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Les débuts de la pandémie racontés par le Dr François Desbiens

Un homme parle au micro.

Dr François Desbiens, l’ancien directeur de santé publique de la Capitale-Nationale.

Photo : Radio-Canada / Tifa Bourjouane

Un an après les premiers cas de COVID-19 dans la région, l’ancien directeur de santé publique de la Capitale-Nationale revient sur la genèse de la crise sanitaire chez nous. Le Dr François Desbiens souligne que dès le début, le stress et l’inquiétude se sont mis de la partie. La situation était prise au sérieux.

Au début de 2020, l’ancien directeur de santé publique savait qu’il aurait bientôt à gérer une pandémie, bien avant qu’elle n’arrive sur son territoire.

Dès la fin décembre-début janvier, les médias relataient ce qui se passait en Chine et ils nommaient ça coronavirus et ça, c'était quelque chose qui, pour nous, résonnait comme le SRAS qui avait frappé Toronto au début des années 2000.

On était ultra-vigilants, particulièrement dans la deuxième semaine de janvier, quand on a eu des cas suspects qui correspondaient à la définition de cas potentiels. Des cas qui se sont finalement révélés négatifs, souligne-t-il.

L’arrivée du virus chez nous était cependant inévitable. C’était une question de temps, croit-il.

Souvenez-vous qu’à ce moment-là, l’Italie flambait. C’est pour ça qu’on était en mode préparation, puis dans la Capitale-Nationale, compte tenu de nos cas suspects de début janvier, dès le 20 janvier on avait activé notre cellule de sécurité civile. C’est une cellule qu’on met en place en temps de crise présente ou avérée à court terme et on avait déjà commencé à planifier la prise en charge de nos premiers cas.

Planification et délestage

Rapidement la machine s’est mise en marche. La santé publique, c’est des maladies infectieuses, mais c’est aussi la santé environnementale, la santé au travail, la surveillance de l’état de santé, la promotion de la santé et la prévention de plein de problèmes de santé, rappelle-t-il.

Lorsque l’urgence sanitaire s’est fait sentir, il a fallu planifier le délestage des activités habituelles de la Direction de santé publique afin d’être prêts à intervenir.

Février a été un mois de planification, se souvient-il. On a révisé le plan de pandémie de l’influenza qu’on avait élaboré avec le gouvernement à l’époque, puis au fur et à mesure que l’OMS sortait de l’information, on mettait à jour notre plan.

Premiers cas

Puis, le plan de délestage sur papier a été mis en application.

Lorsqu’on a eu nos premiers cas, on a dit : "On arrête de faire telle activité en promotion de la santé, telle activité en promotion de l’environnement. Les professionnels et les secrétaires qui étaient là : "Vous allez en renfort à l’équipe des maladies infectieuses".

Au fur et à mesure que la charge de travail augmentait, on fermait des activités.

Une citation de :Le Dr François Desbiens

On a même recruté du personnel retraité, des policiers, des infirmières, des médecins qui sont venus porter main-forte.

Éclosions dans les CHSLD

Au sujet de la situation qui a dégénéré dans certains CHSLD, il rappelle que le virus était très mal connu à l’époque et que les cas asymptomatiques ont été la cause de bien des éclosions.

On savait que la clientèle était plus sensible aux complications, mais on ne pensait pas que la transmission asymptomatique était si importante.

Une citation de :Le Dr François Desbiens

Le manque d’outils thérapeutiques pour contrer la sévérité de la maladie n’a pas aidé non plus, croit-il.

Avec la collaboration de Claude Bernatchez

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