs.

On arrive à se dire que ça ne sert pas à grand-chose d'essayer parce que de toute façon, on va nous dire non.

Une citation de :Karima-Catherine Goundiam, PDG de Red Dot Digital et B2BeeMatch

J’aimerais avoir accès à ça, mais le découragement parfois nous amène à vouloir nous débrouiller tout seuls, affirme-t-elle.

Photo d'une femme en portrait.

Karima-Catherine Goundiam a fondé deux entreprises : la plateforme de réseautage B2BeeMatch et la firme de stratégie numérique Red Dot Digital.

Photo : Karima-Catherine Goundiam

Ce témoignage reflète la réalité pour bien d’autres entrepreneurs noirs au pays, souligne la présidente de la Chambre de commerce noire du Canada, Christelle François.

Selon l'étude, 60 % des participants disent ne pas avoir demandé de soutien financier depuis le début de la crise sanitaire. La présidente soutient que beaucoup d’entre eux sont réticents à l’idée de demander des fonds pour leur entreprise simplement parce qu’on leur a souvent refusé par le passé.

De nombreuses entreprises noires au Canada sont sous-financées et la pandémie n’a fait qu’empirer ce problème.

Une citation de :Christelle François, présidente, Chambre de commerce noire du Canada

En septembre dernier, Ottawa avait annoncé une enveloppe de 93 millions de dollars sur quatre ans pour offrir aux entrepreneurs noirs de la formation en gestion et planification financière ainsi que des prêts de 25 000 $ à 250 000 $ pour faire croître leur société.

Cependant, six mois plus tard, les prêts fédéraux se font toujours attendre, alors que des dizaines d’entreprises noires mettent la clé sous la porte. Le délai que ça a pris, c'est sûr que c'est plus difficile parce qu'on est en pandémie, affirme Mme François.

J'essaie de rester optimiste parce que c'est vraiment une bonne initiative, mais c'est mieux que ça arrive plus tôt que tard.

Un problème systémique

Dans son rapport, la Chambre de commerce noire du Canada affirme aussi qu’il y a un sérieux manque de données par rapport aux entrepreneurs noirs. L’étude publiée mardi est l’une des rares à dresser un portrait de la situation.

Pour pallier ce manque, l’organisme propose d’assurer une meilleure représentation aux tables de recherche et à l’agence statistique. Souvent, il y a certaines difficultés auxquelles la communauté noire fait face que seule une personne noire saura et comprendra, donc c'est toujours bien d'avoir la diversité à la table, souligne la présidente Christelle François.

Photo en format portrait d'une femme prise à l'extérieure.

La présidente de la Chambre de commerce noire du Canada, Christelle François

Photo : Christelle François

La Black Business and Professional Association, qui offre des programmes d’appui aux entrepreneurs noirs, soutient pour sa part qu’il existe de la discrimination dans l’octroi de prêts et de marges de crédit.

Selon sa présidente Nadine Spencer, les propriétaires d'entreprises noirs sont victimes de micro-agressions et de préjugés inconscients dans le secteur bancaire.

L’association exhorte le gouvernement fédéral à emboîter le pas aux États-Unis, qui obligent les banques à divulguer des données sur l’origine ethnique, le genre, le revenu et le lieu d’habitation des demandeurs de prêts afin d’assurer un accès plus équitable au crédit et aux prêts.

Je pense qu'il y a tout un système qui travaille contre l'entrepreneur noir, affirme Karima-Catherine Goundiam. Un système qui nous demande d'entrer dans un moule qui n'a pas été créé pour nous.

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